‹ La Divine comédie de Dante Alighieri (volume 4)Chapitre 12 sur 109 · III. il · texte numérisé non relu

III. il

CANTO TRENTESIMOPRIMO

* In forma dunque di candida rosa Mi si mostrava la milizia santa , Che nel suo sangue Cristo fece sposa.

^ Ma l'altra, che volando vede e canta La gloria di colui che la innamora, E la bonlà che la fece cotanta,

^ SI corne schiera d'api che s'inflora Una fiata, ed una si ritorna Là dove suo lavoro s'insapora,

^ Nel gran fior discendeva, che s'adorna Di tante foglie, e quindi risaliva Là dove il suo amor seinpre soggiorna.

5 Le face tutte avean di fiamma viva , E l'aie d'oro, e l'altro tanto bianco, Che nulla neve a quel termine arriva.

En la forme donc d'une rose blanche se montrait à moi la sainte milice que dans son sang le Christ épousa.

Mais l'autre^, qui volant voit et chante la gloire de celui qui Ténamoure, et la bonté qui la créa si excellente ,

Gomme un essain d'abeilles qui tantôt se plonge dans les fleurs, tantôt retourne là où son travail prend de la saveur ^

Descendait dans la grande fleur, qui s'orne de tant de feuilles, et de là remontait où son amour toujours séjourne.

Leurs faces étaient de flamme vive^, leurs ailes, d'or, et le reste, d'une telle blancheur qu'il n'est point de neige qui l'égale.

420 CANTO TRENTESIMOPRIMO.

^ Quando scendean nel fior, di banco in banco Porgevan délia pace e dell' ardore, Ch'egli acquistayan ventilando il fianco.

^ Ne lo interposi tra il disopra e il flore Di tanta plenitudine volante Impediva la vista e lo splendore ;

® Chè la luce divina è pénétrante Per l'uni verso, secondo ch'è degno , Si che nulla le puote essere ostante.

^ Questo sicuro e gaudioso regno,

Fréquente in gente antica ed in novella, Viso ed amore avea tutto ad un segno.

^^ 0 trina luce , che in unica Stella Scintiiiando a lor vista si gli appaga , Guarda quaggiuso alla nostra procella^

*^ Se i Barbari, venendo da tal plaga, Che ciascun giorno d' Elice si cuopra.

Rotante col suo figlio ond'ella è vaga ,

42 Veggendo Roma e V ardua sua opra Stupefacensi, quando Laterano Aile cose mortali andô di sopra ;

4* lo, che al divino dall'umano, AH'eterno dal tempo era venuto, E di Fiorenza in popol giusto e sano.

Lorsque dans la fleur de siège en siège ils descendaient, ils y versaient de la paix et de l'ardeur qu'ils produisent en eux en agitant leurs ailes.

Le vol d'une si grande multitude interposée entre la fleur et ce qui est au-dessus, ne voilait ni la vue, ni la splendeur ,

Car la lumière divine pénètre dans l'univers autant qu'il en est digne * , tellement que rien ne lui fait obstacle.

Plein de sécurité et de joie, ce royaume, qu'habitent un peuple ancien et un peuple nouveau 5, tenait sa vue et son amour tout entiers fixés sur un point.

0 trine lumière, qui à leurs yeux scintillant en une seule étoile®, les abreuves de tant de paix, regarde ici -bas notre tempête!

Si les Barbares, venant des régions que couvre chaque jour Elice tournant avec le fils dont elle est éprise ^,

En voyant Rome et ses hautes structures, demeuraient stupéfaits, alors que Latran ^ s'élevait au-dessus des choses mortelles ;

Moi, qui de l'humain au divin, du temps à l'éternité étais venu , et de Florence à un peuple juste et sain,

422 CANTO TRENTESIMOPRIMO.

^^ Di che stupor dovea esser compiuto ! Certo Ira esso il gaudiomi facea Libilonon udire e slarmi muto.

^5 E quasi peregrin, che si ricrea Nel tempio del suo voto riguardando , E spera già ridir cora'ello stea ;

*6 Si, per la viva luce passeggiando , Menava io gli occhi per li gradi, Or su, or giû, ed or ricirculando.

^^ Vedeva visi a carità suadi,

D' altrui lume fregiati e del suo riso, Ed atti ornati di tutte onestadi.

*8 La forma gênerai di Paradiso

Già lutta lo mio sguardo avea compresa. In nulla parte ancor ferraato fiso ;

^9 E volgeami con voglia riaccesa Per dimandar la mia Donna di cose, Di che la mente mia era sospesa.

20 Uno intendeva, ed altro mi rispose : Credea veder Béatrice, e vidi Sene Vestito con le genti gloriose.

21 Diffaso era per gli occhi e per le gène Di benigna letizia, in atto pio, Quale a tenero padre si conviene.

De quelle stupeur dus -je être rempli! Certes, entre elle et la joie^, m'était doux le non-ouîr et le demeurer muet.

Et comme un pèlerin qui se repose dans le temple où l'a conduit un vœu, regardant, espère en décrire un jour la structure,

Ainsi, à travers la vive lumière, je promenais mes yeux sur les gradins , en haut , en bas, et tout autour.

