III H
\^i CANTO OECIMOSECONDO.
^^ Ed alla sedia , che fu già benigna Più a' poveri giusti, non per lei.
Ma per colui che aiede e che traligna ,
*^ Non dispensare o due o tre per sei , Non la fortuna di primo vacante, y on décimas^ quœ sunt paitperum Ihi ,
*2 Addiniandô ; ma contra il mondo errante Licenzia di combatter per lo semé , Del quai ti fascian ventiquattro piante.
^* Poi con dottrina e con volere insieme Con l'uficio apostolico si mosse.
Quasi torrente ch' alta vena preme ;
^^ E negli sterpi eretici percosse L' impeto suo , più vivamente quivi , Dove le resistenze eran più grosse.
^^ Di lui si fecer poi diversi rivi , Onde Porto cattolico si riga, SI che i suoi arbuscelli stan più vivi.
*^ Se tal fu r una rota délia biga , In che la Santa Chiesa si difese, E vinse in campo la sua civil briga ,
^7 Ben ti dovrebbe assai esser palese L'eccellenza deiraltra, di cui Tomma Dinanzi al mio venir fu si corlese.
« tit à la chaire qui fut jadis plus béuigiie pour les pauvres justes 2<^, point par elle-même, mais par celui qui y est assis et qui forligne,
« Mon de dispenser ou deux ou trois pour six 2*, non la fortune de la première vacance-"-, non decimaa^ qtiœ 6unt pauperum Dei 2^,
« Il demanda; mais la permission de combattre contre le monde égaré, pour la semence-* de laquelle t'entourent vingt-quatre plantes 20.
« Puis, avec doctrine et vouloir tout ensemble, avec mandement apostolique, il se mut comme un torrent que presse une haute veine;
« Et, parmi les buissons hérétiques, son cours impétueux plus fortement frappa là où plus grandes étaient les résistances.
« Puis il se divisa en plusieurs ruisseaux qui arrosent le jardin catholique, de manière que plus vigoureux en sont les arbrisseaux.
« Si telle fut Tune des roues du char sur lequel la sainte Église se défendit et vainquit dans sa guerre civile,
« Bien te devrait (être manifeste rexcellence de l'autre-^, pour qui, avant que je vinsse, Thomas fut si courtois :
CANTO DECIMOSECONDO.
*** Ma r orbita , che fe la parte somma Di sua circonferenza, è derelitta, Si ch'è la muffa dov'era la gromma.
*® La sua famiglia che si mosse dritta Co' piedi aile sue orme , è tanto volta • Che quel dinanzi a quel diretro gitta ;
^® E tosto s' avvedrà délia ricolta Délia mala cultura, quando il loglio Si lagnerà che l'arca gli sia tolta.
^^ Ben dico , chi cercasse a foglio a foglio Nostro volume , ancor troveria carta U' leggerebbe : V mi son quel chMo soglio
^2 Ma non fia da Casai , ne d'Acquasparta ; Là onde vegnon tali alla scrittura , Ch'uno la fugge e V altro la coarta.
^* lo son la vita di Bonaventura Da Bagnoregio , che ne' grandi ufici Sempre posposi la sinistra cura.
^^ Illuminato ed Agostin son quici, Che fur de' primi scalzi poverelli , Che nel capestro a Dio si fero amici.
*^ Dgo da Sanvittore è qui con elli , E Pietro Mangiadore , e Pietro Ispano .
!^o quai giù luce in dodici libelli ;
« Mais tellement est abandonnée l'orbite que traça la sommité de sa circonférence, que où était le tartre est la moisissure. ^
t Sa famille, qui droit s'en allait posant le pied sur ses pas, a tant dévié, que celui de devant marche à rebours de celui de derrière ;
« Et tôt verra-t-elle la récolte de la mauvaise culture, lorsque l'ivraie se plaindra d'être laissée hors du grenier.
«Cependant, qui fouillerait feuille à feuille notre volume, en trouverait encore quelqu'une oii il lirait : Je suis ce que j'étais. m
« Mais celle-là ne serait ni de Casai ni d'Acquasparta ^t, d'où viennent de tels interprètes de la règle, que l'un l'élargit et l'autre la resserre.
«Je suis l'âme de Bonaventure de Bagnoregio, qui, dans les grands offices, postposai toujours le soin gauche ^.
« Ici sont Illuminato et Agostino , qui furent les premiers pauvres déchaussés, et sous le cordon se firent les amis de Dieu.
« Hugues de Saint-Victor^est ici avec eux, et Pierre Comestor^t, et Pierre l'Espagnol, qui en bas luit en douze livres ^^
16fi CANTO DECIMOSECONDO.
*« Natan profeta , e il metropolitano Crisostomo , ed Anselme , e quel Donato Ch'alla prim'arte degnô poner mano.
