‹ La dissolution des assemblés parlementaires;Chapitre 7 sur 144 · Lefebvre, loc. cit,j p · texte numérisé non relu

Lefebvre, loc. cit,j p

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devoir strict et absolu; si elle résiste, elle commet un acte factieux, et 8À rébellion à la volonté populaire se tournera forcément contre elle *.

Un conflit peut s'élever non entre deux assemblées, mais dans le sein même d'une assemblée entre deux partis égaux en nombre, ou entre plusieurs partis dont aucun ne possède la majorité de la Chambre et qui luttent les uns contre les autres sans pouvoir s'entendre. Si le premier conflit est rare ', rien n'est plus fréquent que le second, et la plupart des Parlements européens sont afTectés de cet inconvénient. Le nombre des questions discutées, les nuances diverses que comportent leurs solutions, le combat de l'esprit réactionnaire et clérical, de l'opinion libérale, des tendances socialistes, ont abouti partout à un véritable émiettement des partis.

Ce morcellement présente de grands dangers; il rend souvent le gouvernement impossible, le parti au pouvoir étant à chaque éventualité mis en minorité et remplacé par un de ses adversaires, incapable lui-même de conserver le cabinet, parce qu il succombera à son tour devant une coalition. Il ne peut se former dans la Chambre qu'une majorité de combat et non une majorité de gouvernement. Si un ministère de concentration parvient à se créer, son chef s'efTorcera de louvoyer entre les partis, de s'acquérir l'appui de tel député qui dispose d'un certain nombre de voix, quitte à s'aliéner tel autre qui n'a qu'une moindre influence. La politique d'action et de questions générales sera remplacée par une politique de groupes et de séductions personnelles; il est à craindre que la conscience publique s'énerve et que le Parlement tombe dans le discrédit général.

A ce danger, la dissolution apporte un remède qui paraît à première vue excellent, le remplacement d'une Chambre impuissante par une assemblée nouvelle qu'instruits par l'expérience les électeurs enverront différente. Mais le remède est souvent moins efficace qu'il le semble, car le mal est plus profond et réside dans le pays : la

1. Duguit, Le Sénat et la responsabilité miDistérielle, Revue du Droit public, t. I, p. 426.

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