M6 CANTO NONO
*^ Questo centesim'anno ancor s'incinqua, Vedi se far si de' Y uomo eccellente , Si ch'altra vita la prima relinqua !
** E ciô non pensa la turba présente , Che Tagliamento ed Adice richiude , Ne , per esser battuta , ancor si pente.
*® Ma tosto fia che Padova al palude Cangerà Tacqua che Vicenza bagna , Per essere al dover le genti crude.
*7 E dove Sile e Cagnan s' accompagna , Tal signoreggia e va con la test'alta , Che già per lui carpir si fa la ragna.
*^ Piangerà Fellro ancora la diffalta Deir empio suo pastor, che sarà sconcia SI, che per simil non s'entrô in Malta.
*® Troppo sarebbe larga la bigoncia Che ricevesse il sangue ferrarese , E stanco chi M pesasse ad oncia ad oncia ,
2^ Che donerà questo prête cortese , Per mostrarsi di parte ; e cotai doni Conformi fieno al viver del paese.
** Su sono speçchi , voi dicete troni , Onde rifulge a noi Dio giudicante Si che questi parlar ne paion buoni.
«Cette centième année se quintuplera®. Vois si l'homme doit s'efforcer d'exceller, afin qu'une autre vie succède à la première ^.
f A cela ne pense guère la tourbe présente qu'enferment l'Adige et le Tagliamento; et, si châtiée qu'elle soit, elle ne se repent pas encore.
« Mais bientôt il arrivera que, près du marais, Padoue rougira l'eau*® qui baigne Vicence, à cause de son peuple rebelle au devoir.
« Et là où le Silé et le Cagnano se joignent, tel seigneurie et va la tête haute** quand déjà s'ourdit la toile pour le prendre *2.
« De son Pasteur impie Feltre auSfei pleurera le crime**, si horrible que pour un pareil nul jamais n'entra dans Malta *^.
«Large serait la cuve*^ qui recevrait, et fatigué qui pèserait once à once le sang Ferrarais,
« Que livrera ce prêtre courtois pour montrer son zèle de parti; et de tels dons seront conformes aux mœurs du pays.
« Là-haut sont des miroirs, que vous appelez Trônes, par lesquels à nos yeux resplendit Dieu qui juge; ainsi pour certain doit être tenu ce que je dis. •