*' Rabano è qui , e lucemi da lato Il Calavrese abate Gioacchino, Di spirito profetico dotato.
^^ Ad inveggiar cotanto paladino Mi mosse la infiammata cortesia Di fra Tommaso , e il discreto latino ;
E mosse meco questa compagnia.
• Le prophète Nathan, et le métropolitain Chrysostôme, et Anselme aJ, et ce Donat, qui au premier art daigna mettre la main ^ij;
t Ici est Rabane, et à côté de moi luit l'abbé Joachin **, doué d'esprit prophétique.
€ Pour honorer un si grand Paladin */, m'a mu la courtoisie pleine d'amour do fra Tommaso, et son discret parler •^,
« Et avec moi elle a mu cette compagnie ^. »
CANTO DECIMOTERZO
* liTimagini chi bene intender cupe Quel ch'io or vidi (e ritegna l'image, Mentre ch'io dico, come ferma rupe)
2 Quindici stelle , che in diverse plage Lo cielo avvivan di tanto sereno , (ihe soverchia dell'aere ogni compage :
^ Immagini quel carro a cui il seno. Basta del nostro cielo e notte e giorno , SI ch'al volger del temo non vien meno
^ Immagini la bocca di quel corno, Che si comincia in punta dello st^lo A cui la prima rota va dintorno,
^ A ver fatto di se duo segni in cielo. Quai fece la figliuola di Minoi Allora che senti di morte il gelo ;
Qui désire bien entendre ce qu'alors je vis, qu'il imagine, et, pendant que je parle, retienne l'innage comme une roche ferme.
Que les quinze étoiles * qui , en des plages diverses, animent le ciel d'une si vive clarté, qu'elle pénètre l'air le plus dense :
Qu'il imagine que ce char -, auquel et de nuit et de jour suffit le champ de notre ciel, qu'il ne quitte jamais, on que se dirip^e le timon :
Qu'il imagine que la bouche^ de cette corne, qui commence à la pointe de l'axe sur lequel se meut la première roue.
Ont fait de soi deux signes dans le ciel ^, semblables à celui que fit la fille de Minos, lorsqu'elle sentit le gel de la mort ;
170 CANTO DECIMOTERZO.
^ E l'un neiraltro aver gli raggi suoi E amenduo girarsi per maniera , Che l'uno andasse al prima e l'altro al poi;
E avrà quasi l'ombra délia vera Costellazione ,.e délia doppia danza , Che circula va il punto dov' io era ;
^ Poi ch'è tanto di là da nostra usanza , Quanto di là dal muover délia Chiana Si muove il ciel che tutti gli altri avanza,
^ Ll si cantô non Bacco , non Peana , Ma tre Persone in divîna natura , E in una persona essa e l'umana.
*<*^Compiè il cantare e il volger sua misura , E attesersi a noi quei santi lumi , Felicitando se di cura in cura.
** Ruppe il silenzio ne' concordi numi Poscia la luce, in che mirabil vita Del poverel di Dio narrata fumi ,
** E disse : Quando V nna paglia è tritii , Quando la sua semenza è già riposta, \ batter Taltra doice amor m'invita.
** Tu credi che nel petto , onde la costa Si trasse per formar la bella guancia , Il cui palato a tutto il mondo costa ,
Et que l'un dans l'autre ils rayonnent, et que tous deux tournent de manière que l'un précède et que l'autre suit :
Et en soi il aura comme l'ombre de la vraie constellation et de la double danse qui tournaient autour du point où j'étais;
Car elles surpassent autant ce que d'habitude nous imaginons, que sm-passe la vitesse de la Chiana ^, celle du ciel qui devance tous les autres.
Là se chantait non Bacchus, non Pœan^, mais trois Personnes dans la divine nature, et celle-ci et l'humaine dans tme seule Personne.
Le chanter et le tourner accomplirent leur mesure, et sur nous se porta l'attention de ces saintes lumières, heureuses de passer d'un soin h un autre soin.
D'au milieu des Saints unis de cœur, ensuite rompit le silence la lumière dans laquelle la vie admirable du pauvre de Dieu me fut racontée ^ ;
Et elle dit : « Quand une paille est foulée, quand sa semence est serrée, h battre l'autre un doux amour m'invite.
tTu crois que, dans la poitrine^ d'où fut tirée la côte pour former la belle bouche dont le palais au monde entier coûta si cher ^ ,
I7i CANTO DECIMOTERZO.
** E in quel che , forato dalla lancia, E poscia e prima tanto sodisfece, Che d^ogni colpa vince la bilancia ,
*^ Quantunque alla natura umana lece Aver di lume , tutto fosse infuse Da quel Valor che Tuno e Taltro fece ;
*^ E perô ammiri ciô ch' io dissi suso , Quando narrai che non ebbe seconde Lo ben che nella quinta luce è chiuso.
