H8 CANTO NONO
2^ Qui si tacette, e fecemi sembiante Che fosse ad altro volta , per la rota In che si mise com'era davante.
2* L'altra letizia , che m'era già nota , Preclara cosa mi si fece in vista , Quai fin balascio in che lo Sol percota.
2A Per letiziar lassû fulgor s' acquista , Si corne riso qui; ma giù s'abbuia L'ombra di fuor, come la mente è trista.
2* Dio vede tutto , e tuo veder sMnluia , Diss'io, beato spirto, si che nulla Voglia di se a te puote esser fuia.
2* Dunque la voce tua , che il ciel trastulla Sempre col canto di que' fuochi pii Che di sei aie fannosi cuculla ,
-7 Perché non soddisface a' miei disii ? (lia non attondere'io tua dimanda , S' io m' intuassi , corne tu f immii.
-^ La maggior \allc in che Tacqua si spanda , Incominciaro allor le sue parole , VuoT di quel mar che la terra inghirlanda ,
-^ Tra discordanti liti, contra il sole Tanto son va , cho fa meridiano Là dovo l'orizzonte pria far snolo.
Lors il se tut, et parut se tourner vers un autre dans le chœur, où il rentra comme il était auparavant. .
Uautre joie**, cpii était déjà connue, à la vue se fit aussi brillante qu'un fm ruUis que frappe le Soleil.
Comme ici*^^ d'allégresse, riant devient le visage, ainsi là-haut *® resplendissant; mais en bas*^, Tombre au dehors s'assombrit, selon que l'âme est triste.
— Dieu voit tout, et ta vue plonge en lui, dis- je, esprit heureux, de sorte qu'aucune de ses volontés ne peut l'être obscure.
Pourquoi donc ta voix qui , toujours mêlée au chant de ces feux 20 pieux, qui de six ailes se font une cuculle, ravit le ciel.
Ne satisfait-elle pas mes désirs? Je n'attendrais point ta demande, si je pénétrais en toi comme tu pénètres en mol.
«La plus grande vallée 2*, » commença-t-il alors, • où s'épandent les eaux , hors cette mer qui entoure la terre,
€ Entre les rivages discordants 22 contre le Soleil tant s'en va, qu'elle fait le Méridien de ce qui aupararavant était l'horizon.
^® Di quelia valle fu' io litorano ,
Tra Ebro e Macra , che per cammin corto Lo Genovese parte dal Toscano.
^ Ad un occaso quasi e ad un orto Buggea siede. e la terra , ond'io fui , Che fe del sangue suo già caldo il porto.
^^ Folco mi disse quelia gente , a cui Fu noto il nome mio , e questo cielo Di me s'imprenta , com'io fe' di lui ;
^* Chè più non arse la figlia di Belo , Noiando ed a Sicheo ed a Creusa , Di me , infin che si convenue al pelo ;
** Ne quelia Rodopea , che delusa Fu da Demofoonte , ne Alcide Quando lole nel cuore ebbe richiusa.
^5 Non pero qui si pente , ma si ride , Non délia colpa , ch'a mente non torna , Ma del Valore ch'ordinô e provide.
^^ Qui si rimira neir arte che adorna Cotanto effetto , e discernesi il bene Perché il mondo di su quel di giù torna.
*' Ma perché le tue voglie tutte piene Ten porti , che son nate in questa spera , Procedere ancor oltre mi conviene.
CHANT NEUVIÈME. 1î1
«De cette vallée je fus riverain, entre TÈbre et la Magra, dont le cours borné sépare le Genovésan de la Toscane.
« Au même couchant, presque , et au même levant 2* sont situées Bougie et la ville d'où je fus^^, qui du sang des siens jadis attiédit son port.
«Foulques m'appelait ce peuple, à qui fut connu mon nom; et de moi ce ciel s'empreint, comme je le fis de lui ^^ :
€ Car, au déplaisir de Sichée et de Creuse, plus que moi ne brûla la fille de Bélus26, tant qu'au poil27 il convint;
«Ni cette Rhodope, que trompa Démophoon, ni Alcide lorsque [oie fut entrée dans son cœur.
«Ici cependant point ne se repent-on, mais on se réjouit, non de la faute qui ne revient dans le souvenir, mais de la Puissance qui disposa tout dans sa prévision.
« Ici on admire l'art qu'illustre un si grand elfet, et Ton discerne le bien en vue duquel le monde d'en haut régit celui d'en bas.
« Mais, pour que pleinement satisfaits soient tous tes désirs nés dans cette sphère, il faut qu'outre encore je procède.
nt CANTO NONO.
^ Tu vuoî saper chi è 'n questa lumiera , Che qui appresso me cosl scintilla , Come raggio di sole in acqua mera.
*® Or sappi che là entro si tranquilla Raab, ed a nostr'ordine congiunta Di lei nel sommo grado si sigilla.
*® Da questo cielo , in cui l'ombra s'appunta Che il vostro mondo face , pria ch' altr' aima Del trionfo di Cristo fu assunta.
^* Ben si convenne lei lasciar per palma In alcun cielo dell'alta vittoria Che s'acquistù con Tuna e l'altra palma;
^2 Perch'ella favoro la prima gloria Di lousè in su la Terra Santa , *Che poco tocca al papa la memoria.
^* La tua città , che di colui è pianta Che pria volse le spalle al suo Fattore , E di cui ë la invidia tanto pianta ,
^^ Produce e spande il maledetto fiore C ha disviate le pécore e gli agni , Perocchè fatto ha lupo del pastore.