Et je voyais des visages inspirant la charité, frangés de la lumière des autres et de la leur, reluisant dans tous leurs traits d'une dignité pudique.

La forme générale du Paradis avait jusqu'alors occupé tous mes regards, sur aucune partie non encore fixés fermement;

Et je me tournais avec un désir réenflammé, pour interroger ma Dame sur des choses qui tenaient mon esprit en suspens.

Je m'adressais à l'un , et un autre me répondit: je croyais voir Béatrice, et je vis un vieillard vêtu comme la troupe glorieuse.

Dans ses yeux , sur ses joues , dans sa contenance pieuse , était répandue une bénigne joie telle qu'elle* convient à un père tendre.

m CANTO TRENTESIMOPRIMO.

" Ed : Ella ov'è? di subito dissMo.

Ond'egli : A tenninar lo tuo disiro Mosse Béatrice rae del luogo mio ;

2* E se riguardi su nel terzo gîro Dal sommo grado, tu la rivedrai Nel trono che i suoi merti le sortiro.

2* Senza risponder gli occhi su levai , E vidi lei che si facea corona, Riflettendo da se gli eterni rai.

25 Da quella région, che più su tuona , Occhio mortale alcun tanto non dista, Qualunque in raare più giù s'abbandona,

2® Quanto 11 da Béatrice la mia vîsta ; Ma nuUa mi facea, chè sua effige Non discendeva a me per mezzo mista.

27 0 Donna, in cui la mia speranza vige, E che soffristi per la mia salute

In Inferno lasciar le tue vestige;

28 Di tante cose, quante ¥ ho vedute, Dal tuo podere e dalla tua bontate Riconosco la grazia e la virtute.

2® Tu m' hai di servo tratto a libertate Per tutte quelle vie, per tutf i modi Che di ciô fare avean la potestate.

— Et, où est-elle? subitement dis-je. D'où lui : « Pour accomplir ton désir, Béatrice m'a mû de mon lieu ;

• Et si tu regardes dans le troisième rang du plus haut gradin , tu la reverras sur le trône qui est le prix de ses mérites. »

Sans répondre je levai les yeux , et je la vis qui se faisait une couronne, en réfléchissant les rayons éternels.

De cette région qui le plus haut tonne, nul œil mortel , lorsqu'il plonge dans la plus profonde mer, n'est aussi distant

Que les miens ne l'étaient de Béatrice; mais cela rien ne me faisait, parce que son image, en descendant à moi, ne se mêlait avec aucun milieu.

— 0 Dame, en qui florît mon espérance, et qui pour mon salut ne craignis point de laisser en Enfer tes vestiges ,

Des grandes choses que j'ai vues, la grâce et la force de les voir, je reconnais les tenir de ta puissance et de ta bonté.

Tu m'as de la servitude conduit à la liberté, par toutes les voies, de toutes les manières que tu avais le pouvoir de le faire.

m CANTO TRENTESIMOPRIMO.

^^ La tua inagnificenza in me custodi, SI che ranima mia, che faUa hai sana, Piacenle a te dal corpo si disnodi.

*^ Cosl orai ; e quella si lontana , Corne parea, sorrise. e riguardommi ; Poi si tornô aU'eterna fontana.

^2 E il santo Scne : Acciô che tu aasommi Perfct lamente, disse il tuo cammino, A che prego ed amor santo mandommi,

** Vola con gli occhi per questo giardmo ; Chè veder lui faccenderà lo sguardo Più a montar per lo raggio divino.

*^ E la Regina del cielo, ond'io ardo Tutto d'amor, ne farà ogni grazia, Pero ch'io sono il suo fedel Bernardo.

55 Quale è colui, che forse di Croazia Yiene a veder la Veronica nostra, Che per V antica fama non si sazia ,

56 Ma dice nel pensier, fin che si mostra : Signor mio Gesii Cristo, Dio verace.

Or fu si fatta la sembianza vostra?

57 Taie era io mirando la vivace Carità di colui, che in questo mondo, Conteniplando, gusto di quella pace.

Garde envers moi ta munificence, afin que mon âme que lu as guérie, digne de te plaire se délie du coips.

Ansi priai -je, et elle, si loin qu'elle parût être, sourit et me regarda ; puis elle se tourna vers l'éternelle fontaine*

Et le saint vieillard : « Afin que se consomme parfaitement ton voyage, ce pourquoi une prière et un amour saint m'ont envoyé,

• Avec les yeux vole par ce jardin, car le voir aiguisera *o ton regard, pour monter plus haut vers le rayon divin.

« La Reine du ciel , pour qui je brûle d'amour, nous accordera toute grâce, car je suis son fidèle Bernard. »

Tel que celui qui de la Croatie, peut-être, vient pour voir notre sainte Véronique, et, à cause de l'antique renommée ^^, point ne se rassasie *2,

Mais dit en son penser, pendant qu'on la montre : « Mon seigneur Jésus-Christ vrai Dieu, ainsi était donc votre visage?»

