‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 69 sur 246 · Ibid., f» 98 à 102, verso; Sevelinges, I, p · texte numérisé non relu

Ibid., f» 98 à 102, verso; Sevelinges, I, p

5. Dépêche manuscrite de Dubois, f" lOG, verso, non reproduite par Sevelinges.

rence internationale, où l'Espagne serait représentée, qu'on pourrait renouveler et discuter les Renonciations ».

De la part d'un ministre wliig, c'étaient là des assurances qui avaient leur valeur, mais ce n'étaient encore que des promesses et des paroles. Dubois entendait discuter l'alliance de Georges I" et de l'Autriche, le principal obstacle à la forme du traité, telle que l'exigeaient ses instructions et les intérêts du Régent. Pour forcer son interlocuteur à s'expliquer, il lui rappela ses liaisons avec l'Empereur, son séjour récent auprès de lui, son influence à la cour de Vienne. Stanhope s'en défendit. Cette première partie de la conversation avait duré deux heures, et n'avait rien appris au diplomate français que l'inclination générale de Stanhope à traiter. Les conditions du traité n'étaient pas fixées : Dubois, circonspect lorsqu'il fallait l'être, avait aussi de l'audace à l'occasion. « Doit-on renoncer, dit-il brusquement, à tout espoir d'alliance^? » Stanhope se décida enfin à faire ses conditions. Il travaillerait à effacer la rancune du cœur de son maître ; iespérait relâcher ses liens avec l'Empereur, pourvu : 1° que la négociation fût enlevée aux Hollandais ; 2° que l'Angleterre et son roi hanovrien y trouvassent leur profit. Il attendait que le Régent lui envoyât incessamment une indication bien nette des satisfactions qu'il accorderait à son Roi à propos du Prétendant, à l'Angleterre touchant le canal de Mardick. A ce prix, pour un intérêt certain et palpable, les whigs courraient le risque de mécontenter l'Autriche.

A minuit, le 21 juillet les interlocuteurs se séparèrent- : Dubois pouvait s'applaudir du résultat. Cette journée, bien employée, avait plus fait que trois mois de négociations infructueuses. Elle lui avait appris enfin que Stanhope acceptait, en dehors de la Hollande et pour la punir de sa résistance, l'idée d'un rapprochement avec la France, fondé sur la reconnaissance officielle de la dynastie hanovrienne, et sur des avantages pour l'Angleterre. Ces deux conditions ne différaient pas des instructions que l'abbé était chargé de suivre. C'était le programme même de sa

1. Dépèche inédite de Dubois (A. ÉTR., Ang., t. 277, f" 105-106)

Page 1