L'ÉTAT DE :MILAN EN
Lorsque Caroido en vient à citer les grandes familles du duché, il semblerait, à l'entendre, qu'il vécût et parlât au temps où le poëte sublime qui a chanté les luttes ardentes de l'Italie du treizième siècle cherchait asile loin de Florence, dans les cours des seigneurs ScaUgeri à Vérone, ou Polenta à Ravenne. Caroido, en effet, ne parle que de Guelfes et de Gibelins, et au point de vous en remplir d'effroi, tant Il en parle! A Milan alors, au temps même de Lautrec, deux familles tenaient la tête des partisans : les Visconti étaient Gibelins et avaient avec eux les Pusterla, Maino, Grivelli, Galera, Borromeo, Dal Conte, Barbavara, Lam- ])ugnano, Da Melzo, Dugnano, Da Marliano, Ferreri , Vilmeria, Stampa, Côrio, Bosso e Caimo. Les Trivulze étaient Guelfes (on dirait aujourd'hui italianissimes) , et leur faction avait pour chef et seigneur Teodoro Trivulzio, personnage en grand crédit auprès des Milanais, auprès de monseigneur de Lautrec et du Roi Très-Chrétien , qui l'avait connu à Marignan et faisait cas de lui comme d'un grand homme de guerre. De très-anciennes et de fort nobles familles de la faction guelfe suivaient sa bannière : les Castiglione, les Casalbirago, les Arcimbaldo, les Da Ro, Reina, Cotta, Dalla Somaglia, Da Belgiojoso, Da Tolentino, Simonetta... De la ville, Caroido passe aux provinces et aux Etats voisins ; c'est une leçon de géographie guelfe et gibeline.
« Pavie est Gibeline, tout impériale. A Lodi, les deux tiers sont Guelfes... Plaisance est toute Guelfe... Crémone est dans les mêmes conditions que Milan... Tortone est Guelfe... Ee duc de Savoie est Guelfe et maintient la faction {guelfe, et tout le Piémont est Guelfe... »
En somme, cette série du Recueil Albèri s'adresse particulièrement à ceux qui ont porté leur esprit et leurs études sur les anciens Etats de l'Italie militante, artiste et lettrée
du siècle que la ligue de Cambrai a ouvert et que le traité de Yervius a fermé : deux faits imposants dans la politique générale de l'Europe agitée '.
1 Voici la liste des Rclazioui connues sur les cours italiennes, Rome exceptée, selon qu'elles sont réparties par ordre de lieu et de dates, avec les noms de leurs auteurs , dans les divers volumes de la deuxième série de
la Raccolta Allièri :