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LES DOCUMENTS INÉDITS ET :M. GLIZOT

dont l'entreprise et la formation sont un des faits les plus notables du mouvement dans les recherches historiques effectué entre les années 1830 et 1840.

Le ministère de l'instruction publique avait à cette époque pour chef un homme qui avait écrit V Histoire de la civilisation en France et celle de Charles /'', deux grands triomphes littéraires et historiques. Parmi les souvenirs ([ue M. Guizot a laissés de son administration, en 1833, il en est un que les hommes d'étude mettront toujours l)ien haut; il se rattache ii la persistance et au dévouement personnel si honorables dont M. Guizot donna d'éclatants témoignages, pour faire reconnaître du roi et des cham- ])res l'importance de la formation du recueil devenu si florissant sous le titre de Collection de documents inédits sur l'histoire de France. Ainsi s'exprimait le ministre dans le premier de ses rapports au roi , en date du 31 décembre 1833 :

« Sire, depuis quinze ans environ, l'étude des sources historiques a repris une activité nouvelle. Des hommes d'un esprit clairvoyant, d'une science rare, d'une constance laborieuse, ont pénétré, les uns dans le vaste dépôt des archives du royaume, les autres dans les collections dos manuscrits de la Bibliothèque royale; quelques-uns ont poussé leurs recherches jusque dans les bibliothèques et archives des départements. Partout il a été prouvé, dès les premiers essais , en fouillant au hasard , que de grandes richesses étaient restées ensevelies. Les efforts ont redoublé, et l'on n'a pas tardé à obtenir des découvertes aussi importantes qu'inattendues, de véritables révélations qui éclairent d'un jour nouveau tels ou tels événements, tels ou tels siècles de notre histoire , à ce point qu'il est peutêtre permis d'avancer que les manuscrits et monuments originaux qui ont été jusqu'à présent mis au jour, ne sur-

passent ffuère en nombre ni en importance ceux qui sont restés inédits ' . »

Développant ensuite le projet dont cette exposition fait nettement prévoir le but, le ministre demandait au roi son approl)ation et concluait à la demande d'un crédit adressé aux cbambres et à la prescription de mesures pour la recherche et la publication des documents inédits relatifs à l'histoire de France. Ce projet de loi suivit son cours. Le 18 juillet 1834, un comité chargé de concourir, sous la présidence du ministre de l'instruction publique, à la direction et à la surveillance des recherches et des publications qui devaient être faites à l'aide des fonds votés au budget de l'exercice 1835 , fut nommé. Le chiffre du premier crédit alloué par les chambres se monta à 120,000 fr. Dès le 2 décembre 1835 , M. Guizot put faire connaître au roi , par un rapport circonstancié , l'état des travaux entrepris, et il lui présenta les premiers résultats. Un plein succès couronnait déjà cette œuvre toute littéraire, a Ces travaux, écrivait M. Guizot, se divisent en deux séries distinctes. L'une comprend les documents relatifs à l'histoire politique et sociale du pays, à sa législation, à ses institutions; l'autre s'occupe de l'histoire des sciences, des lettres, des arts et de leurs monuments. » Le ministre entrait ensuite dans le détail des travaux, mentionnant les ouvrages déjà imprimés et annonçant ceux qui étaient à l'étude. Parmi les premiers, il signalait déjà deux volumes de ce bel ouvrage de M. Mignet qui a jeté tant d'éclat sur les efforts de la diploiuatie française au dix-septième siècle , je veux dire les Négociations relatives à la succession d'Espagne. D'autres volumes contenant aussi des documents particuliers à l'histoire de la guerre de cette même succes-

* Doctimenls inédits sur l'Histoire de France. Le volume des Rapports au Roi.

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