‹ La Divine comédie de Dante Alighieri (volume 4)Chapitre 6 sur 109 · III · texte numérisé non relu

III

ne CANTO DECIMOPRIMO.

-- Questa , priva ta del primo marito . Mille e cent' aiini e più dispetta e scura , Fino a costui si stette-senza invito ;

2* Ne valse udir chc la trovo sicura Con Amiciate , al suon délia sua voce , Colui ch'a tutto il mondo fe paura ;

2^ Ne valse esser costante ne féroce , Si che dove Maria rimase giuso , Ella con Cristo salse in sulla croce.

2^ Ma perch' io non procéda troppo chiuso , Francesco e Povprtà per questi amanti Prendi oramai nel niio parlar difluso.

26 L^ lor concordia e i lor lieti seinbianti , Amore e maraviglia e doice sguardo Facean esser cagion de' pensier santi ;

27 ïanto che il venerabile Bernardo

Si scalzo prima , e dietro a tanta pace Corse, e correndo gli parv' esser tardo.

28 O ignota ricchczza , o ben verace ! Scalzasi Egidio e scalzasi Silvestro Dietro allô sposo ; si la sposa piace.

2'J Indi scn va quel padre e quel maestro Con la sua donna , e con quelhi famiglia Chc già legava Puniile capestro ;

CHAxNT ONZIÈME. 147

■ Privée de son premier époux ^' mille et cent ans, et plus, méprisée et obscure, elle demeura sans être recherchée, jusqu'à celui-ci.

«Et point ne servit d'entendre que, au son de sa voix, la trouva tranquille avec Amyclas, celui qui fit peur au monde entier *^ ;

« Ni ne servit qu'elle eût été si constante et si courageuse que là où Marie se tint en bas*^, elle, avec le Christ monta sur la croix.

«Mais, pour ne pas procéder trop obscurément, par ces amants entends désormais, dans moli parler diffus, François et la pauvreté.

« Leur concorde, et sur leur visage la joie merveilleuse de l'amour, et leur doux regard , inspiraient des pensers si saints,

«Que le vénérable Bernard 2<^, le premier se déchaussa, et courut à une si grande paix, et courant il lui semblait être lent.

«0 richesse inconnue, ô véritable bien! Se déchausse Egidio, et se déchausse Silvestre à la suite de l'époux, tant plaît l'épouse.

«Puis s'en va ce père et c<; maître avec sii dame, el avec (îette famille, que déjà liait l'humble» cordon.

UR CANTO DECIMOPRIMO.

^^ No sli gravo viltii di cuor le ciglia , Per esser fi' di Pietro Bernardone , Ne per parer dispetto a maraviglîa.

** Ma regalmente sua dura intenzione Ad Innocenzio nperse, e da lui ebbe Primo sigillo a sua religione.

*2 Poi che la gente povcrella crebbe Dictro a costui , la cui mirabil vita Meglio in gloria del ciel si canterebbe ,

^* Di seconda corona rediniitii Fu per Onorio daU'eterno spiro La santa voglia d'esto archimandrita.

^^ E poi che , per la sete del martiro , Nella presenza del Soldan superba Predicô Cristo e gli altri che il seguiro :

^^ K per trovare a conversione acerba

Troppo la gente , e per non stare indarno , Reddissi al frutto deiritalica erba ;

^* Nel crudo sasso , intra Tevore ed Arno, Da Cristo prose Y ultimo sigillo , Che 1(* sue membra due anni portarno.

*^ Quando a colui ch'a tanlo bon soilillo, Piacquo di Irarlo suso alla niorrodo, Ch'cgli acquisto nel suo farsi pusillo :

CUÂNT ONZIÈME. 449

« Et point n'appesantit ses sourcils la lâcheté de' cœur^i, d'être fils de Pierre Bernadone, et de paraître merveilleusement vil ;

« Mais royalement à Innocent 22 il exposa son difficile dessein, et de lui il obtint pour sa religion le premier sceau.

