AVES
lors de la première épreuve, l’écart entre la diurèse debout et la diurèse couché était peu important et que cependant nous avions dù admettre par la suite, que ce malade était un cardiaque.
On a souvent affaire, en effet, à des asystoliques dont l’état d'insuffisance du myocarde est tel, que les quantités d’urines émises dans les deux positions, après ingestion d’eau matinale, sont toujours minimes. Va-t-on en faire des rénaux ? C’est là, la faute à éviter. Déjà, le seul examen de la densité pourra mettre sur la voie, on se rappellera que, chez le cardiaque, cette densité urinaire est toujours élevée et de fait, nous l’avons trouvée telle chez tous nos cardiaques. Mais le meilleur moyen d'obtenir une diurèse convenable et sur laquelle on puisse tabler de facon certaine, est de ne pratiquer l’épreuve, en pareil cas, qu'après avoir remis le cœur en état par la digitale.
C’est ce que nous avons fait pour un de nos malades (observation n° II) qui éliminait debout 100 eme. et en position couchée 170 cc : donc écart minime. Mais la densité se tenait assez fixement aux environs de 1018 ; nous avons soumis notre sujet au traitement classique des cardiopathies (ventouses, purgatifs, digitaline) et dix jours après, il éliminait debout 200 cc. pour 600 cc. couché. On se trouvait en face d’un cardiaque pur.
D'où le conseil de toujours donner, en cas douteux et présumé insuffisance cardio-vasculaire, de la digitale avant de pratiquer, à nouveau, l'épreuve de la diurèse provoquée,
Restent les cas mixtes, où l'association entre les troubles rénaux et les troubles extra-rénaux est tellement étroite, qu'il est délicat de démêler la part de l’un et de l’autre.
Jl est rare que l’on n’y parvienne pas, en utilisant toutes les données de la diurèse provoquée et en la faisant précéder au besoin d’un traitement digitalique (témoin notre observation n° XII ci-dessus exposée). S1, après ce traitement, le malade s'améliore, on retombe dans les cas précédents, et la discrimination devient possible, puisqu'en réalité il s'agira d'un cardiaque. Si, au contraire, il ne s'améliore pas sous l'influence de la digitale, la discrimination reste impossible ; mais, cette difficulté de faire la dissociation des deux facteurs pathologiques devient alors un élément de pronostic, car on comprend bien que le cardiaque rebelle à la digitale et dont les reins sont en presque totalité imperméables aux liquides, ne peut longtemps survivre à son asystolie.
Il n’en reste donc pas moins vrai, que le principal avantage de cette méthode est de nous permettre de dissocier l’élément rénal de l'élément cardiaque chez les cardio-rénaux.
Qu'il s’agisse de brightiques dont le myocarde a cédé, qu'il s'agisse de cardiaques dont une lésion rénale latente possible s’exaspère sous les poussées congestives, qu'il s'agisse d’un néphroscléreux hypertendu qui force son « cœur rénal », il est intéressant d’avoir une méthode simple et clinique, capable de déceler la part du cœur et la part du rein. Mème dans certains cas limites où une imperméabilité totale