‹ La diplomatie VénitienneChapitre 137 sur 246 · IISDICATION DE SOURCES DIPLOMATIQUES · texte numérisé non relu

IISDICATION DE SOURCES DIPLOMATIQUES

rambassadeur vénitien, en résidence à Milan; c'est aussi aux lettres des ambassadeurs vénitiens Gasparo Gontarini et Andréa Nava^ero, en séjour à Madrid, qu'il faut s'enquérir des faits. L'un était au centre de ce duché dont la question de possession était interminable, les autres étaient auprès des deux tètes couronnées dont le triomphe de l'une et l'infortune de l'autre formaient non plus seulement la (juestion d'Italie, mais on peut dire la question d'Europe. Pendant toute l'année 1525, et jusqu'au 5 avril de l'année 1526 ', la République n'eut pas de représentant à la cour de France. Mais à cette dernière date commence une série de lettres du secrétaire Andréa Rosso, envové sans doute dans l'expectative du retour du Roi et jusqu'à l'arrivée de Sébastian Giustinian, ambassadeur ordinaire, dont Sanuto signale la première dépêche au commencement de 1527; ce secrétaire fut chargé du soin de la correspondance avec la Seigneurie.

e considero habbi a seguir grandissime cose, perché questi Cesarei aspettano risposta di Spagna, et hanno a tuor una di tre imprese perlochè tutte le zente hanno ancora, o contra il Pontefice e Fiorentini dll quai si tengono mal satisfati per aver fatto paxe et intelligentia con il Re di Franzu, e fato Veneziani a la llepublica nostra venir alla sua voglia, e contra di noi, per non aver atteso alli capitoli di la lijja fatta, ne aver ii dato le zenti corne erano obbligati, over tuor l'impresa contra la Franza per metter il Duca di Borbon nel suo stato e farsi farlo Re di Franza.... >• Voyez les Raggiiagli sulla vita e sulle opère di Marin Sanuto, par Rawdon Brown, déjà cités; partie III, p. 129 et suivantes.

1 Les Diari'i renferment la copie d'une lettre venue de Lyon du seigneur Teodoro Triulzio, en date du 24 mars. Elle raconte l'arrivée du Roi de France à Bayonne. Pour tous les détails de la captivité du Roi et de son retour en France, il faut consulter le registre XLI des Diarii. Pour la partie purement politique, pour l'histoire des négociations, on consultera avec fruit le remarquable travail du chevalier Emnianuelc Cicogna sur le Vénitien Andréa Kavagero, ambassadeur illustre, lettré remarquable, homme d'Etat des plus distingués, esprit des plus perspicaces, à cette époque qui a vu se former et grandir tant de beaux talents. La remarquable étude du chevalier Cicogna se trouve au tome VI ilelle Inscrizioni Veneziane (de la page 173 à la page 347).

Un fait tout exceptionnel trouve ici une place bien légitime, et je regarde comme d'autant plus heureuse l'occasion qui m'est donnée de le rapporter, que, tout en concernant le Roi de France au retour de sa captivité, il est tout à l'honneur de ce laborieux Vénitien , Marin Sanuto, à qui Venise, sa douce patrie, doit la conservation de tant de souvenirs.

Le traité de Madrid, signé, rendait h la liberté le valeureux prisonnier de l'Empereur, qui, de son côté, venait d'annoncer son nouveau mariage. Cette double nouvelle mettait Venise dans le devoir d'envoyer aux deux souverains des ambassadeurs chargés de complimenter l'un du recouvrement de sa liberté, l'autre du fait de sa nouvelle alliance. Le 9 avril, dans la séance du Sénat de Venise, la Sérénissime Seigneurie, c'est-à-dire les Sages qui dirigeaient habituellement les discussions, mirent h Vordi^e du jour cette élection , proposant l'envoi de deux ambassadeurs à l'Empereur et d'un seul au Roi de France. Les débats à ce propos furent très-vifs ; cette différence trop marquée dans l'hommage fut jugée blessante pour le Roi de France, et comme dans les assemblées des hommes d'État, à Venise, les choses se passaient à peu près comme dans tout parlement où la tribune est libre, comme en fait de politique extérieure il y avait des partis, des sentiments opposés, le parti qui inclinait au roi de France ou qui même n'inclinait à autre chose qu'au désir de ne mécontenter personne , était loin d'approuver la direction que la Sérénissime Seigneurie, c'est-à-dire le ministère, voulait donner au vote en cette circonstance. Nous avons le texte du discours prononcé par celui des sénateurs qui se montra dans cette séance beau partisan des intérêts et de l'honneur de la France. La forme en est curieuse, le fond piquant, incisif et plein de bon sens. A moins d'avoir

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