‹ La diplomatie VénitienneChapitre 16 sur 246 · RAISONS DU SECRET IMPOSÉ AUX RELJZIOJSI · texte numérisé non relu

RAISONS DU SECRET IMPOSÉ AUX RELJZIOJSI

officielle du secret , les plus dangereux compromis eussent menacé sans cesse le gouvernement de la République Sérénissime par suite des seuls discours que ses ambassadeurs étaient tenus à prononcer du haut de la tribune , en présence du prince et en présence des conseils assemblés. Une preuve écrite, et que je traduis sur l'autographe des inquisiteurs conservé dans l'un des manuscrits de la Bibliothèque Saint-Marc, vient d'ailleurs rendre ma conviction plus ferme encore. Fort curieuse comme lettre prohibitive émanée de ce célèbre tribunal désigné Inquisitoy-i di Stato^ en date de 1614 et adressée à Pietro Gontarini, ambassadeur auprès de la cour de France, elle lui rappelle que, d'après un décret de 1518, aucune écriture officielle ne doit demeurer entre ses mains au sortir de la légation :

« Très-illustre seigneur comme frère très-honoré ',

» Outre les ordres' qui , selon la délibération de l'excellentissime Conseil des Dix du "23 juin 1605, doivent être observés par les ambassadeurs à l'endroit de toutes écritures traitant de matières d'Etat , à savoir qu'ils doivent en faire restitution à leur retour, ou s'ils les laissent à leur successeur, en dresser un inventaire avec le serment écrit de n'en avoir conservé ni donné aucune en copie, serment (qu'ils sont tenus aussi de faire aux excellentissimes inquisiteurs; il existe encore d'autres délibérations précédentes, telles que celle du 15 janvier 1518, qui, au retour des ambassades, mettent les ambassadeurs dans l'obligation de présenter les relazioni, les lettres, les registres et les écritures touchant à des matières d'État. Et comme en tout ce qui relève de notre magistrature, nous ne devons pas négliger que l'exécution soit rigoureuse, il

1 Telle était la forinule épistolairc des Inquisiteurs d'Etat dans leur correspondance avec les ambassadeurs.

50 DE LA DIPLO.AÎATIE VENITIENNE.

nous a paru bon de rappeler à Votre Illustrissime Seigneurie l'observance de ces délibérations, de même que nous la rappelons à tous les antres ambassadeurs et représentants publics, nous promettant et désirant, vu l'importance de, la chose, une prompte et entière soumission à la loi de l'Etat, et souhaitant toute félicité à Votre Illustrissime Seigneurie. Nous attendrons, avec la première occasion de ses prochaines lettres, le reçu de la présente sous une enveloppe h l'adresse des excellentissimes chefs du haut Conseil des Dix.

» Marc Antonio Loredano , j

H HiERONiMO GiusTiMANO, | inquisitori di Stato. >> » FiLippo Bembo, j

n De Venise, 18 octobre 1614.

A deux années de distance de l'envoi de la lettre que nous venons de reproduire, se rencontre un document plus curieux encore, et qui peint toute la surprise d'un envové même de la République, un jour que visitant Oxford et la bibliothèque de IHiniversité , il reconnut parmi les manuscrits un nombre assez respectable de copies de îelazioni demeuré inédit jusqu a présent; ce document appartient aussi à l'archive des inquisiteurs d'Etat [division des Correspondances étrangères) .Gio\ixnni Battista Lionello, alors secrétaire de Venise à Londres, écrivait donc h la fin de sa dépêche, en date du 26 août 1616, l'avis suivant , accompagné d'une note précise :

« Dans la bibliothèque d'Oxford, ville où se trouve l'université principale de ce royaume, j'ai avisé un volume de grand format, manuscrit, contenant une relation de Venise, ainsi que plusieurs discours vénitiens, comme le pourront constater Vos Excellences d'après la note que je joins ici. Il m'a paru fort étrange que les écrits importants de la Sérénissime République aillent ainsi se disséminant,

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