*7 Ora apri gli occhi a quel ch' io ti rispondo , E vedrai il tuo credere e il mio dire Nel vero farsi come centro in tondo.
*® Ciô che non muore e cio che puô morire Non è se non splendor di quel la idea Che partorisce , amando , il nostro sire ;
*^ Chè quella viva lace che si mea Dal suo lucente , che non si disuna Da lui , ne daU'Amor che in lor s'intrea,
2^ Per sua bontate il suo raggiare aduna , Quasi specchiato, in nove sussistenze, Eternalmente rinianendosi una.
2* Quindi discende alT ultime potenze Giii d'atto in atto, tanto divenendo, Che più non fa che brevi contingenze;
CHANT TREIZlÈMli. 473
« Et dans celle qui ^^, percée de la lance, et avant et après** tant satisfit, que dans la balance elle pesa plus qu'aucune faute ,
«Tout ce qu'à Thuniaine nature il est pennis de posséder de lumière, fut infus par cette puissance qui forma Tune et l'autre *2 ;
« Et ainsi tu t'étonnes de ce qu'auparavant dans mon narré j'ai dit, que n'eut point de second le bienheureux ** que renferme la cinquième lumière.
t Maintenant ouvre les yeux à ce que je te réponds, et tu verras ta croyance et mon dire devenir, dans le vrai , ce que le centre est dans le cercle *^.
« Ce qui ne meuil point et ce qui peut mourir *^, n'est que la splendeur de cette idée*^ qu'enfante, en aimant, notre Sire ^^ ;
« Parce que cette vive lumière, qui de son générateur *® dérive de telle manière, qu'elle ne se sépare ni de lui ni de l'amour, lequel forme avec eux le ternaire*^,
«Par sa bonté, rassemble ses rayons, comme en un miroir, dans neuf substances 2^, en demeurant éternellement une.
« De là elle descend jusqu'aux dernières puissances^*, tant, d'acte en acte, s'abaissant, qu'elle ne crée plus que de brèves contingences 22 :
474 CANTO DKCIMOTERZO.
22 E queste contingenze essere intendo Le cose générale , che produce Cou semé e senza semé il ciel movendo.
25 Le cera di costoro, e chi la duce,
Non sta d'un modo, e pero sottoil segno Idéale poi piii e men traluce :
2^ Ond'egii avvien che un medesimo legno, Secondo spezie, meglio e peggio frutta, E voi nascete con diverso ingegno.
2^ Se fosse a punto la cera dedutta , E fosse il cielo in sua virtii suprema , La luce del suggel parrebbe tutta.
26 Ma la uatura la dà sempre scema , Similemente operando alf artiste,
C ha Tabito del Parte e man che tréma.
2^ Pero se il caido amor la chiara vista Délia piima virtii dispone e segna, Tutta la perfezion quivi s' acquiste.
2» Cosi fu fatta già la terra degna Di tutta l'animal perfezione; Cosi fu fatta la Vergine pregna.
2^ Si ch' io conimendo tua opinione ; Chè r umana natura mai non fue , Ne lia , quai fu in quelle due persoiie.
CHANT TKEIZIËMK. 175
« Et ces contingences, j'entends que ce sont les choses engendrées, que de semence ou sans semence produit le ciel en se mouvant,
« Leur cirera et ce qui la modèle *^^, ne sont pas toujours uniformes; ce pourquoi au-dessous le signe idéal 2^ plus ou moins reluit à travers :
« D'où il advient que, dans la même espèce, les arbres portent un fruit meilleur ou pire, et que vous naissez avec des génies divers,
« Si la cire était parfaitement disposée, et que le ciel fût dans sa plus haute vertu, la lumière du sceau paraîtrait tout entière :
«Mais toujom's amoindrie la rend la nature, opérant comme l'artiste qui a l'habitude de l'art et une main qui tremble.
« Si au contraire, avec son ardent amour et sa claire vue, la première vertu dispose et empreint, toute perfection alors s'acquiert 2^,
« Ainsi jadis la terre fut faite apte à toute la perfection animale ^7 ; ainsi conçut la Vierge.
«De soile que je loue ton opinion, que l'humaine nature ne fut ni ne sera jamais telle qu'elle fut on ces deux personnes.
ne CANTO DliClMOTERZO.
^ Or, s'io non procedessi avanti piue , Dunque corne costui fu senza pare?
Comincerebber le parole tue.
** Ma perché paia beii quel che non pare, Pensa chi era , e la cagion che M mosse , Quando fu detto , Chiedi , a dimandare.
^'^ Non ho parlato si , che tu non posse Ben veder ch'ei fu re che chiese senno , Acciocchè re sufliciente fosse ;
** Non per saper lo numéro in che enno Li motoi* di quassù , o se necesse Con contingente mai necesse fenno ;
^^ Non , si est clare primum motum esse , O se de! mezzo cerchio far si puote Triangol si , ch' un retto non avesse,
*^ Onde, se ciô ch'io dissi e questo note. Régal prudenza è quel vedere impari , In che lo stral di inia intenzion percote.
