Boutmy, loc. cit., p
3. Les conflits en matière de finances trouvent toujours une solution avant rexpiration de ^exercice; le pays serait sévère aux Chambres qui refuseraient le vote du budget.
4. Si aucune majorité ne se forme au premier tour de scrutin, la Chambre des représentants choisit le président parmi les candidats les plus favorisés, et dans ce cas il représente la majorité de l'assemblée; mais une telle occurrence est très rare. Nous n'entrons dans aucun détail sur l'élection présidentielle, renvoyant à l'ouvrage classique de M. de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, t. I, p. 221 et suiv.
ment du Président et travaillent sous sa direction, non sous Tinfluence du Parlement.
Le Président a, dans le domaine exécutif, les mêmes attributions que le Congrès dans le domaine législatif, c'est-à-dire les pouvoirs qui lui ont été expressément remis par la constitution; le Congrès vote les lois sur l'armée, le Président la commande; le Congrès établit les taxes, le Président les fait percevoir et gère les deniers publics; s'il a la direction des affaires étrangères, le Sénat en a le contrôle.
On le voit les deux pouvoirs sont parallèles, mais la constitution s'est efiforcée d'établir entre eux une séparation absolue, d'éviter le moindre contact, partant le moindre frottement. Les constituants de Philadelphie avaient la terreur d'un pouvoir exécutif trop fort; anglais d'origine, ils savaient que le gouvernement trop puissant tend à étouffer les représentants du peuple. Pour amoindrir son influence, ils avaient le choix entre deux procédés : confier aux assembléeis législatives la nomination et la révocation du Président, — ou séparer les pouvoirs exécutif et législatif de telle façon que le premier fût empêché par la loi d'empiéter sur le second. C'est à ce deuxième procédé qu'ils se sont arrêtés. Ils ont compris que cette division des pouvoirs ne devait qu'amoindrir à l'avantage du Congrès la puissance du Président. Peu leur importait de rendre moins fort le pouvoir exécutif, la situation géographique du pays le leur permettait. « Séparés du reste du monde par l'Océan, trop faibles encore pour vouloir dominer la mer, ils n'avaient point d'ennemis et leurs intérêts n'étaient que rarement en contact avec les autres nations du globe*. » Ils n'avaient point à se préoccuper de fortifier le pouvoir central pour qu'il pût résister aux efforts de l'étranger; aucune invasion n'était à craindre; un ennemi l'eût-il tentée, il aurait trouvé comme premier adversaire l'immensité du territoire.
Tout dans la constitution de 1789 tend donc à séparer les deux pouvoirs : s'ils ont même origine, — la votation populaire directe ou indirecte, — chacun reçoit son investiture distincte, est l'objet d'une