Voyez supra, p
contre eux; l'opinion de la Chambre des Communes ne pouvait être affirmée que par les députés; il était d'usage de saisir la première occasion d'obtenir un vote décisif sur le sort du ministère; en réponse au discours du trône, une adresse proposée par Topposition déclarait que les conseillers de la Couronne n'avaient pas la confiance de la Chambre*. Une nouvelle tradition semble se former par le départ des ministres avant même la réunion du Parlement. En 1880, les nouvelles élections ont été fatales aux tories; lord Beaconsfield s'est retiré immédiatement, et le Parlement réuni trente-six jours après la dissolution du précédent, s'est trouvé en présence du cabinet whig présidé par M. Gladstone. Pareil procédé a été employé en 1885 et 1886.
Il est d'ailleurs à remarquer que la dissolution entraîne très fréquemment la chute du ministère; c'est l'ordre logique des choses; dans le parlementarisme anglais pur, reposant sur l'antagonisme de deux partis, une Chambre des Communes doit rester fidèle au cabinet tant qu'elle n'est pas dissoute; pour peu que la majorité soit importante, les éléments nouveaux introduits par les élections partielles ne suffiront pas pour la modifier. Or, six années, durée ordinaire des Parlements *, constituent un long espace de temps, et les partis au pouvoir s'usent facilement ; il est à redouter que, par le seul fait de leur gouvernement, ils aient soulevé dans le pays des craintes et des haines qui se feront place au jour des élections et entraîneront leur chute. On a d'ailleurs observé que plus un cabinet retarde la dissolution, plus son échec est certain. Lord Melbourne ne donnait pas d'autre cause de sa chute en 1841 '.
Dans le courant du siècle, ce balancement des partis s'est reproduit presque périodiquement, liien ne pourrait mieux faire comprendre l'importance du rôle joué par la dissolution. Le Parlement étant tout-puissant, les nouvelles élections remettent tout en question, et de leur sort dépendra peut-être la constitution même du