‹ La diplomatie VénitienneChapitre 96 sur 246 · MORT DE PHILIPPE II · texte numérisé non relu

MORT DE PHILIPPE II

ceux dont le Roi avait été accablé par les désastres de sa propre descendance :

« Bien que ce Prince soit seigneur de tant d'Etats et souverain unique d'un si gfrand et si puissant empire, il n'en vit pas moins tout en proie à des soucis et à des mécontentements continuels '. »

Le mois de septembre de l'année 1598 vit mourir Philippe II, et le palais qu'il avait mis trente-deux ans à élever, et ou il avait pâli dans les labeurs de la plume et dans les inquiétudes de la dure politique dont on se demande s'il fut le maître ou l'esclave, fut sa tombe ^. Le 13 septembre, les moines liiéronymites qu'il y avait établis sonnèrent le (jlas funèbre à l'église de Saint- Laurent, patron de cette demeure aux murs de laquelle la figure de Philippe a imprimé un si austère prestige. Le Roi rendit ainsi le dernier soupir : dans ses mains il avait un rosaire, près de lui brûlait un cierge à Notre-Dame de Montserrat, ses regards étaient fixés sur le crucifix que Charles-Quint

* Relaz., Fianc Vendiamin, p. 464. Sebbene questo principe è signore e solo padrone di tanti Stati e di cosi grande e potente iinperio, se ne vive nondimeno pieno dl continui travagli e discontenti, i quali si fanno anco magjjiori considerando il pericolo in che si trovano i Paesi Bassi , gli infelici successi occorsi nella propria sua discendenza, l'infedeltà dei suoi ministri e la poca speranza che lia nel valore dei stranieri,

2 ^u sujet de l'Escurial, je veux citer ce passage dans le texte même : H E perciô se ne sta dei conlinno ritirato alla sua fabbrica dell' Escuriale, la quale è situata nella costa d'un monte, fatta da lui con infinita spesa, poichè oltre aile superbe fabbriche che vi si veggono di fontane , di logge e di gallerie, vi si veggono anolie moite antichità notabili raccolte da tutte le parti dei mondo, con una nobilissima libreria. Vi è inoltre il famosissimo tempio di San I^orenzo officiato dai monaci di San Girolamo, che hanno meglio di 40,000 ducati d'entrata l'anno. E corne S. M. sente diletto incredibile di questo suo tanto delizioso luogo, cosi prova ramniarico grande, anzi intollerabile, che il principe (plus tard Philippe JII) non se ne diletti e non vi ponga cura, usando dire talora, per fargliene venir voglia, che queste sono fabbriche che non si fanno in un sol giorno, poichè a finirla vi sono andati .32 anni di tempo. » Relazione di Spa<jna di Francesco Vendramino, 1595, t. Y, série l""*^, vol. 111 de la collection, p. 465.

son père avait tenu mourant,... et sur un petit dressoir, tout près du lit, la couronne royale, par ses ordres, couvrait une tête de mort !

Agostino Nani, l'ambassadeur Aenitien, — l'un des derniers de ceux qui virent le Roi , — l'a peint par ces traits sobres mais profonds :

<i Le feu roi était religieux, juste, économe et pacifique. Mais la première qualité se tournait en raison cPEtat , la seconde en sévcrlh' cruelle, la troisième en avarice, la quatrième en prétention d'être Varbitre de la clirétienté. Le cardinal dq Séville l'ayant avisé que les confesseurs lui avaient rapporté que tous les pénitents étaient mécontents de Sa Majesté, elle répondit que, puisqu'ils avaient la langue déliée, il était bon qu'ils eussent les mains liées. Il savait shnulare et dissimidare . . . il a voulu régner jusqu'au moment de rendre l'âme... ^. »

Enfin, nous avons encore un autre et dernier portrait, un auti^e et dernier jugement. Il semblerait, en effet, que l'ambassadeur vénitien, qui était arrivé à la cour d'Espafjne peu de mois avant la mort du Roi , et qui depuis y avait fait un séjour de trois années sous le nouveau règne, aurait cru manquer à l'imposante mémoire du Roi trépassé, en même temps qu'aux devoirs de ses propres fonctions, s'il n'eût pas donné une nette et juste appréciation de la personne royale et des qualités politiques de Philippe II. Francesco Soranzo, cet ambassadeur, avec une habileté supérieure, nous a laissé des pages remarquables consacrées à un parallèle aussi ingénieux que solide entre

• Il già Re era religioso, {liusto, parco e pacifico. Ma la prima qualità si convertiva in ragion di Stato, la seconda in severità crudele, la terza in avarizia, la quaita in voler esser arbitre délia cristianità. Il cardinal di Siviglia disse alla M. S. che i confessori li referivano tutti i penitenti esser mal contenti di lei, ed essa rispose che poicliè avevano sciolta la lingua, erabene che avessero legate le mani. Sapeva slmulare e dissimulare, ed era pieno d'affetti, passioni ed interessi. lia voluto regnare sino al momento di render l'anima

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