A^ Per questo V Evangelio e i Dottor magni Son derelitti , e solo ai Decretali Si studia si , che pare a' lor vivagni.
t Tu veux savoir qui est dans cette lumière, laquelle ici près de moi scintille comme un rayon de soleil dans une eau limpide.
«Or, sache que de la paix y jouit Raab, jointe à notre ordre , qui s'empreint d'elle dans son plus haut degré.
« Dans ce ciel où l'ombre de votre monde a sa pointe 2®, elle fut enlevée avant aucune des autres âmes pour qui triompha le Christ.
« Bien convenait-il qu'il la laissât dans quelque ciel , comme une palme de la haute victoire qu'il remporta avec l'une et l'autre main 2^,
« Parce qu'elle favorisa la première gloire de Josué dans la terre sainte , dont le Pape peu se souvient.
«Ta ville, plantée par celui qui le premier apostasia son Créateur ^^, et de qui l'envie s'est tant propagée,
« Produit et répand la fleur maudite-^* qui a fourvoyé les brebis et les agneaux, parce que du pasteur elle a fait un loup.
«Pour elle-'^^ l'Évangile et les grands Docteurs sont abandonnés, et l'on n'étudie que les seules Décrétales, comme par leurs marges -"^^ on le voit.
su r.ANTO NONO.
^^ A questo intende il papa e i cardinali : Non vanno i lor pensieri a Nazzarette . Là dove Gabriello aperse V ali.
*^ Ma Vaticano , e Taltre parti elette Di Roma , che son state cimitero Alla milizia che Pietro seguette ,
Tosto libère fien deiradultèro.
« A cela s'appliquent les Papes et les Cardinaux ; leurs pensers ne vont point à Nazareth, là vers où Gabriel déploya ses ailes.
« Mais le Vatican, et de Rome les autres lieux élus, qui ont été le cimetière de la milice qui suivit Pierre ,
I Seront bientôt délivrés de l'adultère. ^^ ^
Guardando nel suo Figlio con l'Amore Che r uuo e V altro eternalmente spira , Lo primo ed ineffabile Valore ,
Quanto per mente o per occhio si gira Con tanto ordine fe , ch'esser non puote Senza gustar di lui chi ciô rimira.
^ Leva dunque, lettore, alPalte rote Meco la vista dritto a quella parte Dove l'un moto air altro si percote :
^ E li comincia a vagheggiar nell'arte Di quel Maestro , che dentro a se V ama Tanto , che mai da lei V occhio non parte.
^ Vedi corne da indi si dirama
L'obliquo cerchio che i pianeti porta, Per soddisfare al mondo che gli chiama.
Regardant en son Fils avec P Amour, éternelle spiraration de l'un et de fautre, la première et ineffable Puissance *
Avec tant d'ordre créa, que tout ce cju' embrasse l'œil ou l'esprit, on ne saurait le contempler sans en jouir 2.
Lève donc. Lecteur, avec moi la vue vers les hautes sphères, en ce point où un mouvement heurte l'antre ^ ;
Et là, commence d'admirer l'art de ce maître, (|ui, au dedans de soi tant l'aime, ([ue jamais il n'en détache ses regards ^.
Vois comme de ce point s'écarte l'oblique cercle qui porte les planètes, afin de satisfaire au monde ({ui les appelle ;
* E se la strada lor non fosse torta , Molta virtù nel ciel sarebbe invano , E quasi ogni potenzia quaggiimiDrta.
^ E se dal dritto più o men lontano Fosse il partire , assai sarebbe manco E giù e su deir ordine mondano.
^ Or ti riman , lettor, sovra il tuo banco , Dietro pensando a ciô che si preliba , S'esser vuoi lieto assai prima che stanco.
h Messo t'ho innanzi : ornai per te ti ciba ; ] Chè a se ritorce tutta la mia cura Quella materia ond'io son fatto scriba.
*® Lo ministro maggior délia natura ,
Che del valor del cielo il mondo imprenta , E col suo lume il tempo ne misura ,
** Con quella parte che su si rammenta Congiunto , si girava per le spire In che più tosto ognora s' appresenta ;
*2 Edio era con lui ; ma del salire
Non m'accors'io, se non com'uom s'accorge, Anzi il primo pensier, del suo venire.
^^ È Béatrice quella che si scorge Di bene in meglio si subitamente , Che Tatio suo per tempo non si sporge.
Si leur route point ne s'infléchissait, de la vertu qui est dans le ciel une grande partie resterait inutile , et presque toute puissance là en bas serait morte ^ :
Et si du cercle droit, elle s'écartait ou plus ou moins®, beaucoup, et en haut et en bas, en souffrirait l'ordre du monde.
Maintenant, Lecteur, assis sur ton banc, goûte en la pensée ces premières libations, si tu veux jouir longtemps avant de sentir la fatigue.
J'ai servi la table ; à toi désormais de te nourrir. Rappelle tout mon soin le sujet dont j'ai charge d'écrire.
Le plus grand ministre de la nature^, qui de la vertu du ciel empreint le monde, et avec sa lumière nous mesure le temps.
Joint à cette partie mémorée plus haut^, tournait dans les spires où plutôt se présente chaque heure :
Et j'étais en lui; mais du monter je ne m'aperçus, que comme avant le premier penser on s'aperçoit de son venir ^:
Et Béatrice**^, elle qui du bien au mieux si soudainement transporte, que son acte ne s'épand point dans le temps ,