^® E se al Surse drizzi gli occhi chiari , Vedrai aver solamente rispetto Ai régi , che son molti , e i buon son rari.
^^ Con questa distinzion prendi il mio detto; E cosi puote star con quel che credi Del primo padre e del nostro Diletto.
«Si plus avant je n'allais pas': — Comment donc, dirais-tu, celui-là 2» fut-il sans pair?
«Mais, pour que clair devienne ce qui ne Test pas, pense qui il était , et la cause qui le mut à demander, lorsqu'il lui fut dit : Demande.
« Point n'ai-je parlé de manière que tu ne pusses bien voir, qu'était Roi celui qui demanda la science, afin de suffire à l'office de roi ,
« Non pour savoir le nombre des moteurs de làhaut, ou si jamais le iiecesse avec un contingent engendre le necesse,^^
• Non si est dare yrimum moium f.swe" ou si du demi-cercle se peut faire un triangle qui n'ait pas un angle droit *^ :
« Ainsi donc, si tu remarques ce que j'ai dit et ceci ^^ la royale sagesse est ce voir sans égal , que frappe la flèche de mon intention.
« Et si à surgit tu regardes d'une vue claire, tu verras qu'il se rapporte seulement aux rois qui sont nombreux , et les bons sont rares ^9.
« Avec cette distinction prends mon dit ; et ainsi il peut subsister avec ce que tu crois du premier père et de notre bien-aimé ^
m ht
m CANTO DECIMOTERZO.
^^ E questo ti fia sempre piombo a' piedi , Per farti muover lento, com'uom lasso, E al si e al no , che tu non vedi ;
*^ Chè quegli è tra gli stolti bene abbasso, Che senza distinzione afferma o niega , Cosi neir un corne nell'altro passo ;
^^ Perch'egr incontra che più volte piega L'opinion corrente in falsa parte, E poi l'affetto lo intelletto lega.
^* Vie più che indaino da riva si parte , Perché non torna tal quai ei si move , Chi pesca per lo vero e non ha l' arte :
^2 E di ciô sono al mondo aperte prove Parmenide , Melisso , Brisso , e molti , Li quali andavan, e non sapean dove.
^^ Si fe Sabellio ed Arrio, e quegli stolti Che furon corne spade aile scritture
I n render torti li diritti volti,
^^ Non sien le genti ancor troppo sicure A giudicar, si corne quei che stiina Le biade in campo pria che sien mature ;
^^ Ch'io ho veduto tutto il verno prima
II prun niostrarsi rigido c féroce, Poscia portai- la rosa in su la cima ;
■ Et que ceci toujours te soit du plomb aux pieds , pour que lentement, comme un homme las, tu te meuves vers le oui et le non que tu ne vois pas î^l
« Car, parmi les sots, bien bas est celui qui sans distinction affirme et nie, aussi bien l'un que Pautre,
« Parce qu'il arrive souvent que l'opinion hâtive ploie d'un côté faux, et ensuite l'affection ^4 lie l'entendement.
«Beaucoup plus qu'en vain quitte le rivage, parce que point il ne revient tel qu'il est parti, celui qui va pour prêcher le vrai, et ne sait point l'art :
« Et de cela, dans le monde sont des preuves manifestes Parmenide ^/^ Mélissus ^t et Brisgo ^, et bien d'autres, qui allaient et ne savaient où.
«Ainsi firent Sabellius et Arius^et ces insensés qui à r Écriture furent comme des épées, rendant tors ce qui était droit.
«Qu'on ne juge point non plus avec trop d'assurance ^f, comme celui qui dans un champ estime les Wés avant qu'ils soient mûrs :
«Car j'ai vu tout l'hiver l'églantier d'abord se inontrer âpre et rude, puis porter la rose sur sa cime;
180 CANTO DECIMOTERZO.
^* E legno vidi già dritto e veloce Correr lo mar per tutto suo cammino, Périr al fine aU'entrar délia foce.
^^7 Non creda monna Berta e ser Martino , Per vedere un furare, altro offereie , Vederli dentro al consiglio divine :
Chè quel puo surgero, e quel puo cadere.
CHANT TREIZIÈME. m
€ Et j'ai vu un vaisseau , après avoir, droit et rapide, couru la mer pendant toute sa route, périr enfin à l'entrée du port.
« Qu'en voyant l'un dérober, 1 autre offrir, ne croient pas monna Berta et ser Martino Al^voir au fond du conseil divin :
«Car celui-là peut se relever, et celui-ci tomber. »
CANTO DECIMOQUARTO
Dal centro al cerchio, e si dal cerchio al centro Movesi r acqua in un ritondo vaso , Seconde ch' è percossa fuori o dentro.
