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DÉDUCTIONS THÉRAPEUTIQUES

Si la diurèse provoquée amène à d’intéressantes conclusions diagnostiques, il n’est peut-être pas inutile de souligner aussi les indications qu'elle apporte à la thérapeutique.

Notre intention était de rechercher quel parti la clinique pouvait retirer de la diurèse provoquée au point de vue particulier du traitement des grands syndrômes rénaux, mais nous devons regretter que nos observations ne soient pas suffisantes actuellement, pour tirer des conclusions en ce qui Concerne spécialement la préférence à donner chez un malade déterminé, à telle médication (scille, théobromine, digitale, etc.). Mais nous pouvons d’ores et déjà, nous basant sur les travaux de nos devanciers et sur les nôtres tirer les conclusions suivantes :

La thérapeutique à appliquer chez un cardio-rénal donné, trouve dans la diurèse provoquée un point de départ des plus sûrs, puisque celle-ci nous permet de déterminer l’origine cardiaque ou rénale des accidents à combattre ; il n’est pas indifférent de traiter un œdème cardiaque par le traitement digitalique, plutôt que par la théobromine.

D'autre part, la diurèse provoquée permet, en nous dévoilant un écart persistant entre la diurèse en

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orthostatisme et la diurèse en clinostatisme, même après plusieurs traitements digitaliques, de contrôler l'efficacité de ce traitement et elle indique ainsi au médecin que le traitement fait n’est pas suffisant et qu'il y a lieu de soumettre de nouveau le sujet à une thérapeutique cardio-tonique active.

Au point de vue de l’action diurétique de la digitale elle apporte une bonne confirmation de l'effet diurétique occasionnel de ce médicament, qui. n’agit sur la diurèse qu'en rétablissant l’hydraulique circulatoire par son action toni-cardiaque (suppression de la stase sanguine et disparition de l’oligurie).

La diurèse provoquée qui donne à l’observateur tous les renseignements désirables sur le rythme de ja sécrétion uréïque, apporte une indication formelle à l'emploi de la scille, chaque fois que le chiffre de . l’urée urinaire est inférieur à la normale, ou que le taux de l’urée sanguine est en augmentation.

Mais c’est surtout au point de vue régime des boissons que cette épreuve est susceptible de fournir de précieux renseignements.

Nous avons vu que le cardiaque élimine l’eau difficilement, qu'il l’élimine cependant beaucoup mieux en position couchée ; nous sommes alors en mesure de faire d’une façon scientifique ce que faisait empiriquement Huchard : nous réduirons la quantité des liquides et nous conseillerons au cardiopathe de boire dans la position couchée, qui est susceptible de favoriser l'élimination des liquides ingérés.

Le rénal, lui, n’a plus un rein assez souple pour s'adapter aux surcharges liquides ; sa capacité sécré-

toire est réduite ; il élimine d’une façon ralentie et uniforme ; dès lors cette notion de fractionner les ingestions de liquides, d’en faire des prises aussi petites que possible et, pour cela, un élément de mesure commode, sera de rapporter les quantités de boissons à ingérer aux quantités d’urines éliminées pendant les deux heures de la diurèse provoquée. On ne donnera, par exemple, pas plus de 100 cc. de liquide en 2 heures au malade qui aura éliminé 100cc. dans les deux heures suivant la prise d’eau matinale de l'épreuve.

En résumé, le cardiaque doit réduire ses boissons ; il aura avantage à conserver la position couchée, pour mieux éliminer. Le rénal devra fractionner les prises de liquides et en régler la quantité d’après la plus ou moins grande capacité éliminatoire de ses reins.

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