Tel étais-je , regardant la vive charité de celui qui, dans ce monde, en contemplant goûta de cette paix.

428 CANTO TRENTESIMOPRIMO.

*® Figliuol di grazia, questo esser giocondo, Cominciô egli, non ti sarà noto Tenendo gli occhi pur quaggiuso al fondo;

*^ Ma guarda i cerchi fino al piii remoto, Tanto chf^yeggi seder la Regina , Cui questo regno ô suddito e devoto.

*^ lo levai gli occhi ; e corne da mattina La parte oriental delF orizzonte Soverchia quella dove il Sol déclina;

*^ Cosl, quasi di valle andando a monte Con gli occhi, vidi parte nello stremo Vincer di lume tutta l'altra fronte.

*■- E corne qnivi . ovo s' aspelta il temo Che mal guidô Fetonte, più s'infiamma, E quinci e quindi il lume si fa scemo ;

^^ Cosi quella pacifica orîfiamma

Nel mezzo s'avvivava, e d' ogni parte Per igual modo allentava la fiamma.

^^ E a quel mezzo con le penne sparte Vidi più di mille Angeli festanti, Ciascun distinto e di fulgore e d'arte.

^5 Vidi quivi a' lor giuochi ed a' lor canti Ridere una bellezza , che letizia Era negli occhi a tutti gli altri santi.

CHANT TRENTE-UNIÈMB. 429

« Fils de la Grâce, commença -t- il , cet être joyeux ne te sera point connu en tenant seulement tes yeux abaissés là au fond.

«Mais regarde les cercles jusqu'au plus éloigné, si haut que tu vois siéger la Reine à qui ce royaume est soumis et dévoué. »

Je levai les yeux, et de môme qu'au matin l'horizon oriental surpasse en éclat celui où le soleil décline ,

Ainsi, comme en montant d'une vallée, mes yeux virent, dans le cercle le plus élevé, une partie vaincre de splendeur tout le reste.

Et comme là où s'attend le timon ^* que mal guida Phaéton, plus s'enflamme le ciel, et d'ici et de là la lumière s'affaiblit,

Ainsi dans le milieu s'avivait cette Oriflamme pacifique, et de chaque côté, d'une égale manière , s'alanguissait la flamme.

Et en ce milieu je vis, les ailes étendues, plus de mille anges célébrer leurs fêtes, divers chacun et d'éclat et d'art :

Là je vis à leurs jeux et à leurs chants sourire une beauté, qui était la joie de tous les autres saints ;

430 CANTO TRENTESIMOPRIMO.

^^ E s'îo avessi in dir tanta divizia , Quanta ad imaginar, non ardirei Lo minimo tentar di sua delizia.

^ Bemardo , come vide gli occhi mîeî Nel caldo suo calor fissî ed attenti , Gli suoi con tanto affetto volse a lei,

Che i miei di rimirar fe più ardenti.

Et fussé-je aussi riche en dire qu'en imaginer, je n'oserais tenter de peindre la moindre de ses délices.

Voyant sur sa vive flamme mes yeux attentivement fixés, Bernard, avec tant d'affection, tourna les siens vers elle.

Que les miens à regarder devinrent plus ardents.

CANTO TRENTESIMOSECONDO

* Affetto al suo placer quel contemplante, Libero ufficio di dottore assunse ,

E cominciô queste parole santé :

2 La piaga , che Maria richiuse ed unse , Quella ch'è tanto bella da'suoi piedi , È colei che Y aperse e che la punse.

* Neir ordine che fanno i terzi sedi , Siede Rachel di sotto da costei , Con Béatrice, si corne tu vedi.

^ Sara , Rebecca, ludit, e colei

Che fu bisava al cantor, che per doglia Del fallo disse Miserere mei,

5 Puoi tu veder cosi di soglia in soglia Giù digradar, com'io, ch'a proprio nome Vor per la rosa giù di foglia in foglia.

Avec amour contemplant sa joie *, ce bienheureux prit de soi-même l'office de docteur, et commença ces saintes paroles :

«La plaie que Marie ferma et oignit, celle qui si belle est à ses pieds, l'ouvrit et la creusa 2.

« Dans l'ordre que forment les troisièmes sièges , Rachel est assise au-dessous d'elle avec Béatrice, comme tu vois.

«Sara, Rebecca, Judith, et celle qui fut la bisaïeule du Chantre*, qui, repentant de sa faute, dit Miserere mei,

« Tu peux voir ainsi descendant de degré en degré, comme en les nommant je vais descendant de feuille en feuille dans la rose ;

i34 CANTO TRENTESIMOSeCONDO.

^ EHal settirao grado in giù, si corae Insino ad esso , succedono Ebree , Dirimendo del fior tutte le chiome ;

^ Perché , seconde le sguardo che fee La fede in GristOy queste sono il muro A che si parton le sacre scalee.

® Da questa parte, onde il fîore è maturo Di tutte le sue foglie , sono assisi Quei che credettero in Crîsto venturo.

^ DaH'allfa parte, onde sono intercîsi Di vôto i semicircoli, si stanno Quei ch'a Cristo venuto ebber li visî.

