‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 61 sur 246 · Idetn., ibid., p · texte numérisé non relu

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favori du roi d'Angleterre qu'au mois de juillet Dubois clicrchail à la Haye, sous un prétexte indifférent : tous les deux ensemble, si l'on en juge par la correspondance familière et politique qu'il avait renouée avec Stanhope, depuis le 12 mars 1716. Ces lettres, renouvelées depuis lors régulièrement chaque mois, éclairent singulièrement le mystère dont le nouveau conseiller d'Église du Régent enveloppait prudemment, au début de 1716, le plan de politique générale, très simple, très logique et très réalisable qu'il avait conseillé à son maître et prétendait lui faire adopter une fois pour toutes *.

Depuis le début de la Régence, le duc d'Orléans se trouvait placé en face d'une équivoque malaisée à dissiper et d'un dilemme qu'il n'osait pas résoudre. Il hésitait à gouverner : un gouvernement fait toujours des mécontents, surtout s'il s'est établi par la violence d'un parti et n'est pas soutenu par la force de la loi. Le duc d'Orléans redoutait les effets possibles de ses décisions et n'en prenait pas : il craignait d'accroître par l'usage de son autorité le nombre de ses ennemis et de se voir fermé, le jour prochain peut-être de la mort de Louis XV, l'accès du trône. S'il ne gouvernait pas cependant, n'était-ce pas avouer à une nation qui aimait l'autorité, son incapacité, son indignité et fournir des armes à ses compétiteurs -?

Tandis que le duc d'Orléans sacrifiait ainsi le meilleur de la succession de Louis XIV, pour ne pas perdre celle de Louis XV, au risque de les laisser échapper toutes deux, Dubois vint au début de 1716 donner à son élève, une leçon décisive de politique ^. Il lui conseillait dès le mois de décembre 1715, de a s'entendre résolument avec le roi d'Angleterre sur la base du traité d'Utrecht ».

Les Renonciations que ces traités consacraient, étaient en effet la loi, une loi sufhsante au Régent pour soutenir son autorité dans le présent, et ses droits dans Tavenir,

C'étaient elles qui faisaient du duc d'Orléans, le plus proche

1. A. ÉTR., Angleterre, t. 276, f» 165; La réponse de Stanhope du 19 mars, au f" 166; une autre du 10 avril 1716; Sevelinges, Mémoires secrets^ I, p. 165 ; p. 172-174.

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