‹ La dissolution des assemblés parlementaires;Chapitre 115 sur 144 · Casanova, loc, cit,, p · texte numérisé non relu

Casanova, loc, cit,, p

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tout à leur éloge; on sait que ce respect des minorités est un des soucis des parlementaires italiens, et qu'on trouve sa trace dans la loi électorale de 1882.

Le droit de dissolution a joué un rôle considérable depuis vingtsept ans que les Chambres siègent au Monte Gitorio. En aucun autre pays peut-être il n'a été aussi fréquemment employé, mais, sauf une exception, son rôle a été toujours le même, un remède contre le morcellement des partis. C'est là le grand mal dont souffre la Chambre des députés d'Italie : au lieu de deux ou trois grands partis formés sur des idées, un programme communs, on y rencontre une dizaine de groupes, composés de trente, quarante, cinquante membres, serrés autour d'un chef de valeur, auquel le ministère doit offrir des gages, et, s'il le peut, un portefeuille, pour obtenir les votes dont il dispose. A feuilleter les annuaires de législation et d'histoire, on constate qu'en un quart de siècle rien n'a changé et qu'un discours célèbre, prononcé par Minghetti en 1874, est toujours à refaire. Dans la Chambre dissoute, « la majorité était paresseuse, pointilleuse, prompte à se diviser sur les affaires de finances, sur des questions d'intérêts provinciaux ou des mesures de sécurité publique nécessaires en Sicile ou à Naples. Majorité traversée d'antipathies ou de rivalités personnelles, et M. Minghetti demandait au pays d'envoyer des députés animés d'un esprit de discipline, résolus à soutenir une politique *. » On croirait entendre M. di Rudini en 1896

Pour remédier à ce mal, tous les cabinets ont essayé de l'appe au pays par voie de dissolution de la Chambre : en 1874, en 1876, en 1880, en 1886, en 1890, en 1892, en 1895, en 1897, leurs chefs ont reproduit sans variante le discours de Minghetti ; sauf en 1876 ils n'ont jamais complètement réussi. En 1895, la majorité semblait

1. De Mazade, Chronique de la Revtie des Deux Mondes^ des 15 octobre et 1" décembre 1874. Dans une chronique du 15 octobre 1876, parlant de la nouvelle dissolution, M. de Mazade s'exprimait en ces termes : « Le ministère (Depretis) n'avait pas une majorité suffisante, surtout assez sûre, pour pouvoir se promettre une existence facile. 11 était dans Talternative de mourir comme il était né, par une coalition de circonstance, par une surprise du scrutin parlementaire, ou de demandera des élections générales une majorité moins incertaine... La vraie lutte est entre les diverses fractions libérales qui ont été ou qui sont au pouvoir; entre eux ce n'est qu'une aftaire de nuances, car tous soutiennent la politique de la monarchie constitutionnelle. »

plus ferme. M. Crispi pouvait compter sur deux cents voix de plus que ses adversaires ; les désastres d'Afrique ont réduit à néant ses espoirs de gouvernement.

Ces dissolutions se sont toujours présentées dans des circonstances identiques. Sur une question de confiance, presque toujours une question financière, souvent le vote d*un cinquième ou sixième douzième de budget, le cabinet, a obtenu une faible minorité, oa utie majorité plus faible encore * prête à se transformer en minorité. De suite il obtient un décret prononçant la dissolution delà Chambre et la convocation des électeurs dans le délai d'un mois^ La campagne électorale s'ouvre immédiatement, animée toujours, agitée parfois; mais elle n'atteint pas les masses électorales, et avant comme après la loi électorale de 1882, le nombre des votants n'a guère dépassé la moitié des inscrits. Sans exception, le ministère au pouvoir remporte une victoire, plus ou moins triomphante, mais toujours certaine, semble-t-il. Ses journaux la constatent à grands cris, mais bientôt les mêmes groupes se forment, se séparent les uns des autres et leur dislocation amène la chute du cabinet. A moins que celte division des partis politiques, qui rend difficile rexistence du ministère, ne l'entraîne à conserver le pouvoir par suite de l'impossibilité de le remplacer ^

Notons cependant, en 1882, une dissolution toute différente et d'une correction remarquable. Les lois du 22 janvier et du 7 mai avaient modifié profondément le régime électoral en étendant largement le droit de suffrage, et en établissant le scrutin de liste. Quoique ayant une belle majorité à la Chambre, M. Depretis estima que la Chambre ne représentait plus exactement les masses électorales modifiées par les nouvelles lois. Un décret du 2 octobre prononça sa dissolution. Le résultat fut favorable au ministère, ou à peu près.

Il n'y a qu'un mot k dire du Sénat, dont il n'est pas ironique de

1. Par exemple en 1892 une majorité de 9 voix dans laquelle il fallait comprendre quatorze ministres ou sous-secrétaires d'Étal, Annuaire de législation étrangère, 1893, p. 382.

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