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LE ROI ET LES DA31ES : L'ARÉ'IIX

Agresto al sesto Re de la vertu detto Xasone. A de telles facéties, qui aiijouicriiui seraient prises pour les irrévérences les plus folles, le Roi répondait par une pension et des présents à ce personnage éhonté, glorieux de ses sarcasmes, se tenant pour sublime en ses plaisanteries priapesques, et n'hésitant point à se surnommer il flagella de' principi, il veriiiero , il divino, sur les pages du titre des Capriceiosi ragionanienti iii del Commenta délie... '. » Mais en dehors de ces choses, l'Arétin était un lettré; il tenait une plume au service des princes, et, comme l'a fait si judicieusement observer un ingénieux écrivain, M. Philarète Chasles, l'Arétin, pour son éternelle honte, faisait de l'éloge une marchandise!

Je n'ai rien dit jusqu'à présent de la sœur du Roi , la Reine Marguerite, cette belle et sérieuse figure à la cour; homme d'Etat plutôt que femme, sans avoir rien perdu de ce privilège de grâce et de charme attaché à la condition de son sexe : tous les ambassadeurs l'ont admirée,

1 On ne saurait imaginer rien de plus grossièrement plaisant que la seconde lettre de cet écrit) intitulé Nasea. Il est manifeste que le Divino Aretino ,, tout en s'adressant au Roi de France, le peint sous les couleurs les plus bouffonnes, en vertu de ce plaisant beau nez qu'il avait en effet. Cet écrit est fort rare; il se rencontre généialement à la Hn de l'édition du Commenta di Si'r Arjreslo cla Ficaruolo... con la Diceria de Nasi.

On y rencontre des traits du genre de ceux-ci :

« Ma queste cose sono non nulla a petto a quel Xaso, ciie vi da

quella maggioranza, clie voi havete sopra noi altri. Con qiicsto vi fnte voi gli huomini vassalli : per questo le Donne vi sono soggette. Beato voi clic vi portate in faccia la meraviglia et la consolatione di chimique vi mira. Ognuno strabilia , che lo vcde, ognuno stopesce ; clic lo sente : a tutti da riso : a tutti desiderio. Tutti i poeti ne cantano; tutti i prdsatori ne scri-

vono Qui dopo che voi setc partito, s'è fatto pin fracasso di questo vostro

Naso che dclla gita del Papa a iNizza....

« Kaso perfetto. Naso principale. ISaso divino. Aaso che benedetto sia sopra tutti i nasi, e benedetta sia quella Mamma che vi fece cosi nasuto, e benedette tutte queste cose che voi annasate.... Pregd Dio che mette in coreal Rritonico... che ogni libro che si componc sia ima Nasea in honore délia Nasal Maestà Vostra, » etc., etc.

tous l'ont montrée sage conseillère, esprit délicat et sûr, cœur dévoué, plus sérieusement lettrée encore que le Roi chasseur son glorieux frère '. Lorsque Dandolo la vit, elle avait cinquante ans.

il Elle est de complexioii délicate, dit-il, de sorte qu'elle ne promet pas d'avoir une longue existence; cependant, comme elle est fort réservée dans son mode de vivre et d'un naturel très-arrêté, il se poiurait faire qu'elle vécût longtenq^s. Je crois qu'elle est la femme la plus sage, non pas de toutes les femmes de France, mais encore de tous les hoiinues; et dans l'assurance où je suis que Votre Sérénité en a beaucoup entendu parler, je n'en dirai pas davantage à son égard. Je dois toutefois certifier que dans les affaires et les intérêts d'Etat, on ne peut écouter des discours plus sûrs que les siens. Dans la doctrine du christianisme elle est si versée et si instruite que bien peu de gens sauraient mieux en traiter. Je puis affirmer enfin qu'elle est des plus affectionnées à notre Etat, et j'en juge par les nondjreuses et belles offres de service qu'en toutes occasions elle m'a faites, et bien avant les événements actuels. »

Dans l'ordre successif des relazioni qui nous sont parvenues siu* le règne de François P*", la relazione de l'ambassadeur Marino Gavalli est la dernière : il est permis de dire que, comme œuvre, elle honore et couronne l'édifice. Chef-d'œuvre de genre, on n'en peut lire une plus belle dans la forme , plus solide dans les appréciations, plus sûre dans les conseils; très-étendue, elle touche à toutes les choses de France, h cette époque de la fin du règne du roi François : la politique, le commerce, les produits, les ressources, les procédés dans les affaires, sont passés en revue avec une marque d'autorité vraiment rare. Jamais, jusqu'alors, un ambassadeur vénitien n'a

* Voyez un livre récent et plein de faits nouveaux : Marguerite d'Angoulème (sœur de François P"^), son livre de dépenses (1540-1549), Etude sur ses dernières années, par M. le comte II. de la Ferrii-re-Percy. (Paris, chez AuLrv, 18G2.)

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