Nella mia mente fe subito caso Questo ch'io dico, si corne si tacque La gloriosa vita di Tommaso,
Per la similitudine che nacque
Del suo parlare e di quel di Béatrice,
A cui si cominciar dopo lui piacque :
^ A costui fa mestieri , o nol vi dire N(i con la voce ne pensa ndo ancora , D'un altro voro andare alla radice.
Ditegli se la luce, onde s'infiora Vostra sustanzia , rimarrà con voi Ktomalmente si roni'ella è ora :
Du centre à la circonférence et de la circonférence au centre, se meut Teau dans un vase rond, selon qu'elle est frappée en dehors ou en dedans.
Ceci soudain me vint à Tésprit, sitôt que do Thomas se tut la glorieuse âme,
Par la similitude avec son parler et celui de Béatrice*, à qui, après lui, il plut de commencer ainsi :
« Celui-ci a besoin, et ni sa voix ni sa pensée même ne vous le disent, d'aller h la racine d'une autre vérité.
« Dites- lui si la lumière dont se fleurit votre substance, avec vous demeurera éternellement comme elle est maintenant :
48i CANTO DECIMOQUARTO.
* E , se rimane , dite corne , poi Che sarete visibili rifatti, Esser potrà ch' al veder non vi nôi.
Corne da più letizia pinti e trattî Alcuna fiata quei che vanno a rota, Levan la voce, e rallegrano gli atti ;
^ Cosl air orazion pronta e devota L\ santi cerchi mostrar nuova gioia Nel torneare e nella mira nota.
^ Quai si lamenta perché qui si moia Per viver colassù, non vide quive Lo refrigerio deU'eterna ploia.
^® Quell'uno e due e tre che sempre vive, E régna sempre in tre e due e uno , Non circonscritto , e tutto circonscrive,
^* Tre voile era cantato da ciascuno Di quegli spirti con tal melodia , Ch'ad ogni merto saria giusto muno.
*2 Ed io udii nella luce più dia
Del minor cerchio una voce modesta, Forse quai fu deU'Angelo a Maria ,
^^ Risponder : Quanto fia lunga la testa Di Paradiso , tanto il nostro amore Si raggern dintorno rotai vosin.
CHANT QUÂTOKZIÈME. 185
«Et si elle demeure, dites comment, lorsque vous serez redevenus visibles 2, il se pourra cpi'elle ne vous soit pas à voir un empêchement *. »
Comme quelquefois, par plus d'allégresse poussés et tirés, ceux qui dansent en rond élèvent la voix , et dans leurs gestes s'animent de plus de gaieté ;
Ainsi, à la prompte et 'dévote prière, les Cercles saints montrèrent dans leur danse et leur merveilleux chant une joie nouvelle.
Qui se lamente de ce qu'ici l'on meurt pour vivre là -haut, ne voit pas quel y est le rafraîchissement de l'éternelle pluie.
Cet un et deux et trois qui toujours vit, et règne toujours en trois et deux et un^, non circonscrit et circonscrivant tout.
Trois fois était chanté par chacun de ces esprits, avec une telle mélodie, qu'à tout mérite elle serait une pleine récompense.
Et dans la plus divine lumière du Cercle le plus étroit^, j'entendis une voix modeste, telle peut-être que fut celle de l'Ange k Marie,
Répondre : « Aussi longue que sera la fête du Paradis, aussi longtemps notre amour fera rayonner autour de soi un pareil vêtement.
486 CANTO DECIMOQUARTO.
*^ La sua chiarezza seguita l' ardore , L'ardor la visione , e quella è tanta Quant' ha di grazia sovra suo valore.
** Come la carne gloriosa e santa Fia rivestita, la nostra persona Più grata fia , per esser tutta quanta.
^^ Perché s' accrescerà ci6 che ne dona Di gratuito lume il soinmo Bene ; Lume ch' a lui ne condiziona :
*^ Onde la vision crescer conviene ,
Crescer l'ardor che di quella s'accende , Crescer lo raggio che da esso viene.
*® Ma si come carbon che fiamma rende , E per vivo candor quella soverchia Si , che la sua parvenza si difende ;
*^ Cosi questo fulgor, che già ne cerchia , Fia vinto in apparenza dalla came Che tuttodl la terra ricoperchia ;
*^ Ne potrà tanta luce affaticarne , Chè gli organi del corpo saran forti A tuito cio cho potrfi dilettarne.
21 Tanto mi parver subiti ed accorti E Puno e Taltro coro a dicer amme , Che ben mostrar dislo de'corpi morti
CHANT QUATORZIËME. 487
€ Son éclat suit l'ardeur, l'ardeur la vision, et celle-ci est égale à la grâce surajoutée à sa puissance.
