UNE MONARCHIE SANS DROIT DE DISSOLUTION LA NORVÈGE
Seul de tous les monarques européens, le roi de Norvège n'a pas le droit de dissoudre le corps législatif; comme d'ailleurs il ne possède pas le droit de sanctionner les lois, mais de leur opposer un veto simplement suspensif, il se trouve souvent désarmé devant un Storthing énergique, et sa situation est inférieure à celle de tous les autres souverains. La raison de cette infériorité est toute historique.
Jusqu'en 1814, la Norvège était un royaume annexe du Danemark; le congrès de Vienne la donna à Bernadotte, roi de Suède, en compensation de la perte de la Finlande et en récompense de son intervention dans la guerre contre Napoléon. La Norvège commença par se révolter contre cette annexion; le 17 mai 1814, une assemblée réunie à Eidsvold vota une constitution, et choisit pour roi le prince Christian Frédéric de Danemark, gouverneur du pays. Après une courte guerre, le nouveau roi abdiqua la couronne, un Storthing extraordinaire se réunit, modifia sur quelques points la constitution à laquelle Charles XIII jura fidélité : elle prit la date du 4 novembre 1814*.
Cette constitution est un singulier mélange de dispositions empruntées' à divers pays, notamment aux États-Unis d'Amérique et à la France dans le régime adopté par la Constituante en 1791.
1. Voyez, sur la constitution norvégienne, Das Staaisrecht der vereinigten Kônigreiche Schweden und Norwegen, par Aschehoug, professeur à Christiania, Fribourg, collection Marquardsen, 1886. Nous sommes en outre redevables d'intéressants détails à M. Montan, publiciste à Stockholm.