*^ E corne quinci il glorioso scanno Délia Donna del cielo, e gli altri scanni Di sotto lui cotanta cerna fanno ;

** Cosl di contra quel del gran Giovanni, Che sempre santo il diserte e il martiro Sofferse, e poi Tinferno da due anni : •

** E sotto lui cosi cerner sortiro Francesco, Benedetto e Agostîno, E gli altri sin quaggiù di giro in giro.

*^ Or mira l'alto provveder divine ; Chè Tuno e Taltro aspetto délia fede Egualmente empierà qucsto giardino.

CHANT TRBNTE-DEUXIËME. 435

« Et du septième degré, en bas, comme d'en haut jusqu'à lui, se succèdent les femmes Hébreuses, partageant la chevelure de la fleur^ ;

« Parce que, selon que la foi dans le Christ tourna son regard , elles sont le mur qui sépare les sacrés escaliers.

« De ce côté , où la fleur a mûri toutes ses feuilles, sont assis ceux qui crurent dans le Christ à venir.

• De l'autre côté, où les demi-cercles sont coupés par des vides, sont ceux qui eurent les yeux sur le Christ venu.

• Et comme d'ici ^, le glorieux siège de la Dame du ciel, et les autres sièges au-dessous de lui forment cette grande séparation,

«Ainsi, à l'opposé, celui de Jean®, qui, toujours saint 7, souffrit le désert et le martyre, et puis l'Enfer pendant deux ans^,

«Et au-dessous de lui, d'ainsi séparer eurent en partage François, Benoit et Augustin, et les autres jusqu'en bas, de gradin en gradin ®.

«Ores, admire la Providence divine, en ce que l'une et l'autre face de la foi remplira également ce jardin *^.

136 CANTO TRENTESIMOSECONDO.

^^ E sappi che dal grado in giù , che fiede A mezzo '1 tratto le due discrezioni , Per nuUo proprio merito si siede ,

^5 Ma per Taltrui con certe condizioni ; Chè tutti questi sono spirti assolti Prima ch'avesser vere elezioni.

*® Ben te ne puoi accorger per li volti, Ed anche per le vocî puerili, Se tu gli guardi bene e se gli ascolti.

*^ Or dubii tu, e dubitando sili ; Ma io ti solverô '1 forte legame , In che ti stringon li pensier sottili.

*® Dentro ail' ampiezza di questo reame Casual punto non puote aver sito, Se non corne tristizia, o sete, o famé ;

*^ Chè per eterna legge è stabilito Quantunque vedi si, che giustamente Ci si risponde dalF anello al dito.

^^ E perô questa festinata gente A vera vita, non è sine causa Intra se qui più e meno eccellente.

2* Lo Rege, per cui questo regno pausa In tanto amore e in tanto diletto , Che nulla volontade è di più ausa,

« Et sache que, du degré qui coupe par le milieu les deux divisions**, jusqu'en bas, pour aucun mérite propre on ne s'asseoit,

« Mais pour celui d' autrui à certaines conditions ; tous ceux-là étant des esprits dégagés du corps, avant qu'ils fussent capables d'une vraie élection *2.

« Bien peux-tu le reconnaître aux visages et aussi aux voix enfantines, si tu les regardes et les écoutes bien.

« Maintenant tu doutes **, et doutant te tais ; mais je dénouerai le fort lien dans lequel te serrent les pensers subtils.

«Dans l'étendue de ce royaume, rien de fortuit ne peut avoir place, pas plus que la tristesse, ou la soif, ou la faim :

« Car tout ce que tu vois est établi par une éternelle loi, de sorte qu'exactement l'anneau y correspond au doigt *^

« Ces âmes, hâtées ^^ vers la vraie vie, sine causa **, ne sont donc pas entre elles plus et moins excellentes.

« Le Roi, par qui ce royaume repose en tant d'amour et en tant de délices, que nulle volonté n'ose désirer plus,

iiK CANTO TRBNTESIMOSECONDO.

22 Le menti tutte in suo lîeto cospetto Creando, a suo piacer di grazia dota Diversamente ; e qui basti Y effetto.

2* E ciô espresso e chiaro vi si nota Nella Scrittura Santa in que' Gemelli, Ghe nella madré ebber Y ira conmiota.

2* Perô. secondo il color de' capelli Di cotai grazia , l' altissimo lume Degnamente convien che s' incappelli.

25 Dunque, senza mercè di lor costume, Locati son per gradi differenti ,

Sol differendo nel primiero acume.

26 Bastava si ne' secoli recenti

Con r innocenza, per aver saiute, Solamente la fede de' parenti.

27 Poichè le prime etadi fur compiute, Convenne a' maschi ail' innocenti penne , Fer circoncidere, acquistar virlute.

28 Ma, poichè il tempo délia grazia venne, Senza battesmo perfetto di Cristo, Taie innocenza laggiù si ritenne.

2* Riguarda ornai nella faccia che a Caisto Più s' assomiglia , chè la sua chiarezza Sola ti pu6 disporre a veder Cristo.

