‹ La divination et la science des preśages chez la ChaldéensChapitre 16 sur 40 · XXI · texte numérisé non relu

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(3) Dans mon Choix de textes, n° 87.

(4) M. de Long'périer et M. de Witte ont établi par le témoignage des représentations d’un cylindre que le poisson était quelquefois, chez les Babyloniens, la victime offerte aux dieux dans le sacrifice : Bidlet. archéol. de VAthénæum français, 1855, p. 101 ; 1856, p. 36 et suiv. Cf. encore les représentations des cylindres dans Lajard, Culte de Mithra, pl. XVII, n“® 4 et 10.

ces animaux, prenait une signification différente; malheureusement une fracture a enlevé l’indication de la nature précise du signe et ses interprétations. Le second (1) se rapporte aux indices à tirer de l’aspect et de la couleur des intestins des animaux sacrifiés, et spécialement, semble-t-il, de l’âne ou du mulet. (( Si les intestins de l’âne à droite sont noirs, — à gauche sont noirs, — à droite sont bleuâtres et bleuâtres leurs replis, — à gauche sont bleuâtres et bleuâtres leurs replis, — â droite sont de couleur sombre, — à gauche sont de couleur sombre, — à droite sont cuivrés, — à gauche sont cuivrés, » ce sont là autant d’apparences qui fournissent des augures pour les saisons, pour les vicissitudes du pays ou pour le roi. Dans ce fragment, les interprétations sont conservées en partie, mais en général assez difficiles à comprendre, comme tous les textes du môme genre, par suite de la nature même de l’orthographe, principalement idéographique. En voici pourtant quelques échantillons ;

Si dans les intestins d’un âne (ou d’une bête de somme en général), â droite, il y a comme des empreintes, inondation.

(l) Lajard, Culte de Mit/ira, pl. XVll, n“ 88.

CHEZ LES CIIALDEENS

Si dans un àne les intestins, à droite, sont tordus et y noirs, le dieu produira de l’accroissement dans le pays ij du seigneur;

Si dans un âne les intestins, à gauche, sont tordus et 3 noirs, le dieu ne produira pas d’accroissement dans le B pays du seigneur ;

Si dans un âne les intestins, à droite^ sont tordus et. ... , I Bin (le dieu de l’atmosphère et des pluies) arrosera le pays 3 du seigneur;

I Si dans un âne les intestins, à gauche, sont tordus et...., i Bin n’arrosera pas le pays ;

î Si dans un âne les intestins, à droite, sont tordus et ‘ bleuâtres, les pleurs entreront dans le pays du seigneur;

Si dans un âne les intestins, à gauche, sont tordus et J bleuâtres, les pleurs n’entreront pas dans le pays.

j On voit que l’apparence du côté droit et celle 'du côté gauche ont toujours les deux significations opposées sans qu’il y ait un côté décidément et

! constamment funeste; pourtant les signes du côté gauche sont plus rarement des présages favorables que ceux du côté droit. D’autres prédictions sont I ensuite tirées de l’intérieur de l’intestin, que Ton I ouvrait, paraît-il, après l’avoir d’abord examiné t: extérieurement :

Si l’intérieur de l’intestin, à gauche, offre des fissures, î discordes.

• Si l’intérieur de l’intestin, à droite et à gauche, offre des fissures, discordes.

Si l’intérieur de l’intestin, à droite et à gauche, est noir, éclipse.

Des deux fragments encore inédits dont j’ai la copie sous les yeux en écrivant et que je compte publier plus tard, bun a trait à l’inspection du foie (1), Vhépatoscopie^ comme on disait chez les Grecs, qui constituait la partie la plus importante de baruspicine dans le monde classique (2) et aussi plus anciennement chez les Ghaldéens, comme le prouve ce qu’Ezéchiel dit de Nabuchodorossor. Le morceau est peu étendu, trés-mutilé ^ toutes les explications augurales ont disparu. Il ne reste plus que bénoncé des cas, qui comprennent le plus ou moins grand développement de bun ou de l’autre des lobes du Ibie, ou de tous les deux en même temps, l’atrophie complète du lobe droit ou du lobe gauche (3), la couleur noire, bleuâtre, grisâtre, cuivrée ou rouge de bun des côtés de ce viscère ou de tous deux;

(1) Désigné par le signe BIS, qui est expliqué kabadtuv dans W. A. I. ii, 36, 1. 53.

(2) Artemidor. Oneirocrit. II, 74; Gicer. De divinat. II, 13 ; Sueton. Aiigust. 95 ; Senec. OEdip. v. 360.

(3) Ce sont des signes de ce genre qui annoncèrent la mort d’Alexandre et celle d’Héphestion : Arrian. Anabas. VU, 18.

CHEZ LES CHALDÉENS

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venaient après des indications tirées de l'aspect et du développement de la vésicule biliaire. Plus mutilé encore est le dernier fragment, mais il en reste assez pour voir que la section du grand ouvrage, dont il provient, avait pour objet l’examen des poumons chez différents animaux 5 on distingue la mention de ceux d’un cheval, d'un âne, d’un boeuf, d’un mouton, d’un chien et d’un lion.

C'est évidemment de Babylone que cette prétendue science de l’aruspicine se répandit dans tous les pays voisins, au nord dans l'Arménie et la Gommagène (1), à l’ouest dans la Phénicie, d’où elle passa à Carthage (2), dans la Palestine (3), où le Deutéronome (4) défendait aux Hébreux de la pratiquer. Mais c’est surtout en Asie Mineure qu’elle prit un grand développement, dans toute la contrée (5) et particulièrement dans la ville de Telmissus, dont les habitants, à cause de leur habileté dans ce genre de divination, en furent regardés par quelques-uns

(1) Juven. VI, V. 549.

(2) Gicer. De divinat. II, 12.

(3) Tacit. Histor. II, 78,

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