‹ La diplomatie VénitienneChapitre 19 sur 246 · LE TRÉSOR POLITIQUE · texte numérisé non relu

LE TRÉSOR POLITIQUE

connaissance et l'intelligence des Etats, des intérêts et des dépendances des plus grands princes^. D'un format inquarto, cette première édition contenait sept relations vénitiennes. Mais, soit que les manuscrits parvenus à Cologne fussent des copies inexactes, soit que V Academia italiana qui s'en faisait l'éditeur n'eût pas voulu se rendre responsable de l'impression d'un texte justement conforme à celui de l'original, en raison de la hardiesse des jugements et de la trop grande ressemblance des portraits, il est certain que la plupart de ces rclazioni, sinon toutes, ne sont que des reproductions infidèles, lacérées et impudemment défigurées, pour qui les étudie sérieusement et les compare aux originaux connus ou aux copies intègres. Aussi l'illustre critique Marco Foscarini exprima-t-il à ce propos tout son dédain pour une telle fraude ainsi commise au détriment de la pensée et de l'éloquence de ses prédécesseurs, lorsqu'il dit : « Encore. est-ce une bonne fortune que les noms des auteurs, à l'exception de ceux de Lazare Mocenigo et de Jérôme Lippomano , ne soient pas inscrits en tête d'écrits pareillement défigurés et corrompus : cosi depravate scrittiire. " Ce défaut d'intégrité des textes est d'autant plus regrettable, que le choix des pièces annoncées était vraiment heureux, car il comprenait sept des plus remarquables relazioni qu'ait entendues le sénat de Venise pendant le seizième siècle ^. Bien (jue si

1 Tesoro polltico , cioè Relazioni, Istruzioni , Trattati , Discorsi varii (l'ambasciatori pertinenti alla coynizione ctl intelligenza cle{;li Stati, interessi c dipendenze de' più ;;ran principi del mondo. In-4<'. Nell' Academia ita^ liana deColonia, 1589.

2 Le recueil complet du Tesoro politico compte dix relations, qui sont les suivantes :

Relazione de Gonstantinople, en 1573, par Marc Antonio Barbaro ; — de France, en 1561, par Micheli Surlano; — do Ferrare, en 1575, par Emilio Manolesso; — de Florence, en 1576, par Andréa Gussoni ; — de Rome, à propos de la ligue contre les Turcs, en 1571, par Micheli Suriano; — du

maltraité au double titre de la littérature et de l'histoire, cet ouvrage, nouveau d'ailleurs dans ce genre, eut un assez grand nombre d'éditions : Cologne, qui avait donné la première en 1580, donna la seconde en 1595 et la troisième eu 1598. Milan en vit une autre en 1600; les presses de Bologne fournirent en 1603 un volume qui, d'après son indication de seconde partie, est la continuation du Tesoro polùico; et la troisième partie, imprimée en 1605 à Seravalle, reçut les honneurs d'une traduction latine, publiée à Francfort en 1618 '.

De 1618 à 1649 , la publicité des relazioni^t une longue pause. En Italie , pas plus tpi'en Allemagne , je n'ai retrouvé ses traces; et c'est en France, à cette époque précise de la moitié du dix-septième siècle, que nous en voyons deux, reproduites dans un bon livre, et traduites par le studieux historien Auberi, qui les joignit à son ouvrage De la ■prééminence de 7iO!i roys : l'une. Relation italienne de Michel Suriano, Vénitien, touchant son ambassade de France, 1561; l'autre, Relation italienne de Bernard Navagero, Vénitien, et depuis cardinal, touchant son ambassade de Rome, 1558. Rome, en 1661 , fit aussi les frais de la suivante, parue à Leyde en 1663, et due à l'illustre ambassadeur Angelo Correro^. A peu de temps de là, en France, à Montbéliard, deux petits in-douze, fort rares aujourd'hui, virent le jour en 1666 et en 1668 : l'un était la Relation sur l'Espagne, de Thomas Contarini*; l'autre, celle ^wr l'An-

congrès de ISice, en 1538, par ?<icolo Tiepolo ; — de la guerre des Turcs avec les Persans, de 1577 à 1587, par Giovanni Michieli; — d'Angleterre, en 1557, par le même; — du duché d'Urbin, en 1570, par Lazaro Mocenigo, — et de Savoie, en 1573, par Girolamo Lippomano.

1 Francfort, typis ]Nicolal Hoffmani , 1617. In-4o, id. ibid. Cuntimtalio Thesaiiri politici , 1618.

2 A Leyde, chez Almarigo Lorens. In-12, 1663.

^ Relation d'Espagne fidellement traduite des manuscrits italiens. Montbélianl, 1666, in-12.

Page 1