GHANT TRENTB*DBUXlfeMB. 439

t Créant tous les esprits sous son joyeux aspect *7^ à son plaisir les dote diversement 4q gr&ce : et ici que l'effet suffise***

c Et» d'une manière expresse et claire» ceci vous est montré dans rÉcriture en ces gémeaux*^ émus de colère dans le sein de leur mère.

«Ainsi, selon la couleur des cheveux, il convient que d'une telle grâce la haute lumière dignement s'enguirlande ^^.

«Donc 24, non pour récompense de leurs œuvres, ils sont placés sur des gradins différents, ne différant l'un de l'autre que par la force visuelle primordiale ^^^

«Dans les siècles naissants suffisait, avec l'innocence, pour atteindre le salut, la seule foi des parents.

«Lorsque furent accomplis les premiers âges, il convint que des mâles les innocentes ailes, par la circoncision acquissent de la force.

« Mais, après que fut venu le temps de la Grâce, sans le baptême parfait du Christ, une telle innocence là en bas fut retenue 2*.

«Regarde maintenant la face qui le plus ressemble au Cbrist^^ : sa clarté peut seule te disposer à voir le Christ »

440 CANTO TRENTESIMOSECONDO.

^^ lo vidi sovra lei tanta allegrezza Piover, portata nelle menti santé Create a trasvolar per quella altezza ,

*^ Che quantunque io avea visto da vante , Di tanta ammirazion non mi sospese , Ne mi mostrô di Dio tanto sembiante.

*2 E queir amor che primo II discese, Cantando Ave, Maria, gratiaplena^ Dinanzi a lei le sue ali distese.

*^ Rispose alla divina cantilena Da tutte parti la beata Corte, Si ch' ogni vista sen fe più serena.

*^ 0 Santo Padre, che per me comporte L' esser quaggiù, lasciando il dolce loco Nel quai tu siedi per etema sorte,

*5 Quai' è queir angel , che con tanto giuoco Guarda negli occhi la nostra Regina , Innamorato si che par di fuoco?

^^ Cosi ricorsi ancora alla dottrina Di colui, ch'abbelliva di Maria, Come del Sol la Stella mattutina.

*^ Ed egli a me : Baldezza e leggiadria , Quanta esser puote in angelo ed in aima , Tutta è in lui, e si volem che sia.

CHANT TRENTE-DBUXIËME. m

Je vis sur elle pleuvoir tant d'allégresse, apportée ^5 par les saints esprits créés pour voler en ces hauteurs,

Que tout ce qu'auparavant j'avais vu ne m'avait ravi d'autant d'admiration, ni rien montré de si semblable à Dieu.

Et l'amour 26 qui , le premier , descendit là en chantant Ave Maria graiiâ plena^ devant elle étendit ses ailes.

A la divine cantilène répondit de toutes parts la bienheureuse Cour, tellement que tout visage en devint plus serein.

— 0 saint Père, qui pour moi condescends à être ici -bas 27, quittant le lieu où ton partage est de siéger éternellement ;

Quel est cet ange qui avec tant de joie regarde les yeux de notre Reine, si plein d'amour qu'il paraît de feu?

Ainsi j'eus recours encore à l'enseignement de celui qui s'embellissait de Marie, comme du Soleil l'étoile du matin.

Et lui à moi : « Confiance et grâce, tout ce qu'il en peut être en un ange et une âme, est en lui, et nous voulons qu'il en soit ainsi 2»,

442 CANTO TRËNTESIMOSBCONOO.

^^ Perch' egli è quegli che porto la palma Giuso a Maria, quando il Figliuol di Dio Carcar si volse délia nostra salma.

^^ Ma vieni, ornai con gli occhi, si com' io Andr6 parlando, e nota i gran patrie!

Di questo imperio giustissimo e pic.

^^ Quei duo che seggon lassii più felici, Per essor propinquissimi ad Augusta , Son d' esta rosa quasi due radici.

^ Colui che da sinistra le b' agglusta , È il padre , per lo oui ardito gusto L' umana specie tanto amaro gusta,

^^ Dal destro vedi quel Padre vctuato Di Santa Chiesa, a cui Cristo le chiavi Raccomandô di questo fior venusto.

^* E quei che vide tutt' i tempi gravi , Pria che morisse, délia bella sposa Che s' acquistô con la lancia e co' clavi,

** Siede lungh' esso; e lungo Taltro posa Quel duca, sotto cui visse di manna La gente ingrata, mobile e ritrosa.

** Di contro a Pietro vedi sedere Anna, Tanto contenta di mirar sua figlia , Che non muove occhio per cantare Osanna.

« Parce qu'il est celui qui, en bas, porta la palme à Marie, quand le Fils de Dieu voulut se charger de notre fardeau 2*.

«Mais que tes yeux suivent mes paroles, et remarque les grands patriciens de cet empire trèsjuste et pieux.

«Ces deux qui là-haut siègent, les plus heureux parce qu'ils sont les plus près de l'auguste Reine, sont de cette rose comme deux racines.