« Lorsqu'elle aura revêtu la chair glorieuse et sainte, plus, étant complète, plaira notre personne.
• Ce pourquoi s'accroîtra ce que de gratuite lumière nous donne le souverain Bien, lumière qui
iim rpnH anfi^fi h la vmr •
nous rend aptes à la voir :
«D'où doit croître la vision, croître l'ardeur qu'elle allume, croître le rayon ^ qui de l'ardeur vient.
« Mais comme le charbon qui jette de la flamme, et en éclat la surpasse tellement que distinct il y apparaît ;
« Ainsi cette splendeur qui maintenant nous enveloppe, sera vaincue par l'éclat de la chair qu'aujourd'hui la terre recouvre :
« Et point ne nous fatiguera cette éclatante lumière, parce que seront forts les organes du corps à tout ce qui pourra nous délecter. »
Tant me parurent animés et prompts l'un et l'autre chœur h dire amen, que bien montrèrent -ils le désir (les corps morts ' ;
488 CANTO DECIMOQUARTO.
*^ Forse non pur per lor, ma per le mamme , Per li padri , e per gli altri che fur cari , Anzi che fosser seinpiterne fiamme.
^* Ed ecco intorno di chiarezza pari Nascere un lustro sopra quel che v'era , A guisa d'orizzonte che rischiari.
2^ E si corne al salir di prima sera Comincian per lo ciel nuove parvenze , SI che la vista pare e non par vera ;
** Parvemi 11 novelle sussistenze Cominciare a vedere, e fare un giro Di fuor dair altre due circonferenze.
*^ 0 vero sfavillar del santo spiro, Corne si fece subito e candente Agli occhi miei, che vinti nol soffriro!
27 >la Béatrice si bel la e ridente Mi si mostrô, che tra T altre vedute Ni vuol lasciar che non seguir la mente.
2^ Quindi ripreser gli occhi miei virtute A rilevarsi , e vidimi traslato Sol con mia Donna a piii alta sahite.
^^ Ben m'arcors'io ch'i'era più levato, Por Taffocato riso délia Stella , Che mi parea più roggio che V usjUo.
CHANT (,)UATORZlÈMIi. 489
Peut-être non pour eux seuls, mais pour les mères, les pères, et les autres qui leur furent chers, avant qu'ils fussent des flammes éternelles ^.
Et voilà® qu'au-dessus de la lumière qui était là, en naît autour une autre de pareil éclat, à la manière d'un horizon qui s' éclair cit.
Et comme, quand monte le premier soir *^, de nouveaux astres commencent à se montrer dans le ciel , de telle sorte que la vue paraît et ne paraît pas vraie** ;
Il me parut là commencer à voir de nouvelles substances *2 tourner en dehors des deux autres Cercles.
O vrai rayonnement de l'Esprit saint, conmie soudain son éclat frappa mes yeux, qui vaincus point ne le supportèrent !
Mais si belle et si riante à moi se uiontra Béatrice, que les choses alors vues doivent rester avec les autres que la pensée laissa derrière soi.
D'elle ** mes yeux reprirent la foice de se relever, et je me vis transporté seul avec ma Dame en une plus haute gloire.
Bien m'aperçus-je que j'avais monté, à l'éclat flamboyant de l'étoile, qui me sembla plus rouge que relies déjà vues.
490 CANTO DECIMOQUARTO.
*^ Con tutto il cuore , e con quella favella Ch'è una in tutti, a Dio feci olocausto, Quai conveniasi alla grazia novella;
** E non er' anco del mio petto esausto V ardor del sacrificio , ch' io conobbi Esso litare stato accetto e fausto ;
*^ Chè con tanto lucore e tanto robbi
M' apparvero splendor dentro a duo raggi, Ch'io dissi : 0 Eliôs, che si gli addobbi !
•^* Corne distinta da minori e maggi Lumi biancheggia tra i poli del mondo Galassia si , che fa dubbiar ben saggi ,
** Si costellati facean nel profondo Marte quel raggi il venerabil segno , Che fan giunture di quadranti in tondo,
** Qui vince la memoria mia Io ingegno ; Chè in quella croce lampeggiava Cristo , Si ch' io non so trovare esemplo degno.
^^ Ma chi prende sua croce e segue Crîsto , Ancor mi scuserà di quel ch'io lasso, Veggendo in quelFalbor balenar Cristo.
^^ Di corno in corno, e tra la cima e il basso. Si inovean lumi, scintillando forte Nel congiungersi insieme e nel trapasso.
De tout cœur et dans ce langage qui est le même en tous*^, à Dieu j'offris un holocauste, tel qu'il convenait à la grâce nouvelle.
Et dans ma poitrine pas encore n'était épuisée l'ardeur du sacrifice, que je connus qu'il était accepté favorablement.
