‹ La dissolution des assemblés parlementaires;Chapitre 89 sur 144 · Grenville, Pap€7^s, t. IV, p · texte numérisé non relu

Grenville, Pap€7^s, t. IV, p

3. En 1769, la Chambre refusait de recevoir le serment du député Wilkes. Londres et Westminster déposèrent une adresse réclamant la dissolution et se terminant en ces termes : « 11 arrive un moment où l'on voit clairement que les

* hommes ont cessé d'être des représentants. Nous sommes à ce moment-là.

• La Chambre des communes ne représente pas le peuple. >* Green, Histoire du Peuple anglais, t. II, p. 353.

4. En 1841, la dissolution fut prononcée le lendemain de la prorogation du Parlement; en 1852, le jour môme.

Parlement à voler les bills urgents. Ce principe a été affirmé en 1852 et en 1868 par plusieurs hommes d'État. Au printemps de 1852, lord Derby laissa entendre aux communes qu'il demanderait leur dissolution à Tautomne. Lord John Russell, lord Paimerston, M. Gladstone, le duc de Newcastle protestèrent avec énergie contre ce délai exagéré, et déclarèrent que u conformément à la constitution, les ministres devaient donner l'assurance que la dissolution aurait lieu dès que les intérêts publics le permettraient ». Lord Derby se conforma en partie à ces réclamations. En 1868, même discussion se souleva, et M. Disraeli annonça dès le mois de mai la dissolution qu'il ne prononça qu'en automne; mais il fut vivement critiqué : « On vit, dit M. Todd, pendant plusieurs mois, ce spectacle sans précédent et contraire à la constitution, d'un ministère gardant le pouvoir par tolérance et incapable d'exercer quelque contrôle effectif sur les actes des Communes; cette situation était, sans contredit, en désaccord avec les premiers principes du gouvernement parlementaire*». Souvent, toutefois, la dissolution projetée ne peut être immédiatement prononcée; il peut être nécessaire de voter des crédits ou des bills urgents, et, par une sorte de trêve des partis, ministériels et opposants s'empressent de « déblayer » en commun l'ordre du jour de la Chambre. Nous ne connaissons rien d'aussi correct et loyal que l'accord passé à ce sujet entre le chef du cabinet et le leader de l'opposition. Mettant de côté pour quelques jours leurs discussions, tous deux recherchent d'un commun accord quelles mesures sont réclamées instamment par les services publics et doivent être adoptées par la Chambre avant sa dissolution. « Il esi contraire à tous les usages et à l'esprit de la constitution, disait un homme d'État, qu'un gouvernement puisse choisir, sans le concours de l'opposition, les mesures qu'il convient de soumettre à un Parlement condamné*. » Il serait aussi incorrect pour le chef de l'opposition d'apporter quelque embarras au chef du cabinet : son rôle est au contraire d'aider le gouvernement pour hâter les nouvelles élections ^

1. Todd, On parliamentai^ government in England, t. II, p. 412.

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