«Celui qui l'avoisine à gauche est le père, par l'audacieux goûter*^ de qui l'humaine espèce tant d'amertume goûte.

«A droite, vois ce vieux père de la sainte Église, à qui le Christ confia les clefs de cette gracieuse fleur.

«Celui qui vit, avant de mourir, tous les durs temps de la belle épouse** que le Christ s'acquit par la lance et les clous,

« Est assis près de lui ; et, près de l'autre *2, ce chef sous** qui vécut de manne le peuple ingrat, mobile et contredisant.

«Devant Pierre vois Anne assise, si heureuse de contempler sa fille, qu'elle ne meut pas les yeux pour chanter hosanna.

U4 CANTO TRENTESIMOSECONDO.

^^ E contre al maggior Padre di famiglia Siede Lucia, che mosse la tua Donna, Quando chinavi a ruinar le ciglia.

^^ Ma perché il tempo fugge che V assonna , Qui farem punto, come buon sartore Che, com'egli ha del panno, fa la gonna ;

^^ E drizzeremo gli occhi al primo Amore, Si che, guardando verso lui penetri, Quant' è possibil, per lo suo fulgore.

^® Veramente, ne forse tu t'arretri, Movendo l'aie tue, credendo oltrarti, Orando grazia convien che s'irapetri;

50 Grazia da quella che puote aiutarti : E tu mi segui con l' aflezione, SI che dal dicer mio lo cuor non parti.

E cominciô questa santa orazione.

« Et, devant l'antique père de famille*^, est assise Lucia*^, que mut ta Dame, quand, pour descendre, tu abaissas les yeux ^^.

tMais, parce que fuit le temps de ton sommeiP^, ici nous ferons un point*®, ainsi qu'un bon tailleur qui, comme il a du drap, fait la robe*^;

t Et nous dirigerons les yeux vers le premier amour ^<^, afin que, le regardant, tu pénètres, autant que possible, h travers sa splendeur.

tEt de peur que, peut-être, en agitant tes ailes, tu ne recules croyant avancer, il convient en priant d'obtenir la grâce,

tLa grâce par celle qui peut t'aider. Tu me suivras avec l'affection, en sorte que de mon dire le cœur ne se sépare point. «

Et il commença cette sainte oraison :

CANTO TRENTESIMOTERZO

* Vergine madré, figlia del tuo FigUo , Umile ed alta più che creatura.

Termine fisso d' eterno consiglio,

2 Tu«e' colei che l'umana iiatura Nobilitasti si, che il suo Fattore Non disdegnô di farsi sua fatlura.

* Nel ventre tuo si raccese l'araore, Per lo cui caldo neH'eterna pace Cosl è germinato questo flore.

Qui sei a noi meridiana face

Di caritade, e giuso, intra i mortali,

Se' di speranza fontana vivace.

5 Donna, se' tanto grande, e tanto vali, Che quai vuol grazia, e a te non ricorro ; Sua disianza vuol volar senz'ali.

«Vierge Mère, fille de Um Fils, humble et élevée plus qu'aucune créature, terme fixe d'un étemel conseil *,

«Tu es celle qui tant as ennobli Thumaine nature, que son auteur ne dédaigna point de s'en revêtir.

«En ton sein ae ralluma l'amour, par la chaleur duquel dans l'éternelle paix ainsi a germé cette fleur,

«Ici, pour nous, tu es en son midi le flambeau de la charité, et eu bas, parmi les mortels, tu es la vraie fontaine d'espérance.

c Dame, tu es si grande, et si grand est ton pouvoir, que celui qui désire la grâce et à toi ne recourt point, son désir veut voler sans ailes.

448 CANTO TRENTESIMOTERZO.

La tua benignità non pur soccorre A chi dimanda, ma moite fiate Liberamente al dimandar precorre.

^ In te misericordia, in te pietate, In te magnificenza, in te s*adlina Quantunque in creatura è di bontate.

^ Or questi, che daU'infima lacuna DelFuniverso insin qui ha vedute Le vite spiritj^ali ad una ad una,

^ Supplica a te per grazia di virtute, Tanto che possa con gli occhi levarsi Più alto verso l'ultima salute.

*® Ed io, che mai per mio veder non arsi Più ch'io fo per lo suo, tutti i miei prieghi Ti porgo e prego che non sieno scarsi,

** Perché tu ogni nube gli disleghi Di sua mortalité co' prieghi tuoi, SI che il sommo placer gli si dispieghi.

*2 Ancor ti prego, Regina, che puoi Ci6 che tu vuoi, che tu conservi sani, Dopo tanto veder, gli aifetti suoi.

^* Vinca tua guardia i movimenti umani : Vedi Béatrice con quanti beati Per li miei prieghi ti chiudon le ma ni.

CHANT TRENTE-TROISIËME. 449

«Ta bonté non -seulement secourt qui demande, mais d'elle-même, souvent, elle prévient le demander.

«En toi miséricorde, en toi pitié, en toi munificence, en toi se rassemble tout ce que dans les créatures il y a de bonté.

tOres, celui-ci, qui du plus profond gouffre de l'univers 2 jusqu'ici, a vu les vies spirituelles^ une à une, •

«Te supplie que, par grâce, il obtienne la force d'élever les yeux plus haut vers le dernier salut^.