Au dedans de deux rayons ni' apparaissant des splendeurs si vives et si rouges, que je dis : « 0 Elios*^, qui ainsi les ornes ! »
Comme, distincte des petites et des grandes lumières*®, entre les pôles du monde blanchit Galaxie *", de manière que, pour de très-savants, elle est un sujet de doutes *® ;
Ainsi ces rayons constellés formaient dans la profondeur de Mars le signe vénérable que dans un cercle forment deux lignes qui se coupent carrément.
Ici ma mémoire vainc l'esprit ; car sur cette croix tellement luisait le Christ, que je ne sais trouver rien à y comparer :
Mais qui prend sa croix et suit le Christ, m'excusera d'y renoncer, lorsque sur cet arbre il verra le Christ rayonner comme l'éclair.
D'un bras à l'autre,, et du sommet au pied, se mouvaient des lumières, scintillant fortement lorsqu'elles se joignaient et se croisaient :
192 CANTO DECIMOQUARTO.
^s Cosi si veggion qui diritte e torte , Veloci e tarde, rinnovando vista , Le minuzie de' corpi , iunghe e corte ,
^^ Moversi per lo raggio , onde si lista Tal volta V ombra , che per sua difesa La gente con ingegno ed arte acquista.
^® E come giga ed arpa in tempra tesa Di moite corde fan doice tintinno A tal da cui la nota non è intesa ;
^* Cosi da' lumi che U m'apparinno S' accogliea per la croce una melode , Che mi rapiva senza intender l' inno.
^2 Ben m' accors' io ch' ell' era d' alte Iode , Perocchè a mé venia Risurgi e vinci , Com'a colui che non intende, e ode.
^* Io m'innamorava tanto quinci, Che infino a li non fu alcuna cosa Che mi legasse con si doici vinci.
^^ Forse la mia parola par tropp'osa, Posponendo il piacer degli occhi belli , Ne' quai mirando mio disio ha posa.
^5 Ma chi s'avvede che i vivi suggelii D' ogni bellezza più fanno più suso , E ch'io non m' era II rivolto a quelli ,
CHANT QllATOHZlÈMK. . 493
Ainsi se voient ici, droites et torses, rapides et lentes, longues et courtes, changeantes à la vue, les parcelles des corps,
Se mouvoir dans le rayon duquel parfois se borde Fombre, que pour leur défense se font les hommes avec art et industrie ^f.
Et comme la gigue^et la harpe, avec plusieurs cordes harmoniqucment tendues, rendent un son doux à tel qui ne distingue pas les notes,
Ainsi des lumières qui là m' apparurent, se formait sur la croix une mélodie qui me ravissait sans entendre l'hymne.
Je reconnus qu'elle contenait de hautes louanges, parce qu'à moi venait. Tu ressuscites et vaincs ^f y comme à quelqu'un qui ouït et n'entend pas.
De cela tant je m'énamourais, que jusque-là nulle chose ne me lia de si doux liens.
Peut-être ma parole paraîtra trop hardie, mettant après **> le plaisir des beaux yeux dont la vue apaise mon désir :
Mais gui pense que, plus ils s'élèvent, plus les sceaux vivants 2* de toute beauté sont féconds, et que je ne m'étais point retourné vers ceux -là ^m
194 , CANTO DECIMOQUARTO.
^^ Escusar puomini di quel ch'io m'accuso Per iscusaniîi , e vedenni dir vero ; Chè il piacer santo non è qui dischiuso ,
Perché si fa, montando, piii sincero.
r.HNNT Ol'ATOHZlfcMF. 195
Peut m' excuser de ce dont je m'accuse pour m'excuser, et voir qu'est vrai ce que je dis, le plaisir saint n'étant point ici pleinement épanoui,
Parce qu'en montant il devient plus pur ^\
CANTO DECIMOQUINTO
Benigna volontade, in che si liqua Sempre V amor che drittamente spira , Corne cupidité fa nelPiniqua,
Silenzio pose a quella dolce lira ,
E fece quietar le santé corde ,
Che la destra del cielo allenta e tira.
* Corne saranno a' giusti prieghi sorde Quelle sustanzie che , per darmi voglia Ch'io le pregassi , a tacer fur concorde?
Ben è che senza te^mine si doglia Chi , per amor di cosa che non duri Eternalmente , queU'amor si spoglia.
* Quale per li seren tranquilli e puri Discorre ad ora ad or subito fuoco , Movendo gli occhi che stavan sicuri,
Une bénigne volonté, dans laquelle toujours se manifeste Tamour qui droitement inspire, comme dans une mauvaise la cupidité.
Imposa silence à cette douce lyre, et fit reposer les saintes cordes que la droite du ciel * relâche et tend.
Comment à de justes prières seraient-elles sourdes, ces substances qui, pour me donner le désir de les prier, se turent de concert ?
