LA BÉLOMANCIE ET LES SORTS
A côté de l’observation des présages et des prodiges terrestres, constituée en véritable science, les Ghaldéens avaient conservé, comme un vestige de leurs usages primitifs ^ le procédé le plus simple et le plus rudimentaire de divination, celui par lequel cet art a commencé et qu’on retrouve aux origines de presque tous les peuples (1), l’emploi des sorts. Mais ce n’ était pas au moyen des dés qu’ils consultaient le sort, comme les Grecs (2) dans les thrie^ de
(1) Voy. H. Wiskemann, Devariis oraculorum generibus apud Grœcos, p. 19; Maury, Histoire des religions de la Grèce, t. II, p. 441.
(2) SchoL ad Pindar. Pyth. IV, v. 337, ed. Bœckh. L’invention de ce genre d’oracles était attribuée à Minerve : Zenob. Cent.N, 73; Steph. Byz. v. 0pta.
Delphes (1), à l’oracle d’Athéné Sciras, près d’Athènes (2), ou à celui d’IIercule à Dura (3), et les Italiotes à l’oracle de Géryon^ à Padoue (4).
Le procédé particulier des Ghaldéens est indiqué par un curieux passage d’Ézéchiel (5), où le prophète représente Nabuchodorossor partant pour une expédition et hésitant encore sur le point où il fera porter sa première attaque ; « Le roi deBahylone s’est arrêté sur le carrefour, à la tète des deux routes 5 pour consulter le sort de la divination, il a mêlé les flèches, il a interrogé les idoles. » Saint Jérôme, commentant ce passage, dit : « Il s’arrêtera sur le carrefour et consultera l’oracle suivant le rite de sa nation, plaçant des flèches dans un carquois et les mêlant, après les avoir inscrites et marquées des noms de ses différents
(1) Zcnob. /. c.; Steph. Byz. l. c.; Hesych. v. Opta; Suid. V. nuOci; Lexic. rhetor. «p. Bekkcr, Anecd. graec., p. 363 ; cf. Lobeck, Aglaopham. p. 814 et suiv.
(2) Pollux, IX, 96; Eustath. ad. Homer. Odyss. A, V. 107; Phot. Lexic. v. Sxtpacpca; Etym. Magn. v. Szstpa. Gf. Roulez, Vases peints du musée de Leyde, p. 9; et ma Monographie delà Voie Sacrée Èleusinienne, t. I, p. 183 et suiv.
(3) Pausan.VI, 23,6.
(4) Sueton. 7Véer.XIV, 4; voy. de Witte, Ann. de h Inst. Arch. t. II, p. 138 et 297.