« Et moi, qui jamais ne brûlai de voir, plus que je ne brûle qu'il voie, je t'offre toutes mes prières, et te prie qu'elles ne soient pas insuffisantes,

«Afin que, par les tiennes, tu dissipes entièrement les nuages de sa mortalité, en sorte que devant lui le suprême Bien se déploie.

« Je te prie encore , ô Reine qui peux ce que tu veux, qu'après une telle vue tu conserves ses affections saines;

«Que, sous ta garde, il vainque les mouvements humains : vois Béatrice, vois avec elle que de bienheureux, joignant les mains, s'unissent à mes prières. »

450 CANTO TRENTESIIfOTRRZO.

^* Gli occhi da Dio diletti e venerati, Fissi neir orator, ne dimostraro Quanto i devoti prieghi le son grati.

^^ Indi air eterno lume si drizzaro, Nel quai non si de' creder che s' invii Per creatura V occhio tanto chiaro.

*^ Ed io ch' al fine di tutti i disii

M'appropinquava, si com'iodoveva, L' ardor del desiderio in me finii.

*7 Bernardo m'accennava, e sorrideva, Perch' io guardassi in suso ; ma io era Già per me stesso tal quai ei voleva.

** Chè la mia vista, venendo sincera, E più e più entrava per Io raggio Dell'alta luce, che da se è vera.

** Da quinci innanzi il mio veder fu maggio Che il parlar nostro, ch'a tal vista cède, E cède la memoria a tanto oitraggio.

2^ Quai è celui che sonniando vede, E dopo il sogno la passione impressa Bimane, e Taltro alla mente non riede ;

** Cotai son io, che quasi tutta cessa Mia visione, ed ancor mi distilla Nel cuor Io dolce che nacque da essa.

Les yeux aimés et vénérés de Dieu s, fixés sur les suppliants , montrèrent combien les dévotes prières lui sont agréables.

Ensuite ils se relevèrent vers Téternelle lumière, dans laquelle on ne peut croire qu*avec tant de clarté pénètre le regard d'aucune créature*.

Et, comme je m'approchais du terme de tous les désirs ainsi que je le devais, l'ardeur du désir se calma en moi.

Bernard, en souriant, me faisait signe de regarder en haut; mais déjà, de moi-même, j'étais tel qu'il voulait ;

Parce que ma vue, devenant pure, pénétrait de plus en plus dans la splendeur de la haute lumière qui de soi est vraie ^.

Ce que je vis ensuite surpasse notre langage, impuissant à le peindre, comme la mémoire h aller si loin.

Tel que celui qui, en songeant, voit, et, après le songe, la passion demeure imprimée, et le rest^ h l'esprit ne revient point ;

Tel suis-je, toute ma vision presque s' étant évanouie, et encore en mon cœur distille la douceur qui naquit d'elle.

i52 GANTO TRENTESIMOTBRZO

22 Cosl la neve al Sol si disigilla, Cosi al vento nelle foglie lievi Si perdea la sentenzia di Sibilla.

2* 0 sonuna luce, che tanto ti lievi Da' concetti mortali, alla mia mente Ripresta un poco di quel che parevi ;

2* E fa la lingua mia tanto possente, Gh'una favilla sol délia tua gloria Possa lasciare alla futura gente;

25 Chè, per tornare alquanto a mia memoria , E per sonare un poco in questi versi,

Più si conceperà di tua vittoria.

26 lo credo, per l'acume ch'io soffersi Del vivo raggio, ch' io sarei sraarrito , Se gli occhi miei da lui fossero aversL

27 E mi ricorda ch'io fui più ardito

Per questo a sostener, tanto ch'io giunsi L'aspetto mio col Valor infinité.

28 0 abondante grazia, ond'io presunsi Ficcar lo viso per la luce etema, Tanto che la veduta vi consunsi I

2^ Nel suo profonde vidi che s'interna, Legato con amore in un volume, Ciô che per l'universo si squadema;

Ainsi la neige fond au soleil ; ainsi au vent, sur les feuilles légères, se perdait Toracle de la Sibylle.

0 suprême lumière, qui tant t'élèves au-dessus des pensées des mortels, repréte à mon esprit un peu de ce que tu paraissais,

Et fais que ma langue soit assez puissante pour laisser, de ta gloire, seulement une étincelle à la gent future :

Car, revenant un peu en ma mémoire, et résonnant un peu dans ces vers, plus on concevra de ta victoire ^

Si vive en moi fut l'impression du vivant rayon, que je me serais, je crois, égaré, si de lui j'avais détourné les yeux^.

Et je me souviens qu'avec d'autant plus de courage ^^ je le supportai, que je tins ma vue plus étroitement jointe à la vertu infinie ^^.

0 abondante Grâce, par qui j'osai tant fixer mon regard sur l'étemelle lumière, que de la vision j'atteignis le terme!

