‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 65 sur 246 · Id., id. {Ibid., t. 277, f · texte numérisé non relu

Id., id. {Ibid., t. 277, f

sait qu'il Tcût écouté jusqu'au poiut où, venant à rappeler leur mutuelle amitié, il trouvait matière à lui rappeler sa dernière lettre restée depuis trois mois sans réponse et sans effet, à lui redire les bonnes dispositions de son maître pour son Roi et pour lui, sur lesquelles cette lettre aurait dû l'éclairer et qui n'avaient point variée

Quoique pris au dépourvu, Stanhope riposta net que le roi Georges gardait rancune au duc d'Orléans de sa participation trop évidente aux intrigues jacobites et à l'expédition du Prétendant en Angleterre. Il ne cacba point que les wliigs avaient percé à jour la duplicité du Régent, et le soupçonnaient de ne revenir aux Hanovriens qu'après leur succès décisif sur les Jacobites ^.

Pour répondre à ces reproches très directs et très fondés, il fallait mentir : Dubois ne faillit point à ce devoir. « Si le roi d'Angleterre croit que le Régent a manqué aux relations de bon voisinage, il s'abuse. Il n'a jamais rien su des projets du Prétendant. Son Conseil n'a jamais pris parti en sa faveur^. » Comme un peu de vérité ne nuit jamais pour colorer un gros mensonge, l'abbé ajouta que son maître était tenu à cerlains égards pour les Jacobites par le nombre des partisans qu'ils avaient encore en France. « Quoique dépositaire de l'autorité royale, il n'avait pas un pouvoir si absolu qu'il n'eût rien à ménager*. » C'était la vérité, d'autant plus capable de toucher un ministre anglais, habitué à compter avec l'opinion publique que Stanhoj)C lui-même, dans une séance récente du Parlemcnl, avait grossi ses griefs contre la France pour obtenir de l'Angleterre des subsides. Dubois ne manqua pas de le lui rappeler. La comparaison était pi(pu\nte, faite pour embarrasser son interlocuteur qu'elle obligea à des excuses, à des protestations même d'amitié et de dévouement''.

Elle fournit à Dubois la matière de sa conclusion. Le Régent avait pardonné à Stanhope ses exagérations. Tout comprendre,

1. Môme dépêche (A. ÉTR.. Ang., t. ?77. P .59)'; Scvelinges, I, p. 189.

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