• Après que la gent pauvre se fut accrue derrière celui-ci, dont la vie admirable mieux se chanterait dans la gloire du ciel ,

«D'une seconde couronne, l'esprit éternel ceignit par Honorius la sainte volonté de cet Archimandrite ^s.

« Et lorsque, par la soif du martyre, en présence du Soudan superbe il prêcha le Christ, lui et les autres qui le suivirent ;

« Et parce qu'il trouva le peuple trop dur à conversion, et afin de ne pas inutilement s'arrêter là, il revint pour faire fructifier l'herbe Italique.

« Sur un âpre rocher entre le Tibre et l'Amo 2^, il reçut du Christ le dernier sceau *-^, que deux ans ses membres portèrent.

« Lorsqu'il plut à celui qui le choisit pour tant de bien, de l'élever à la récompense qu'il mérita en se faisant petit.

150 CANTO DECIMOPRIMO.

5^ Ai frati suoi , si com' a giuste erede , Raccomandô la sua donna più cara, E comando che l' amassero a fede ;

5^ E del suo grembo V anima preclara Mitover si voile, tornando al suo regno, Ed al suo corpo non voile altra bara.

*^ Pensa oramai quai fu colui , che degno CoUega fu a niantener la barca Di Pietro in alto mar per dritto segno !

^* E questi fu il nostro patriarca ,

Perché quai seguc lui , coni'ei comanda , Discerner puoi cho buona merre carca.

*2 Ma il suo peculio di nuova vivanda È fatto ghiotto si, ch' essor non puote Che per diversi salti non si spanda :

^•^ E quanlr) le sue pécore rimote E vagabonde più da esso vanno , Più tornano all'ovil di latte vote.

^^ Ben son di quelle che temono il danno, E stringonsi al paslor ; ina son si poche , Clie le cappe fornisce poco panno.

^* Or, se le mie parole non son fiocho. Se la tua udienza ô stata attenta , Se cio che ho detto alla mente rivoche .

«A ses frères, comme à de justes héritiers, il recommanda sa Dame si chère, et ordonna qu'ils l'aimassent fidèlement;

«Et de son seings voulut prendre son vol la noble âme en retournant dans son royaume, et pour son corps point ne voulut d'autre bière 2^.

« Pense maintenant ce que fut celui qui fut son digne collègue, pour maintenir la barque de Pierre sur la haute mer dans le droit chemin.

«Celui-ci fut notre Patriarche : c'est pourquoi qui le suit, comme il commande, ^s tu peux voir de quelle bonne marchandise il se charge.

«Mais son troupeau d'une nouvelle pâture est devenu si avide, que force est qu'il s'égare en divers sentiers :

• Et plus ses brebis loin de lui s'en vont vagabondes, plus elles reviennent au bercail vides de lait.

«Bien en est- il qui craignent le dommage, et se serrent contre le pasteur; mais si rares elles sont, que pour leurs capes suffit peu de drap.

«Or, si mes paroles ne sont pas rauques, si à m'écouter tu as été attentif, si en ton esprit tu rappelles ce que j'ai dit.

152 CANTO DECIMOPRIMO.

^6 In parte fia la tua voglia contenta , Perche vedrai la pianta oncle si scheggia , E vedrù il correggier che argoinenta

V ben s'impinguaj se non si vaneggia.

* Ton désir en partie sera satisfait -^ , parce que tu verras l'arbre duquel se font les copeaux ^^, et verra celui que ceint la courroie^* ce qu'indique:

« On bien l'on s'engraisse^ si point ne distraient les choses vaines. »

CANTO DECIMOSECONDO

* Si tosto corne V ultima parola La benedetta fiamma per dir toise , A rotar cominciô la santa mola ;

2 E nel suo giro tutta non si volse

Prima ch'un altra d'un cerchio la chiuse , E moto a moto , p canto a canto colse ;

Canto, che tonto vince nostre Muse, Nostre sirène, in quelle dolci tube, Quanto primo splendor quel ch'e' rifuse.

