LA NORVÈGE
Storthîng on de ses deux subdivisions, mais sans prendre part au vote » (article 74). Du droit de dissolution, il n*était mot.
Depuis lors et malgré cette revision, le régime parlementaire ne s*est pas entièrement introduit en Norvège; le gouvernement n'a pas encore admis, en théorie tout au moins, la responsabilité ministérielle, le droit de la majorité au Parlement de forcer le cabinet à se retirer. £n 1894, lors d'un conflit entre le ministère conservateur de M. Stang et les radicaux en majorité au Storthing, le Roi n'ayant pu s'entendre avec les chefs de la majorité pour la formation d'un nouveau conseil, a prié M. Stang et ses collègues de rester aux affaires bien qu'ils fussent mis en minorité au Parlement *. Pourtant le régime parlementaire tend à s'établir insensiblement. Les élections générales de l'automne 1897 ayant été défavorables au ministère Hagerup, M. Steen a été chargé, dès la rentrée du Parlement, de fournir un nouveau cabinet. M. Steen est le chef reconnu de la gauche et tous ses efforts seront d'accroître encore les droits du Storthing '.
Il est encore souvent question, dans les projets ou les espoirs de revision, du droit de dissolution; « le parti conservateur considère son absence comme un mal auquel il faut remédier ^ » et ne désespère pas de le faire inscrire dans la constitution; il aura peut-être du mal, les races du Nord sont tenaces dans leurs traditions et dans le peuple norvégien la tendance n'est pas à augmenter les pouvoirs, de la couronne; malgré tout, il existe une certaine défiance envers un roi plus suédois que norvégien ; la masse du peuple redoute une fusion plus intime des deux monarchies et résiste à créer de nouveaux droits en faveur de la royauté, par crainte qu'elle en use pour amoindrir l'autonomie de la Norvège.