RELAZIOM OU TRÉSORS DE LA COUR DE ROME
fjleterre, de Marc-Antoine Correr'. Le libraire Gottin , en 1070, ])nblia à son tour, à Paris, la Relation de la cour impériale, faite au doge de Venise, par le sieur Sacredo, après son retour d'Allemagne à Venise. Mais ces différentes publications partielles, de peu de volume et d'un format léger, que dans le vocabulaire des bibliophiles on nomme plaquettes et qu'en Italie on a l'usage de désigner dans les catalogues sous la rubrique de Miscellanea, sont aujourd'hui des raretés, et comme telles, elles ne peuvent offrir qu'un intérêt de curiosité bibliographique, étant pour la plupart défectueuses quant au fond.
En suivant ainsi l'ordre chronologique dans cette excursion de bibliographie, de 1()70, à Paris, chez le libraire Cottin, nous arrivons à Ih'uxelles en 1672, où trois relations sur Rome ])arurent sous le titre général de Trésors de la cour de Rome. Cet in-douze contient la relazione de Paolo Tiepolo, sur Pie IV et Pie Y, 15G8; d'Angelo Correro , sur Alexandre VII , déjà publiée à Leyde , et celle d'Antonio Grimani , sur Clément IX ^. Le succès de ce petit volume fut des plus grands. Les ambassadeurs qui représentaient Venise à Rome étaient ordinairement des diplomates rompus aux plus importantes affaires, et avant acquis le plus grand renom, comme négociateurs, auprès des premières cours de l'Europe. De tels caractères diplomatiques étaient connus, et c'en était assez pour rendre naturelle cette curiosité si grande qui s'attachait partout à des ])ublications telles que li Tesori délia corte Romana, faites pour montrer comment Venise, par l'intermédiaire d'ambassadeurs de premier ordre, jugeait
1 Relation (l'Aiir/leterie fidelle nient traduite des manuscrits italiens. Montbélinrd, 1668, in-12.
~ Li Tesori délia corte Romana in varie relazioni fatte m Pre<jadi d'alcuni umbasciatori cencti icsidenli in Roma, sotto differenti pontejici e delV Alniadcn anilia\cialore J'ranccsc. riiuxcllcs. 1G72 , iii-12.
Rome et sa cour pontificale. A cette même année 1672 appartient aussi, selon Foscarini, dans son fameux ouvrage sur la Letteratura veneziona, la relaziona. sur l'Espagne de Domenico Zane, imprimée à Cosmopoli, sous le titre de Relazione succinta délia famosa corte di Spagna, écrite, dit le chevalier Cicogna, avec une grande élégance, et dans laquelle le portrait de Philippe IV et le tableau de sa cour sont tracés de main de maître '. L'année 1693 délimite la première période de la publicité des relazionî. A cette date, en effet, remonte l'apparition du recueil des Lettere memorahili istorico-politiche^ recueillies par le savant libraire Bulifon, et, depuis cette publication, il faut venir jusqu'à l'année 1830, à Turin, pour voir s'ouvrir une phase nouvelle que , en raison du long intervalle de silence et d'oubli dans lesquels les re/ar/o?u' parurent jetées pendant la durée de plus d'un siècle, nous pouvons regarder comme une phase de renaissance. Au nombre des mémoires, fort variés du reste, insérés par Bulifon dans son recueil, sont trois relations des plus célèbres, et grandement faites pour soutenir la réputation acquise alors par les ambassadeurs vénitiens. Deux, entre autres, sont dues à cet illustre diplomate historien Battista Nani , qui représenta Venise à Paris, à Vienne et à Rome, en des circonstances éclatantes, le même que la République chargea d'écrire l'histoire politique de ses annales, au point où l'historiographe Morosini l'avait laissée ^. Les deux relations de Nani, reproduites dans ce recueil, décrivent la cour de France en 1()61 , et la cour de Vienne, quelques années plus
1 Iscrizioni veuezimic , tlal Cav'"'' Einmamiele Cicogna, t. III.
2 Lettere memoru/illi istorico-politiche ed erudite ^ raccolte da Antonio Bulifon. Pozzuoli, 1692, in-12.
"^ Cette histoire a été traduite en français : « Histoire de Venise, » par Bapt. Nani, cavalier et procurateur de Saint-Marc. Paris, chez Claude BarLin,1679.