‹ La divination et la science des présages chez les ChaldéensChapitre 3 sur 38 · XXXI · texte numérisé non relu

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chez les Alains. Nous venons de le voir dans l'ancienne Italie.

On consultait le sort des flèches sur une question déterminée, ou pour choisie entre deux partis qui se présentaient également b. la décisioa. C'est ce que montre très-hien le passage d'Ezéchiel. Ce n'est pas la divination par les flèches qui a promis la victoire a Nabuchodorossor ; ce n'est pas sur la foi de cet augure qu'il a mis son armée en mouvement et qu'il a déterminé le moment propice du départ. Poi^r cela, il a certainement fait comme tant de rois d'Assyrie, qui le racontent dans leurs annales olhcielles : il a consulté, par le moyen de leurs interprètes autorisés, les astres et les présages. Ce qu'il demande seulement aux flèches fatidiques, c'est de lixer son choix pour la première attaque et de déterminer la ville sur laquelle il doit faire d'abord tomber ses coups. L'emploi de la bêlomancie avait donc un caractère spécial, ses oracles une signification restreinte. C'était un genre de divination secondaire, -qui n'avait ni l'importance, ni la valeur réellement révélatrice des destinées futures qu'on attribuait à l'observation des présages naturels, interprétés d'après les règles de la science auguiale.

Il importe, du reste, de ne pas confondre la divi-

nation dont nous venons de parler, parles flèches ou les baguettes tirées au sort, avec Temploi de la baguette divinatoire, dont les mouvements, censés spontanés, entre les mains du sorcier ou du devin, révèlent l'existence des trésors cachés ou servent à prédire Favenir. Cette superstition, dontrorigine se lie bien plus aux idées magiques qu'à la divination proprement dite et à la prétendue science augurale, s'est maintenue très-tard dans notre Occident} presque jusque dans ce siècle elle a eu des croyants, même parmi les gens instruits et lettrés, et on la trouve encore vivante dans les campagnes d'une grande partie de l'Europe. On ferait une bibUothèque avec les écrits auxquels elle a donné lieu, pour et contre, depuis l'invention de Timprimerie.

Nicandre (1) nous la montre en usage chez les Grecs j Jamblîque (2) y croit fermement. C'est sans doute cette baguette divinatoire qui est mentionnée dans un document lexicographique (3) sous le nom accadien de gi namneru^ « roseau du sort », traduit en assyrien par kilkilluv (de la racine SSd)^ ^^^ mamitiy « roseau du sort », et qan pasari^ « ro-

(1) Theriac.,\. 613.

(2) De Myster. jEgypt,, III, 17.

(3) W. A. I. II, 24, 1, recto, 1. 2-4.

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seau d'explication, de révélation ». Elle devait, en efiet, être connue et employée chez les Ghaldéens, puisque nous la trouvons chez les populations de la Palestine à une époque où toutes leurs superstitions magiques et augurales se rattachaient à la source chaldéo- babylonienne. Ainsi le prophète Osée (1), parlant au nom de Jéhovah, s'écrie :

Mon peuple consulte un morceau de bois, un bâton doit lui prophétiser; induits en erreur par Tesprit de fornication, ils se sont prostitués loin de leur dieu.

Une autre allusion au même usage se trouve dans un verset d'Ezéchiel (2), qui nous fait connaître en même temps le mouvement de la baguette divinatoire considéré comme du plus funeste présage :

Et il me dit : « As-tu vu, fils de rhomme? Est-ce trop peu pour la maison de Juda de commettre les abominations qu'ils commettent ici? car ils ont rempli le pays de violences. Qu'ils m'irritent de nouveau; et voici qu'ils dirigent la baguette de sarment vers leur nez. »

La baguette divinatoire se confond d'ailleurs avec la baguette magique que TExode met aux mains

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