CHAPITRE SEPTIÈME
La Collection de Florence, dite Raccvlta Al/ièii , sa foiunation, son comité, son patronage. — Le marquis Gino Cappoiii. — Louis Bonaparte, roi de Hollande. — La prince-ise Charlotte. — M. E. Albèri seul éditeur. — Sa biographie. — Ses travaux. — Divisions {;énérales de l'important recueil de Relazioni ileyli aiuicuitiatoii Vciicti al Sctiato.
Pendant qu'à Paris le comité directeur du recueil des Docu))ients inédits relatifs à l'histoire de France veillait à la publication des deux volumes confiés à l'érudition de M. Tommaseo, un comité moins officiel mais non moins
remarquable se formait à Florence, dans le ])ut d'orfjaniser une pul)lication du même genre, mais plus étendue et plus générale. Voici ses origines et son patronage. M. Eugenio Albèri, qui n'en était plus ;i prendre ses grades de distinction, venait d'écrire, à Florence, une Vie de Catherine de Médicis; c'était en 1838. Dans la préface de cette œuvre, qui est une réhabilitation très-juste de cette grande femme politique, l'auteur, après avoir annoncé la volonté qu'il a eue « d'enlever à la mémoire de la célèbre reine les souillures qui lui furent imputées par les plus graves historiens eux-mêmes, et de venger en son nom l'Italie de toutes les injures non moins fréquentes qu'odieuses des étrangers » , ajoute que les jiremiers documents avec le secours et l'autorité desquels il croit avoir atteint un semblable résultat, sont les Relations des ambassadeurs vénitiens, » où les faits, dit-il, sont racontés et jugés avec cette pleine connaissance des choses qui n'appartient qu'à des témoins oculaires et désintéressés. " Ainsi exposés au début même de son livre par M. Albèri, l'avantage de tels documents frappa l'attention d'un de ces grands hommes dont on peut dire qu'ils sont nés sous cette étoile propice qui fait briller ceux qu'elle protège de tout l'éclat de la générosité, de toutes les Imnières d'un grand savoir et de toute la splendeur de la sagesse dans les conseils. Tel était et tel est encore le marquis Gino Gapponi, Florentin de grande naissance, cher à l'Italie, au service de laquelle il a mis toutes ses vertus j)iivées. Assurément, de toutes les entreprises intellectuelles qu'a soutenues, créées ou conseillées cet homme de bien , il en est peu qui lui puissent valoir de plus notables éloges que celle de la publication des Relations des ambassadeurs vénitiens au Sénat, pendant tout le seizième siècle. Aux efforts en effet du marquis Gino Gapponi se doit la création de cette association florentine