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LA RACCOLTA DE FLORENCE ET LE M- GAPPOM

si distinguée qui , avec M, Eugenio Albèri pour son chargé d'affaires, a mis au jour, en 1839, le premier volume de cette importante collection, parvenue aujourd'hui à son quatorzième volume, et connue sous ce titre général : Relazioni degli ambasciatori Yeneti al Senato , raccolte , annotate ed édite da Eugenio Albèri, a spese di laia .socictà ' .

Demander à toutes les bibliothèques étrangères les indications de leurs relazioni sur le seizième siècle, en ordonner la copie, les répartir eu séries, les illustrer de notes érudites et explicatives, de manière à rendre aisé l'usage de les consulter, former enfin un des plus curieux répertoires historiques d'un siècle aussi plein de faits que celui qui a changé l'assiette de l'Europe et lui a donné la forme politique qu'elle a conservée à peu près jusqu'à l'événement de la révolution française, attacher à une telle entreprise l'heureux nom de Florence, faciliter les moyens d'exécution et assurer les garanties de succès, en réunissant les efforts bienfaisants et généreux de personnages célèbres par leur nom ou recommandables par les plus heureuses qualités : telle fut l'idée très-noble du marquis Gino Gapponi.

Cette idée ne tarda point à trouver des adhérents. Un groupe d'élite composé de quatorze personnes auxquelles, un peu plus tard, s'adjoignit un homme que la courtoisie de ses manières, le charme de son talent et les bonnes grâces de son esprit, distinguent à un haut point dans la société parisienne, le prince Joseph PoniatoAVski , répondit par une gracieuse entente à l'inspiration de l'homme de bien et de savoir qui s'était fait l'initiateur de l'entreprise. Au premier rang de cette brillante association, appartenaient deux noms glorieux pour la France, je veux dire

* Relations des ainhassadetirs vénitiens au sénat, recueillies, annotées et publiées par ÎNL Eugène Albèri, aux frais d'une société.

92 DE LA J)lI>L():\IATli: VÉMTIE^NE.

ceux des Bonaparte. Le prince Louis Bonaparte, l'ancien roi de Hollande et père de Napoléon III, honora de sa protection et de son sulfra^je effectif le projet du marcpiis Gapponi. A ses côtés, et comme patronnesse de l'œuvre, au même titre que le j)rince, était l'excellente princesse Charlotte, fille du feu roi Joseph et déjà veuve du frère aîné de l'Empereur actuel. Florence était alors le centre de cette illustre famille, dont l'un des chefs, l'ancien roi de Hollande, hahitait le palais Gianfijjliazzi, aux hords de l'Arno, et dont la belle-HIle, la princesse Charlotte, vivait dans une retraite consacrée aux beaux-arts , dans le palais Serristori, avec la reine Julie. Le prince, son beau-père et elle, pendant tout le temps (pi'ils vécurent à Florence, honorèrent d'une protection marquée les artistes et les lettrés. Ainsi que je le raconte plus loin, M. Eugenio Albèri avait été pendant deux années le chevalier de compagnie du prince; et lorsque, assisté du marquis Gapponi, il avait fait part au prince et à sa belle-fille d'une entreprise aussi honorable que celle de publier les précieux documents laissés par une diplomatie qui fut glorieuse, l'un et l'autre voulurent être des premiers à remplir les conditions d'associés. N'est-il pas curieux de retrouver ainsi parmi les suffrages accordés à une entreprise dont le but était de répandre le tableau le plus vivant et le plus piquant de la politique animée du seizième siècle, deux noms appartenant à cette famille exilée alors et dont cependant, h un faible intervalle, sont issus deux chefs d'empire qui auront le plus remarquablement occupé la politique et l'histoire de la première moitié du dix-neuvième siècle ?

De tels suffrages étaient d'un bon augure pom' la formation rapide de l'association; il fallut en effet peu de jours pour qu'elle fût complète. Autour du prince Louis

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