VIII PREFACE
d'intérêts entre le Régent et Philippe V : il échoue. Alors, faute de pouvoir s'associer avec Philippe V, le Régent entreprend de le dominer. La conspiration nouée à Madrid par Saint-Aignan contre Alberoni et Elisabeth Farnèse précède et dessine d'avance celle que Cellamare nouera en France contre Dubois et le Régent. Affaire très secrète : Louville y est l'agent de Philippe d'Orléans et l'ambassadeur du Roi à Madrid, admis au secret, y sert la politique du Régent à l'insu du Conseil des Affaires Etrangères et de son président le maréchal d'Iïuxellcs. Un traita signaler : Torcy, le dernier ministre de Louis XIV prend sa revanche contre les grands et les Conseils qui l'ont supplanté ; il a le soin du cabinet noir, il intercepte les correspondances officielles, et il inspire les correspondances secrètes. Nous voilà en plein Louis XV, et ce n'est pas dans ces chapitres qu'on pourrait reprocher à notre auteur d'avoir abusé des allusions au Secret du Roi. Cette partie donne le sentiment d'une diplomatie de lendemain de révolution. L'auteur la juge sévèrement : « Déshonorante pour la France, nuisible à ses intérêts et à son prestige. »
« Contredisant une opinion assez répandue, il estime que ce ne sont pas les ambitions d'Alberoni et d'Elisabeth Farnèse qui ont rompu la paix en 1717; c'est la constitution de la Triple Alliance et les encouragements donnés par Dubois aux prétentions de l'Autriche sur l'Italie. La diplomatie de Dubois j)rend pour prétexte le maintien de la paix, et, en réalité, elle conduit à la guerre. Elle compromet l'ouvrage de Louis XIV en Espagne; mais elle fortifie les alliances personnelles du Régent. « La Triple Alliance peut vous suffire, lui dit cyniquement Dubois. Examinez si le reste vous est nécessaire. » Le reste, c'est la Quadruple Alliance qui se conclut avec l'Autriche, en 171(S, contre rEsj)agne, reconstituant la ligue que Louis XIV se vantait d'avoir rompue, et y plaçant la Franc(; encadrée de ses ennemis héréditaires. Quand Louis XIV songeait à se rappi-ochcr de l'Autriche, c'était pour en obtenir la consécration de l'avènement des Bourbons en Espagne et s'affranchir de la jalousie des Anglais : c'est le contraire que fait la Quadruple Alliance en
« L'auteur sest attaché à faire ressortir les relations des affaires du dehors avec celles du dedans, (^est de sa part une vue aussi ingénieuse que juste, de montrer en Law une sorte