‹ La diplomatie VénitienneChapitre 75 sur 246 · LES CARNETS DE LEONARDO DONATO · texte numérisé non relu

LES CARNETS DE LEONARDO DONATO

» Rien ne s'obtient à lui faire le flatteur et le complaisant {farli il cavalUcr ado.sso).

)) Bien plutôt en lui montrant de le craindre.

» 11 n'est point homme de désirs et de fantaisies. iNi libéral ni prodijjue. "

Enfin, et comme pour être encadrée plus tard dans le tableau des ju^jements qu'il portera au sénat, au jour de sa 7-etazioiie, l'ambassadeur jette au liasard d'une page cette remarquable pensée , qui , pour la Rome papale , aurait dû être et devrait toujours être la vérité :

« Rome anciennement par la jjuerre se fit grande. Aujourd'hui par la paix seulement Rome peut demeurer dans sa grandeur '. »

Tels étaient les Carnets de Leonardo Donato, l'envoyé de Venise au pape Clément YIII; ils sont une variante nouvelle dans l'ensemble des textes que nous recherchons ^.

Beaucoup d'ambassadeurs ont pris leurs notes comme

^ Roma antiquamente con îa fjuerra si fece grande. Ilora con la pace solamente riinane nella sua {jrandezza.

- Le même auteur de ces notes toutes particulières, le même profond observateur revit plus tard encore le pape Clément VIII dans des circonstances polititpies des plus graves, alors que le Pape se rendit à Feriare pour prendre possession du duché, plutôt par le fait, au nom de l'ambition que de la justice. Il fallut toute la faiblesse du duc César d'Esté, qui régnait alors, il fallut les embarras où la France était, pour que le Saint-Siège put agir si librement avec cette maison ducale, toujours soutenue jusqu'alors par la poliii(pie de la France contre l'ambition et la convoitise de Rome. INous n'avons pas la relazione de la seconde ambassade dont Leonardo Donato fit partie, mais nous avons les dépêches.

Cette ambassade extraordinaire était glorieusement composée : l'élite des esprits politiques du gouvernement vénitien était en effet représentée par G. Soranzo, G. Foscarini, Leonardo Donato et Paolo Parula. J^es dépêches sont en date de juin 1598.

Donato, et il convient d'attacher une grande estime à la découverte d'écrits de cette nature, révélateurs des sentiments éprouvés et des impressions conçues par des hommes éminents qui , diplomates , montraient une hahileté singulière, auprès de la cour la plus difficile et la plus délicate, dans l'accomplissenaent des devoirs fondamentaux, de tout ambassadeur, devoirs que le langage de la politique italienne a si bien définis par ces termes : Vintendere et ïavisare, le negoziare et le riferire '.

1 Lixte des ambassadeurs de la Républlfjue de de Rome dont les Relazioni sont

Venise auprès de la Cour connues :

— Paolo Capello.

— Mattco Dandolo.

— l'aolo Capello.

— Bernardo ]Navagero

— Doinenico Trevisano.

— Melcliiorre Michiel.

— Marino Giorgi.

— Luigi Mocenigo.

— Marco Minio.

— Girolamo Soranzo.

— Luijji Gradenigo.

— Giacomo Soranzo.

— Marco Dandolci.

— Paolo Ticpolo.

— Antonio Giustiniani.

— Paolo Ticpolo.

— Luigi Mocenigo.

— Antonio Tiepolo.

— Pietro Pesaro.

— Giovanni Corraro.

— Marco Foscari.

— Lorenzo Priuli.

— Marco F'oscari.

— Giovanni Gritti.

— Gasparo Contarini.

— Paolo Paruta.

— Antonio Suriano.

— Giovanni Dolfin.

— Antonio Suriano.

RELATIOINS SLR LES ÉTATS OTTOMANS. 213

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