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CHAPITRE CINQUIÈME

Longue et durable période d'alliance entre la Seigneurie de -Venise et la Cour de France, inaugurée par l'avéneineut au trône du roi François I'^'".

— Quelques mots sur la nature très -française du Roi. — Ambassade

extraordinaire, mars 1515. — Cérémonie de la première audience,

Conversation du Roi avec les ambassadeurs. — Sa courtoisie pour la Seigneurie de Venise. — Le Roi donne aux ambassadeurs Sébastian Giustiniani et Pietro Pasqualigo sa parole de (jentilliamme qu'avant un an il combattra en Italie. — Le Roi engage les ambassadeurs vénitiens pendant leur séjour en Angleterre à faciliter la conclusion de la paix avec Henri VIIL — - Curieux fragment d'une lettre privée de l'ambassadeur Pasqualigo sur ce qu'il voit à l'église de Saint-Denis, près Paris (en note).

— Le roi François en Italie. — Ambassadeurs extraordinaires vénitiens envoyés au Roi après la bataille de Marignan. — Fragments de la relazione de Matteo Dandolo. — Ambassadeurs de Venise qui furent à la Cour de France, de 1516 à 1524. — Indications des documents

. contenus dans les Dlarii sur le Connétable de Rourbon. — Après la bataille de Pavie, la République envoie un secrétaire en France (Andréa Rosso), et au retour du Roi de sa prison de Madrid, deux ambassadeurs.

— Discussion au Sénat sur ce sujet. — La liberté de la tribune dans les assemblées politiques à Venise. — Marin Sanuto soutient le parti français. — Curieux discours qu'il prononce contre le parti qui voulait envoyer un seul ambassadeur au Roi Très-Chrétien. — Triomphe parlementaire de Marin Sanuto. — Choix des deux ambassadeurs. — Distinction et autorité de Sébastian Giustinian. — Ses qualités diplomatiques. — Sa dépèche curieuse adressée au Conseil des Dix à propos d'un colloque avec deux seigneurs anglais. — Reauté de la réponse qu'il fait à cette observation dédaigneuse : hti Veneti siint pescatores. —

— Andréa INavagero arrive à Rlois en qualité de né{;ociateur spécial pour les affaires du moment : sa mort rapide à Blois, 1529. — Eminentes qualités de ce diplomate et de ce lettré. — Fonctions qu'il a remplies dans la vie civile et la vie politique. — Son inscription tumulaire (en note). — Paroles que lui avait adressées Charles-Quint. — On a le sommaire de sa relazione. — Fragment de la relazione de son successeur Zuam Antonio Venier, 1531. — Passage concernant le caractère libéral du Roi. — Ambassadeurs vénitiens qui se sont succédé à la Cour depuis 1531 jusqu'en 1547. — Quatre relazioni connues seulement. — Le degré de réputation et de mérite de la diplomatie vénitienne à cette époque est prouvé par les qualités nouvelles des relazioni. — Les alternatives et les conséquences de la rivalité de la lutte de l'Empereur et du Roi sont des leçons de politique pour le gouvernement de Venise. — Remarquable mémoire écrit par jNicolô Da Ponte (plus tard doge) sur la négociation de la paix de Bologne (1529). — Les audjassadeurs doutent de la possi-

Jjilité d'une paix déf-initivu entre le Pioi et l'Empereur. — Appréciations de Francesco Giustinian à cet égard. — Les déplacements du roi François P"". — Jamais Roi ne fut plus voyageur. — Les ambassadeurs vénitiens suivaient partout la Cour. — Leurs fatigues. — Matteo Dandolo.

— Sa relazione en 1542. — Description des Conseils du Roi : grand conseil, petit conseil et conseil secret. — Garde personnelle et solde. — Détail des dépenses royales. — Petit portrait de la personne du Roi. — Sa grande passion pour la chasse au cerf. — Son courage. — Il est infatigable. — Ses cliàteaux. — Il recherche les dames. — Il est beau diseur.

— Grossiers sarcasmes de l'Arétin sur le nez du Roi. — Portrait de Marguerite de A'avarre. — Grande et belle relazione de Marin Cavaili (1546).

— Jugement de cet ambassadeur sur le gouvernement nécessaire aux Français. — Les Parisiens et leurs abus de la liberté. — Unité et obéissance : forces du royaume. — Une séance dans le Sénat de Venise un jour de relazione. — Magnifique portrait du Roi par Marin Cavaili. — Son naturel. — Son goiit pour tous les arts. — Sa mort. — Quels sentiments glorieux la France doit avoir pour François I*"".

Depuis le jour où le roi François 1" reçut la couronne jusqu'aux derniers moments du dix-huitième siècle, les rapports diplomatiques de la Cour de France et de la République de Venise se maintinrent, à deux circonstances près, dans un loyal et remarquable accord. La réconciliation politique consacrée par le traité de Blois (23 mai 1513) fut définitive entre les deux puissances. Dans le cours des affaires traitées, dans la succession d'alternatives qui ont signalé les luttes héroïques des deux champions de l'Europe, il a pu y avoir, il y a eu quelques froissements, quelques mécontentements; le gouvernement vénitien et le Roi ont pu tour à toiu' faire entendre l'expression d'un regret ou d'un déplaisir en matière politique, mais, en somme, si nous exceptons'les circonstances difficiles de l'année 1522, où Venise se vit contrainte de faire partie de la ligue formée par les puissances contre le Roi , il est permis de dire qu'ainsi pendant un espace de trois siècles, il n'y eut que peu de jours de rupture entre les deux États. Depuis l'année 1526, la formule de chancellerie dont usaient les Rois de France et les Princes du sang

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