Corne si volgon per tenera nube Due archi paralleli e concolori, Quando Giunonc a sua ancellajube.

•*> Nascpiido di quel dViitro quel di fuori , A guisa del parlar di quella vaga .

Ch'amor consunse corne Sol vapori ;

Au moment où la flamme bénie prononçait sa dernière parole, la sainte roue commença do tourner,

Et elle n'avait pas achevé son circuit, qu'Une autre renferma en un cercle, et mouvement à mouvement, chanta chant joignit;

Chqntqui, dans ces douces trompettes, vainc nos muses, nos sirènes, autant que la première splendeur, celle qui en est le reflux *.

Comme dans une humide nuée, lorsque Junon commande h sa servante 2, on voit deux arcs parallèles et pareils de couleur.

L'extérieur naissant de l'intérieur, i^ la manière du parler de cette amante ^ que l'amour consuma comme le Soleil vaporise ,

456 CANTO DECIMOSECONDO.

^ E faimo qui la gente esser presaga , Per lo patto che Dio con Noè pose , Del mondo , che giammai piii non s' allaga :

^ Cosi di quelle sempiterne rose Volgeansi circa noi le duo ghirlande , Es! Testrema ail' intima rispose.

^ Poichè '1 tripudio e Taltra festa grande , SI del cantare e si del fiammeggiarsi Luce con luce gaudiose e blande,

^ Insieme a punto ed a voler quetârsi ,

Pur corne gli occhi, ch'al piacer che i inuove Conviene insieme chiudere e levarsi ;

*^ Del cuor dell'una délie luci nuove Si mosse voce, che Tago alla Stella Parer mi fece in volgermi al suo dove ;

** E cominciô : L'amor che mi fa bella Mi tragge a ragionar dell'altro duca , Per cui del mio si ben ci si favella.

*2 Degno è che dov'è F un Taltro s'induca , SI che com'elli ad una militaro, Cosi la gloria loro insieme luca.

** L'esercito di Cristo, che si caro Costô a riarmar, dietro alf insegna Si movea tardo , sospeccioso e rare ;

CHANT DOUZIÈMK. 157

Et qui aux hommes annonce ici , selon le pacte que Dieu fit avec Noé, que désormais le monde ne sera plus submergé.

Ainsi de ces roses éternelles, autour de nous tournaient les deux guirlandes, et ainsi celle du dehors à celle du dedans répondit^.

Après la danse et les chants de fête, et le mutuel rayonnement de ces joyeuses ef douces lumières.

Elles s'arrêtèrent d'accord, et au même instant, comme, selon le plaisir qui les meut, les yeux ensemble se ferment et se lèvent

Du sein d'une des lumières nouvelles, sortit une voix qui, m'attirant là d'où elle partait, me fit ressembler à l'aiguille qui se tourne vers l'étoile ^,

Et commença : « L'amour qui me fait belle me presse de discourir de l'autre chef^, h l'occasion duquel si bien ici du mien l'on parle.

• Il convient que là où est l'un, l'autre soit introduit, de sorte qu'unis dans le même combat, ils reluisent d'une même gloire.

«L'armée du Christ, (iiii coût^ si cher à réarmer, derrière l'enseigne ^ lentenient marchait, en doute et peu nombreuse ,

458 CANTO DECIMOSECONDO.

*^ Quando lo 'mperador che sempre régna , Provvide alla milizia ch'era in forse , Per sola grazia , non per esser degna ;

*5 E , com' è deUo , a sua sposa soccorse Con duo campioni , al cui fare , al cui dire Lo popol disviato si raccorse.

^Ç In quella parte , ove surge ad aprire Zeffiro dolce le novelle fronde , Di che si vede Europa riveslire ,

*7 Non inollo lungi al percuoter dell'onde , Dietro aile quali, per la lunga foga, Lo Sol tal volta ad ogni uon) si nasconde ,

*^ Siede la fortunata Callaroga ,

Sotto la protezion del grande scudo.

