Ibid., fo 114; Sevelinges, I, p
liO LA CONVENTION FRANCO- ANGLAISE DE HANOVRE
diplomatie qu'il avait désormais fait approuver, ainsi qu'à son maître, aux Anglais.
Il pensa donc que le moment était venu de déployer son véritable caractère et d'avouer l'objet de sa mission. Le lendemain 22, il pria Stanhope à souper pour le soir, sans témoin, à son auberge ; avant de se mettre à table, il prit soin de récapituler, par écrit, leurs conversations précédentes. Il montra enfin deux lettres du Régent qui l'accréditaient auprès de Stanhope et de Georges P"", en s'excusant du mieux qu'il put de les avoir jusquelà cachées*. Une conversation à table devant des valets ne pouvait être que d'un tour familier ou très général : Dubois parla en ami à Stanhope de leurs anciennes relations d'Angleterre. Puis il s'étendit en considérations sur le gouvernement de ce pays, sur ses dettes, la puissance du Parlement et la faiblesse du Souverain, et dit en manière de conclusion plaisante qu'il fallait redouter un souverain tel qu'un roi de France qui n'avait aucune dette, quand il lui plaisait, et disposait d'une nation vaillante et presque toute entière militaire^.
Lorsqu'ils se retrouvèrent seuls, la discussion de l'alliance reprit plus serrée. Stanhope parla du traité, comme « d'une chose faite qui serait du goût de Madame toute hanovrienne^ ». Il fit compliment à l'abbé de ce succès et félicita le duc d'Orléans d'avoir choisi un pareil confident. Le lendemain il reprenait le chemin de l'Allemagne, Dubois, content de son œuvre, s'embarquait le 24 à Rotterdam sur un yacht qui le porta à Anvers. Il arriva à Paris le 30 juillet I7I6*.
Sans plus tarder, le 31 juillet il alla rendre compte au Régent des résultats de son voyage. Saint-Simon se trompe lorsqu'il dit: « le peu de conférences qu'il eut avec lui n'aboutit à rien'' ». Pour la première fois, grâce à l'habileté de Dubois, le Régent avait trouvé une politique. Georges P'', pour avoir les mains libres en Allemagne, avait besoin d'être assuré de la succession