‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 72 sur 246 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

Anglais. Il donnait l'ordre pourtant à Chàteauncuf de modérer ses démarches à La Haye auprès des amis de la France, et, sans les décourager de ralentir les conférences, afm de prouver la bonne volonté de son gouvernement *.

Tout cela pour fournir à Dubois les moyens de négocier promptement à Hanovre avec le roi de la Grande-Bretagne et de lui présenter avec netteté les offres et les dernières conditions de la France : « des avantages à la fois au Roi et aux ministres anglais : au Roi, l'expulsion du Prétendant d'Avignon aussitôt après l'échange des ratifications; à la nation, des promesses fermes sur Mardick. Ce dernier article est le plus important de tous et comme décisif, disait le Maréchal. Le Conseil aurait pu et peut-être dû le rejeter. Mais les sages conseils du duc d'Orléans qui veut donner la paix au peuple l'ont convaincu: le gouvernement s'engageait à ne jamais faire de port militaire à Mardick, à n'y conserver qu'un canal d'écoulement pour les eaux du pays et un })etit port pour le commerce de cette frontière-. >

On espérait que cette concession importante provoquerait de la part du ministère anglais une concession d'égale valeur. Les whigs se résigneraient-ils enfin à décourager la Maison d'Autriche et le cabinet italien de Madrid qui tendaient par leurs prétentions à renouveler la guerre en Italie, à laisser formuler devant l'Europe une garantie formelle des traités d'Utrecht, quoiqu'elle fût et parce qu'elle était contraire aux desseins et aux ambitions de ces deux puissances ? « Ou le ministère anglais veut la i)aix, et la mention des traités d'Utrecht est la meilleure preuve ({u'il puisse donner de la sincérité de ses intentions pacifiques... Ou il ne la veut pas, et ses intentions sont coupables et doivent être dénoncées à l'Europe. Cette mention des traités d'Utrecht, il la faut à tout prix : c'est l'objet même de la négociation. » Si elle ne paraissait pas dans un nouveau traité uni([uement destiné à maintenir et à fortifier la paix générale, la paix serait ébranlée au contraire et ce traité inutile surtout, ce que ne disaient pas les instructions, au Régent ^. »

\. Iiislniclionsde labbé Dubois, A. ÉTR., Ang., l. 277, F 163.

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