PRÉFACE IX
de Dubois complémentaire, un Dubois économique et financier. Law poursuit le même objet que Dubois : relever par un grand coup les finances et populariser, })ar un grand mouvement de prospérité, la politique du Régent. Opération nécessaire : les alliances nouvelles, dont le public ne découvre pas Tobjet caché, sont essenliellement impoi)ulaires. La nation demeure ardemmenl anti-autricbienne et passionnément anti-anglaise. Les légitimés, les grands des Conseils, le Parlement se rapprochent dans cette opinion commune et se sentent soutenus parle pul)lic. Il se fait en France un mouvement espagnol, une sorte de mouvement jacobite à sa façon, on dira plus tard légitimiste ou carliste ; il trouve ses meneurs et ses agents d'exploitation dans les hauts intrigants de Paris, et ses agents d'exécution, je dirais de dévouement, dans la noblesse de Bretagne, de Vendée, du Poitou ; il y a là aussi un jalon pour l'histoire de l'avenir. C'est une crise pour la Régence. La diplomatie du Régent n'a travaillé qu'en vue du gouvernement de la France ; voilà ce gouvernement menacé. Dubois ne voit qu'un coup d'Etat pour conjurer le péril. Il le suggère. Sur de l'Europe, soutenu par ses alliés de Londres, de La Haye, de Vienne, le Régent se sent en mesure de s'emparer du pouvoir souverain. Dubois, qui a conseillé l'opération, la mène à bonne fin. C'est une journée. L'auteur en expose vivement les épisodes après en avoir nettement expliqué les conditions d'exécution. En août 1718, a lieu le lit de justice qui fait le Régent maître absolu du royaume, régent comme Louis XIV était Roi. Dubois, grandissant avec son maître, devient du môme coup, ministre des Affaires Etrangères.
« La politique secrète est dès lors la politique officielle ; mais elle continue de poursuivre le même objet d'intérêt personnel parles mêmes moyens et par les mêmes instruments. Dubois se sent acculé à la guerre. Il espérait l'éviter et se flattait d'atteindre son but unique — la garantie de la succession de France — rien que par des feintes diplomatiques, tout au plus des approches souterraines, un jeu de mines et de contremines, — mais des mines sans poudre qui menacent et ne sautent point. Les alliances conclues et la succession assurée, il voit le péril pour l'Etat, le grand dommage pour la France d'une guerre avec l'Espagne. Cette guerre ne [)Ourrait que compromettre son ouvrage. Mais les alliés la veulent, et Dubois s'est mis en condition de les suivre où ils prétendent le mener. La conspiration de Cellamare —