Je vis que dans sa profondeur s'enfonce, relié en un volume ^^ par l'amour, tout ce qui se disperse dans l'univers :

451 GANTO TRENTESIMOTERZO.

^0 Sustanzia ed accidente, e lor costume. Tutti conflati insieme per tal modo, Che ciô ch'io dico è un semplice lume.

^* La forma universai di questo nodo Credo ch'io vidi , perché più di largo , Dicendo questo , mi sento ch' io godo.

^2 Un piinto solo m'è maggior letargo^ Che venticinque secoli alla impresa , Che fe Nettuno ammirar Y ombra d' Argo.

^^ Cosi la mente mia tutta sospesa Mira va fissa, immobile ed attenta, E sempre nel mirar faceasi accesa.

^^ A quella luce cotai si diventa , Che volgersi da lei per altro aspelto È impossibil che mai si consenta ;

^^ Perocchè il ben, ch'è del volere obietto Tutto s'accoglie in lei, e fuor di quell^ È difettivo ciô che è li perfetto.

^^ Ornai sarà più corta mia favella ,

Pure a quel ch'io ricordo, che d' un faute Che bagni ancor la lingua alla mammella.

^' Non perche più ch' un semplice semblante Fosse nel vivo lume ch' io mirava , Chè tal è sempre quale era davanle ;

CHANT TRENTE-TROISIËME. 455

Substance, et accident, et leurs propriétés, tous ensemble unis de telle manière, que ce que je dis est une simple lumière.

La forme universelle de ce nœud**, je crois que je la vis, parce qu en disant ceci je me sens plus au large dans la joie.

Un seul moment m'est une plus longue léthargie *^ que vingt-cinq siècles à Tentreprise qui fit admirer à Neptune l'ombre d'Argo.

. Ainsi mon esprit interdit regardait fixement, immobile et attentif, et toujours de voir brûlait davantage.

A cette lumière on devient tel, que se détourner pour voir autre chose, il est impossible qu'on y consente jamais ;

Parce qu'en elle est rassemblé tout le bien qui est l'objet du vouloir, et que hors d'elle est défectif ce qui est parfait en elle.

Désormais mes paroles, proportionnées à mon souvenir, seront plus courtes que celles de l'enfant (lui baigne encore sa langue à la mamelle.

Non que plus d'une seule apparence fût dans la vive lumière que je regardais, laquelle est toujours telle qu'elle était auparavant ;

456 CANTO TRENTESIMOTBRZO.

*® Ma, per la vista che s'awalorava In me, guardando, una sola parvenza, Mutandoin' io, a me si travagiiava :

*^ Nella profonda e chiara sussistenza Deir alto lume parvemi tre giri Di tre colori e d' una contenenza ;

• ^^ E r un dair altro, corne Iri da Iri , Parea reflesso, e il terzo parea fuoco Che quinci e quindi egualmente si spiri.

^^ 0 quanto è corto il dire, e come fioco Al mio concetto ! e questo, a quel ch'io vidi, È tanto, che non basta a dicer poco.

^2 0 luce eterna, che sola in te sidi , Sola t'intendi, e da te intelletta E intendante, te ami ed arridi !

^ Quella circulazion, che si concetta Pareva in te, come lume reflesso , Dagli occhi miei alquanto circonspetta ,

^^ Dentro da se, del suo colore stesso, Mi parve pinta délia nostra effige , Perché il mio viso in lei tutto era messo.

^^ Quai è il geomètra che tutto s' aflige Per misurar lo cerchio, e non ritrova, Pensando, quel principio ond'egli indige;

Mais parce cpi'en moi la vue devenait plus forte, et qu'en regardant un seul objet, moi changeant, il changeait pour moi.

Dans la profonde et splendide substance de la haute lumière, m'apparurent trois cercles de trois couleurs et de même étendue ;

Et l'un par l'autre, comme une Iris par une Iris, paraissait réfléchi; et le troisième paraissait un feu qui d'ici et de là également émanée""

Oh ! combien la parole est courte, et combien faible près de ma pensée ! Et celle-ci, près de ce que je vis, est telle, que t peu t ce n'est pas assez dire.

0 lumière éternelle , qui seule en toi reposes *^, seule te connais, et, connue de toi et te connaissant *y, t'aimes et te souris r

Ce triple cercle, qui paraissait se produire en toi comme un rayon réfléchi, regardé un peu par mes yeux tout autour,

Au dedans de soi me parut ofl'rir de sa propre couleur^ notre image peinte, là où toute ma vue était plongée.

Tel que le géomètre qui tout entier s'applique à mesurer le cercle, et, pensant, ne trouve point ce principeW dont il a besoin ;

458 CANTO TRENTESIMOTBRZO.

^ Taie era io a queila vista nuova :

Veder volea, corne si convenne L'imago al cerchio, e corne vi s'indova;

^^ Ma non eran da ciô le proprie penne; Se non che la mia mente fu percossa Da un fulgore, in che sua voglia venue.

^^ Air alla fantasia qui mancô possa : Ma già volgeva il mio disiro e il velle , Si come ruota che igualmente è mossa,

L' Amor che muove il Sole e Taltre stelle.

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