In che soggiace il leone e soggioga.

^^ Dentro vi nacque T amoroso di'udo Délia fede cristinna , il santo atleta , Benigno a' suoi ed a' nimici crudo ;

20 E corne fu rreata , fu repicta Si la sua mente di viva virtute , Che nella madré lei fece profeta.

21 Poichè le sponsalizi(i fur compiutc»

Al sacro font(î intra lui e la Ked(î , ir si dolar di mutua sainte ;

«Lorsque l'Empereur qui toujours règne, pourvut à la milice en péril, seulement par grâce, non pour ses mérites,

« Et, comme il a été dit, au secours de son épouse envoya deux champions, aux exemples de qui, aux paroles de qui , le peuple égaré rentra dans la voie.

« En ces lieux où se lève le doux zéphyr ^, pour ouvrir les feuilles nouvelles dont on voit P Europe se revêtir ;

« Non loin des rivages que frappent les ondes , derrière lesquelles, dans sa longue fuite, le Soleil h tout homme se cache quelquefois ^,

• Sise est l'heureuse Callaroga, sous la protection du grand bouclier où le lion est subjugué et subjugue ^^.

« Là naquit Tamant passionné de la foi chrétienne, le saint athlète, doux aux siens, et dur aux ennemis;

« Et dès que fut créé son esprit, il fut rempli d'une si vive vertu, que, lui encore dans le sein de sa mère, elle la fit prophétesse *^.

«Lorsque le mariage fut accompli entre lui et la foi, sur les fonts sacrés, où ils se dotèrent d'un mutuel salut *2

460 CANTO DECIMOSECONDO.

22 La donna , che per lui V assenso diede , Vide nel sonno il mirabiie frutto Ch'uscir dovea di lui e délie rede :

2* E perché fosse , quale era , in costrutto , Quinci si mosse spirito a nomarlo Del possessive , di cui era tutto.

2^ Domenico fu dette ; ed io ne parle Si corne delPagricola , che Cristo Elesse all'orto suo per aiutarlo.

25 Ben parve messo e famigliar di Cristo , Chè il primo amor che in lui fu manifesto , Fu al primo consiglio che diè Cristo.

2^ Spessc fiate fu tacito e desto Trovato in terra dalla sua nutrice, Come dicesse : Io son.venuto a questo.

27 O padre suo voramente Felice !

O madré sua veramente (iiovanna .

Se interpretata val come si dicc !

28 Non per Io monde, per cui mo s'affanna Diretro ad Ostiense ed a Taddeo ,

Ma per amor délia vcrace manna ,

2^ In picciol tempo gran dottor si feo, Tal che si mise a circuir la vigna , Che toslo imbiancn , se M vignaio o reo;

« La Dame qui pour lui donna le consentement ^^, vit dans le sommeil le merveilleux fruit qui devait sortir de lui et de ses héritiers :

« Et afin qu'apparent fût ce qu'il était, d'ici vint un esprit pour le nommer du possessif de celui à qui tout entier il était *^.

• Dominique il fut appelé; et de lui je parle comme du cultivateur que le Christ élut pour l'aider à son jardin,

« Bien parut-il envoyé et semteur du Christ, le premier amour qui en lui se manifesta ayant eu pour objet le premier conseil que le Christ donna.

t Souvent, silencieux et veillant, à terre le trouva sa nourrice, comme s'il eût dit : Je suis venu pour cela.

« O vraiment Félice ^^ son père ! O vraiment Giovanna*® sa mère ! si le nom a le sens qu'on dit.

«Non pour le monde, pour qui maintenant l'on se fatigue à la suite d'Ostiense^^ et de Taddéo*^, mais pour l'amour de la véritable manne ,

« En peu de temps il se fit grand docteur, tellement qu'il se mit à parcourir la vigne qui tôt blanchit^®, si mauvais est le vigneron :

Page 1