Ibid., P 89-90 ; Sevelinges, l, p. 20L
3. Dubois au Régent, 23 juillet 1716 (A. ÉTR., Angleterre, t. 277), f" 97; Sevelinges, I, p. 202.
sacrifier quelques-unes des prétentions du Roi, par exemple l'expulsion préliminaire, immédiate du chevalier de Saint- Georges, au désir de régler avantageusement l'affaire de Mardick*.
Le soir venu, l'abbé se disposa, attendant Stanhope, à reprendre son rôle : il amassa dans sa chambre d'hôtel, sur sa table, des manuscrits et des livres. Quand Stanhope vint frapper à l'hôtel du Plain, aux Armes de Nassau, il le trouva comme le matin tout entier à ses occupations d'érudit, et très indifférent à la politique. Il fut obligé d'entrer dans la pièce qu'avait montée l'abbé, et après quelques propos d'érudition, il dut rappeler lui-même leur entretien de l'après-midi-.
Si indifférent qu'il parût, Dubois reprit la conversation à l'endroit précis 011 il l'avait laissée : « Est-ce que l'Angleterre allait s'attacher à l'Autriche, au point de laisser rompre les traités d'Utrecht?Que deviendraient la garantie de la succession protestante, la royauté de Philippe V, la barrière des Pays-Bas ? Tout le système politique serait bouleversé, les Anglais consentiraientils à passer pour des incendiaires qui, sans intérêt, auraient de nouveau mis le feu à l'Europe^?» Le reproche était vif et fondé. Stanhope ne répondit rien ; Dubois pour lui arracher une réponse lui demanda s'il avait fait part à son maître des intentions du Régent*. 11 négociait, quoiqu'il s'en fût défendu et s'en défendît encore.
Stanhope ne pouvait rien promettre au nom du Roi qu'il serait Ion jours difficile de convaincre. Il i)romil du moins ses bons ofiices, à condition que la France abandonnât ses conférences en Hollande : « Il ferait tout et ses collègues du ministère, même sans traité; l'Angleterre dépenserait jusqu'à son dernier sol et son dernier homme pour défendre les droits du Régent à la couronne de France"' » ; mais « ce n'était pas dans une confé-
L Même dépêche, f 97 : « mon sentiment secret est que l'afTaire de ISIardick leur tenait à cœur plus qu'aucune autre, plus que l'expulsion du chevalier Saint-George même ».