‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 58 sur 246 · A. ÉTU., Espagne, t. 85, f · texte numérisé non relu

A. ÉTU., Espagne, t. 85, f

3. Saint-Simon, Mémoires (édit. Boislisle, XI, p. GJ ; Seilhac, I, p. 302.

L'ABBE DUBOIS AVANT LA RÉ(iENCE 87

depuis peu comme surnuméraire au secrélarial des commandements de son Altesse ^ Louis XIV, après examen au Conseil, avait approuvé une déclaration pour la conservation des droits de la maison d'Orléans, dont n'avait pas parlé le testament de Charles II : Dubois la portait à Philippe V et à ses ministres pour qu'ils lui donnassent une confirmation définitive.

Après une attente de deux mois à Montpellier qui lui permit de gagner à ses instances et à celles du prince les conseillers du roi d'Espagne, Louville, le cardinal et l'abbé d'Estrées, il s'était flatté de revenir à Paris, son papier signé-. Soit effet de la lenteur espagnole, ou par l'hostilité de M'^^ des Ursins, sa patience et sa diplomatie ne furent point si vite récompensées 3. La déclaration de Philippe V qui rétablissait les d'Orléans dans leurs droits de princes d'Espagne ne vint qu'en 1703, et de Madrid. Elle apporta du moins au négociateur le profit d'un logement au Palais-Royal, et d'une nouvelle abbaye^ Nogentsous-Coucy, accordée par le Roi satisfait.

Ce n'était pas pour le plaisir de procurer au duc d'Orléans un titre vain que Dubois avait mené avec patience et adresse cette affaire. Depuis 1697, dans les basses débauches où le duc s'était abîmé, jusqu'à fréquenter des aventuriers qu'on avait pu, comme Feuquier, accuser d'empoisonnement, oubliant qu'il était le gendre du Roi, le duc s'était vu fermer par son beau-père toute espérance d'avenir, à la cour et même à l'armée. Pourquoi n'eût-il pas cherché des compensations en Espagne, à la suite de ses droits rétablis, reconnus? Dès 1704, il sollicitait un commandement au delà des Pyrénées. Bientôt on le vit entrer en relations avec les Espagnols que les ordres du Roi ou quêteurs intérêts appelaient à Versailles, faire en 1705 au comte d'Aguilar, l'un des principaux, des confidences assez singulières sur la nécessité de recourir à ses services contre une coalition que Philippe V seul ne vaincrait pas *.

\. Dangeau, Journal, IX, p. 88.

2. Lettres de Dubois à l'abbé et au cardinal d'Estrées, dans Seilhac, L p. 304.

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