MÉDAILLES
Cette branche des effigies de Catherine de Médicis comprend des pièces d'art des plus intéressantes.
La médaille rappelant Catherine jeune est des plus rares; il s'en trouve un exemplaire à la Collection Sauvageot, n° 522. — Légende : Cate- RiNA REGINA Franci^. Travail italien, fondu à cire perdue. Bronze. Diamètre 0,09. — La Reine est coiffée en résille. Le buste est tourné vers la gauche. L'expression est fine et heureuse. C'est un joli ouvrage de l'époque. Voyez au musée du Louvre, collection Sauvageot, et le Catalogue , par M. Sauzay, conservateur adjoint du musée des Souverains, du Moyen âge et de la Renaissance, p. 117.
Au Cabinet des médailles, à la Bibliothèque impériale, les médailles portant l'effigie de Catherine sont très-nombreuses. La courtoisie et la bienveillance de MM. Chabouillet et Henri Lavolx m'ont mis à même d'en faire une observation minutieuse et pleine d'intérêt. Pour faciliter l'indication aux amateurs ou aux curieux, je suivrai les numéros du répertoire de numismatique de M. Lenormant. Je ne cite d'ailleurs que les pins rcMuarquables.
Katharina de Medicis, Regina Franci*. — Buste à gauche. — Revei-s : Lacrymœ liinc — tiinc dolur. Une lance brisée. (PI. XV, n» 4, du Trésor de numismatifjue.')
K.\TUAiiiXA regina Ilenrici II Uxor, Francisci, Caroli et Henrici Regum Mater. — Vue de trois quarts, portant au cou une médaille. L'effigie est des plus remarquables : c'est le grand médaillon de la collection. (PI. XVI, u° 2.)
Une médaille, remarquable surtout par la finesse élégante des traits, est celle de Catuarina, Henrici II Uxor, Francisci II, Caroli IX, Henrici III Regum Galliarum Mater Piissima. — Buste à droite. (PI. XX, n" 6.)
Catherin* Medic.ea semper adgcsta. — Buste à gauche. — Au revers : Aiterna fama, et une Renommée portée sur un nuage embouchant sa trompette. Au-dessus, des étoiles. (Pi. XXI.)
embarras suscite an Roi Catholique, elle l'amènera à faire une paix générale. Elle pense aux Pays-Bas, à un mariage dans sa famille, qui, légitimement, sans conteste, donnerait peut-être à d'Alençon ou à Don Antonio (son parent par sa mère Jeanne de Boulogne) une couronne utile en même temps à la France et surtout honorable pour elle :
« Sa Majesté me le dit en propres termes lorsque j'allai tout dernièrement lui baiser les mains à Orléans et prendre con{}é d'elle; elle me dit qu'elle avait porté ses pensées aux affaires de Portugal dans ce seul but de voir si elle pouvait amener le Roi Catholique à former un foisceau (à faire un paquet, far un fascio) de toutes les difficultés courantes, celles de Portugal, celles de Flandre, et à en venir à quelque bon ari'angement par le moyen d'un mariage'. »
Je rencontre dans cette même et dernière relazione des Vénitiens au temps de Henri III, quelques lignes frappantes; les réflexions qu'elles doivent inspirer m'amènent à considérer la fin de cette femme extraordinaire, dont la vie , hérissée des actions politiques les plus contraires , s'est prolongée à travers tant d'écueils et tant de brisants, sans que jamais elle eut vu le naufrage de la barque trop vacillante dont elle avait été à la fois le prudent et l'imprudent patron.
Vers 1580 les choses se passaient ainsi au Conseil : il y avait des ministres qui étaient plutôt des assistants que des conseillers. Dans la même chambre étaient cependant réunis les Cardinaux, les Princes et autres personnages qui avaient accès au Conseil. Mais c'était à peine si on les interrogeait. Les décisions, l'ouverture des dépêches, les solutions, avaient lieu dans cette même
1 Lorenzo Priuli, Relazione délia Corte di Francia, 1582, la dernièic connue sur ce rèfjnc.