‹ La divination et la science des preśages chez la ChaldéensChapitre 5 sur 40 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

des magiciens de Pharaon, dont il est à plusieurs reprises question dans les poésies homériques (1), la virgula clivina de Cicéron (2), sur laquelle a disserté Proclus dans son Traité de La magie; elle n en est qu une variété, ou plutôt le rôle divinatoire est un des emplois de la baguette du magicien. Or, cette dernière baguette jouait un grand rôle dans la magie chaldéenne. Ici je dois combler une lacune grave de mon précédent ouvrage sur Part magique des Accads, où il n’en était pas question (8)5 et, pour rendre à chacun ce qui lui appartient, je dirai que c’est M. Sayce qui m^a éclairé sur le sens de Pexpression, fréquemment employée dans le grand recueil magique, qui désigne la baguette à la puissance mystérieuse. Cette expression, que le traducteur assyrien transporte toujours purement et simplement dans son nouveau texte, comme si elle

(1) Odyss. K, V. 238, 293, 318, 389; n, v. 172.

(2) Epist. adAttic. I, 44.

(3) Puisque je suis en train, dans ce chapitre, d’additions et de corrections à mon livre sur La magie chez les Chaldéens^ j’ajouterai à ce que j’y ai dit des nœuds magiques (p. 38), ce passage que j’avais négligé, et qui en prouve l’emploi par la sorcellerie malfaisante comme par la magie propice :

« Silik-moulou-khi, fds d’Eridhou, coupe le nœud de ses mains sublimes. » W. A. I. iv, 8, col. 3. 1. 40 et 41.

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gardait son nom accadien sans être rendue par un équivalent sémitique, est gis-zida (1), « le bâton propice, à l’action favorable. » Le titre de Nin-giszida, « la Dame de la baguette magique », est une des désignations de la déesse qu’on appelait en accadien Nin-ki-gal, « la Dame de la grande terre » , c’est-à-dire de la terre des morts (2), et en assyrien Allât, la reine du sombre empire et, par suite, la déesse, par excellence, de la magie et de la nécromancie (3). Le mois d’ab appartenait à Allât, dame de la baguette magique (4).

(1) Il faut lire ainsi, et non iz-zida^ car le signe de «bois », dont la lecture paraît bien être iz quand il a le sens d’ « arbre », doit certainement être transcrit gis quand il s’emploie pour dire « bâton, morceau de bois. »

(2) L’ accadien ki-gal est traduit en assyrien binitu, « la fosse » du tombeau.

(3) C’est ce qui résulte de W. A. L ii, S9, verso, 1. 36, et du n“ 99 de mon Choix de textes.^ verso, 1. 7.

En conséquence, la version que j’ai précédemment donnée [La magie chez les Chaldéens, p. 1S8) de l’invocation adressée au taureau de gauche de la porte des enfers (W. A. I. IV, 23, 1) doit être ainsi rectifiée :

« Tu es le taureau engendré par le dieu Zî; — c’est toi qui portes les zones du Tombeau où résident les morts ; — pour l’éternité la Dame de la baguette magique t’a placé. »

Je ne savais alors que laire de ce nom de Nin-gis-zida, que je lisais à tort Nin-iz-zida.

(4) Smith, History of Assurbanipal^ p. 323.

La bélomancie décrite par Ezéchiel n était pas le seul moyen que les Ghaldéens employassent pour chercher à connaître l’avenir par une consultation du sort. Ils usaient encore d’un autre procédé, dont les flèches étaient aussi rinstrument, et auquel un chapitre spécial était consacré, comme nous le verrons tout à l’heure, dans un des traités de science divinatoire conservés dans la hihliothéque de Ninive (1). Celui-ci consistait à lancer avec l’arc des flèches dans une certaine direction et à tirer une indication de la plus ou moins grande distance où elles avaient porté, ainsi que de la manière dont elles étaient tombées. Au témoignage deMohammedhen-Ischâq En-Nedîm (2), les Sahiens de Harràn, héritiers d’une grande partie des pratiques de Eancien paganisme chaldéo-assyrien , célébraient une fête dans le mois de khaziran, où un prêtre lançait au hasard douze flèches garnies d’étoupes enflammées et prédisait Lavenir d’après leur chute. Le Kitàh-al-fihrist (3) signale plusieurs traités sur cette divination par le jet des flèches, dont un attri-

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