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Sous l'influence de la diurèse provoquée, deux choses intéressantes à considérer :
1° L'orthostatisme diminue légèrement la diurèse (550 ce excrétés au lieu de 600 cmc). Le clinostatisme la favorise (700 ce pour 600 cc.), celà n’est pas fait pour nous surprendre, car l’ingestion d’eau matinale, surtout en position couchée, provoque une polyurie momentanée qui nous redonnera, au bout des deux heures qui suivent cette ingestion, un volume d'urine égal ou même dépassant jusqu'à 950 pour cent le volume d’eau ingérée.
Donc, l’eau passe bien en deux heures et l’attitude n’a sur la diurèse qu’une action minime.
29 A cette polvurie correspond un abaissement de la densité urinaire, qui tombe à 1005 environ ; un abaissement du taux des chlorures et du taux de l’urée, Cet abaïssement du taux des matières excrétées, n’est d’ailleurs que relatif à la plus grande dilution et la quantité absolue est en augmentation.
Il découle de ces considérations que si, chez un sujet, l’ingestion matinale d’eau provoque une polyurie rapide proportionnelle à l’ingestion, si cette polyurie s'accompagne de diminution de la densité urinaire et si, d'autre part, le rythme urinaire est normal, on peut en conclure que ce sujet est normal, tant au point de vue de l’appareil circulatoire que de l’appareil rénal.
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B. Cas où l'élimination urinaire est modifiée par altération des fonctions rénales
L’ingestion d’eau modifiera peu ici la diurèse matinale souvent anormalement abondante, et le phénomène primordial sera de n'avoir aucune polyurie provoquée, les liquides subissant un retard prolongé d'élimination.
Le changement de position influe peu ou pas sur la diurèse et d'autant moins que les reins sont plus altérés ; c’est là, la vérification de la loi d’Albarran : le rein malade ne réagit que d’une manière fixe et uniforme aux agents excitants de la sécrétion rénale.
Le rein lésé ne s'adapte plus au besoin d’éliminer, il a perdu sa « souplesse fonctionnelle » comme a dit quelqu'un et n’élimine que par sa « capacité fonctionnelle » considérablement réduite. C’est cette capacité fonctionnelle elle-même que nous fait connaître la polyurie provoquée, car, quelle que soit la quantité d’eau que l'observateur introduise dans l’organisme, le rein malade, ne pouvant laisser passer que quelques centimètres cubes en un temps déterminé, ne change pas son rythme, sa capacité réduite.
Nous ne pouvons mieux illustrer cet exposé qu’en rapportant les quantités d’urines recueillies après diurèse provoquée chez notre malade n° X : 70 cc en orthostatisme et 90 cc. en clinostatisme. L'eau passe très peu et l'attitude n’a qu’une légère influence.
L’eau et les chlorures éliminés sont d’ailleurs conséquence logique de l’uniformisation et du ralentissement du rythme urinaire, Ils sont, à l'inverse de
l’état normal beaucoup moins abondants pendant la période diurne (9 h. à 21 h.) que pendant la période nocturne, il y a pléïonurie et pléiochlorurie nocturne.
La courbe de la densité et des chlorures ne suit pas une marche parallèle, comme à l'état normal, mais elle peut varier en sens inverse.
Nous verrons une plus grande densité la journée que la nuit (1012 contre 1010), correspondant à une élimination nocturne des chlorures plus grande que celle de la journée (8,60 contre 7,80) ce chiffre 7,80 coïncidant avec la grande densité (ces chiffres étant ceux de notre observation n° X).
Le chiffre de la densité reste d’ailleurs très abaisse et assez fixe, surtout dans les altérations rénales graves (1008 et 1010 pour la nuit, dans l'observation n° X).
En résumé chez le rénal, l’eau passe aussi difficilement dans la position couchée que dans la position debout. L’eau ingérée n’augmente pas la diurèse, car le rein ne secrète qu’au compte goutte. La densité ne s’abaisse pas sous l'influence de cette diurèse provoquée, elle reste uniformément basse, car le rein ne réagit plus aux excitations extra-rénales. Voilà somme toute, l'exposé fidèle de notre observation n° X, portant sur un cas de néphrite chronique, à la fois azotémique et hypertensive.
À côté de ce cas avancé de néphrite chronique, l'épreuve nous a permis de déceler un certain nombre de petites insuffisances rénales : c’est ce que nous exposerons dans un paragraphe suivant (voir déductions diagnostiques et valeur de la méthode ).