‹ La Diurèse provoquéeChapitre 14 sur 26 · TU · texte numérisé non relu

TU

C. Cas où l'élimination urinaire est modifiée par des troubles de l’'hydraulique circulatoire

Tout autres sont les résultats obtenus chez les cardiaques, et nos observations n° IT, n° III et n° VIII én sont la preuve tangible.

Au contraire des sujets atteints de sclérose rénale, la polyurie provoquée peut être satisfaisante et même très abondante dans la station couchée, mais, et c'est la notion capitale de l’épreuve, elle est toujours diminuée dans la stalion debout, l’orthostatisme, comme nous l’avons déjà vu par ailleurs, ayant pour effet de permettre à la pesanteur de renforcer l’action retardante des facteurs extra-rénaux sur la circulation des liquides, ce retard pouvant aller jusqu'à supprimer la polyurie provoquée obtenue dans le clinostatisme. Ainsi le malade dont il est question dans notre observation n° VIII, n'élimine en position debout que quelques centimètres cubes d’urine, alors que couché, il a éliminé 350 eme. soit, plus de la moitié de l’eau ingérée- Le malade n° IX élimine en orthostatisme 160 cemc. pour 400 en position couchée ; le malade n° II dont nous reparlerons d’ailleurs dans la suite, fournit au bout de quelques jours de traitement, une seconde épreuve positive, en ce sens que pour une diurèse de 200 cme, en position debout, nous obtenons une diurèse de 600 cmc. en position couchée.

A un autre point de vue, des constatations intéressantes nous sont fournies par la considération du rapport nycthéméral, la quantité d’urines est plus

Pure

abondante dans la période nocturne que dans la période diurne ; il y a pléïonurie nocturne, mais cette pléïonurie est moins marquée que chez les rénaux, et cependant, au contraire des rénaux les chlorures éliminés sont plus abondants au cours de la journée : il ÿ a done élimination hydrochlorurée dissociée, soit pléionurie nocturne avec pléïochlorurie diurne (0bS n° R0)

Quant à la densité, elle nous sera d’un précieux secours dans les cas où les variations dues à l’attitude nous renseigneront imparfaitement.

La densité suivra l'élimination des chlorures, elles se rélèveront toutes deux pendant le jour. Elle sera en outre d'autant plus élevée que l’oligurie sera plus marquée, mais elle se maintiendra toujours élevée, à l’encontre de ce qui se passe chez le rénal où elle est toujours basse ; et la diurèse provoquée, chez le cardiaque, ne fera pas baisser le chiffre de la densité ; bien au contraire, nos observations prouvent que chez les sujets où la diurèse provoquée ne donne que peu d’urines, la densité urinaire va encore en augmentant au lieu de s’abaisser comme chez l’homme sain.

Prenons l’observation n° II et suivons la densité, 1018 le jour, 1020 la nuit, 1021 après la diurèse ; le lendemain 1005 le jour, 1005 la nuit, mais 1010 après la diurèse provoquée

Plus suggestive encore est l'observation n° III, les chiffres de la densité urinaire correspondant à une oligurie très marquée sont très élevés et presque invariables : 1033 la nuit, 1034 après diurèse ; 1030

la journée suivante, 1026 la nuit et 1035 pendant la diurèse du clinostatisme.

Cette fixité dans la densité élevée est une des caractéristiques d’une insuffisance cardiaque avancée ; elle est un élément de diagnostic, mais aussi de pronostic et l’on pourra voir en lisant cette observation n° III que le malade en question est mort 2 mois après notre examen.

En résumé, chez le cardiaque, l’eau ne passera pas en position debout, alors que la polyurie en clinostatisme sera satisfaisante. La densité urinaire sera élevée et relativement fixe, elle ne s’abaissera pas, ou peu, pendant la polyurie provoquée.

Page 1