Bien est que sans fm pleure, qui, par amour de ce qui ne dure pas éternellement, de ce droit amour se dépouille.
Tel que dans le ciel tranquille et pur, quelquefois court subitement un feu, qui meut les yeux auparavant en repos.
498 CANTO DECIMOQUINTO.
* E pare Stella che tramuti loco ,
Se non che dalla parle onde s'accende Nulla sen perde, ed esso dura poco ;
^ Taie, dal corno che in destro si stende. Al piè di qùella croce corse un astro Délia costellazion che li risplende ;
s Ne si parti la gemma dal suo nastro , Ma per la lista radial trascorse , Che parve fuoco dietro ad alabastro.
SI pia Tothbrâ dPAnchise si porsc.
Se fède merta nostr» maggior Musa , Quando in Elisio del frglitiol s'acomie.
*^ 0 ian^uù meus , o super infusa Ôratla Bei ! sicût libi , eut Bis unquam cœlijanua reclusa?
*^ Cù^ qu€ll lume ; ond' io m' attesi a \tà ; Fdseia Hvoist a^Ha mid Donna il vise, E quinci e quindi stùf)efatto fui ;
^ Chè denti^ agh (ïcchi suoi ardeva «n riscr Tal , ch'io pensai c«^' fniei toccar lo fondo Délia mia grazia e del mio paradiso.
** IwÈ, ad udire ed a veder giocomky, Giimse lo spirto al suo principio cose Ch'io non intesi, si parlô profondo.
CHANT OUINZIÈME. 199
Et semble une étoîlê qui change de lieu, si ce n'est qu'en celui où il s' diurne aucune nd se perd, et que lui dure peu ;
Tel, du bras qûî ^étértd à droite, au pied de cette croix courut un astre de là constellation qui là resplendit :
Et de son rtibart* pôirft ne sortit là ^ëthvhé^ mais dans la bande brillante elle courut, ^iMïlàbie à un feu derrière l'albâtre.
Ainsi s'avafvça la picfoàe ombré d'Anchîôé (si ittérite foi notre plui gfMd^ Mnëe) lorsque dans rÉfysée il aperçut son filé'.
é 0 ààfijfiêis nteus, 6 sup&r infusa
Gratta Dëi^ sicut (ibif eut
Bis urtifiiëfà cobli jama recluia *?'i^
Ainsi cette Itmiièrc^; ce qui attira Sur ëtlé trtoh attention; puis je toumdi le visage vers ma l>diîie, et d'ici et de là ^ je fus iftopéfait :
Car dans ses yeux brillait une telle joie, que je crus avec les miens toucher le fond de ma grâce et de mon Paradis.
Ensuite' Tâ^rit, délectable à ouïr et k voii', ajouta des choses que je ne côitiprls point, éS pMondes étaient fif^pardes:
200 CANTO DECIMOQUINTO.
** Ne per elezion mi si nascose , Ma per nécessita , che il suo concetto Ai segno de' mortai si soprappose.
*5 E quando V arco delP ardente affetto Fu si sfogato, che il parlar discese Inver lo segno del nostro intelletto ;
*• La prima cosa che per me s'intese, Benedetto sie tu, fu, trino ed uno, Che ne! mio semé se' tanto cortese.
*^ E seguitô : Grato e lontan digiuno» Tratto leggendo nel magno volume U' non si muta mai bianco ne bruno,
*^ Soluto hai , figlio, dentro a questo lume In ch'io ti parle, mercè di colei Ch' air alto volo ti vestl le piunxe.
*^ Tu credi che a me tuo pensier mei Da quel ch'è primo, cosi corne raia Dell' un, se si conosce , il cinque e il sei.
^^ E per6 chi io mi sia, e perch'io paia Più gaudioso a te , non mi dimandi, Che alcun altro in questa turba gaia.
2* Tu credi il vero, chè i minori e i grandi Di questa vita miran nello speglio , In che, prima che pensi, il pensier pandi.
Et non par choix il se cacha de moi, mais par nécessité, ses pensées surpassant la portée des mortels.
Lorsque assez détendu fut l'arc de l'ardente affection, pour que le parler descendît à la portée de notre intelligence,
La première chose que j'entendis fut : « Béni sois-tu toi, trin et un, qui envers ma semence es si bon ! »
Et il continua : « Un doux désir, depuis longtemps conçu en lisant dans le grand livre où ni blanc ni noir jamais ne se change ^,
«Tu as satisfait, mon fils, au dedans de cette lumière dans laquelle je te parle,' grâces à celle qui pour le haut vol te revêtit d'ailes.
« Tu crois que ton penser vient à moi de celui qui est le premier^, comme de l'Un, si on le connaît, rayonnent le cinq et le six^ :
« Et pour cela point tu ne me demandes qui je suis et pourquoi je me montre à toi plus rempli d'allégresse, qu'aucun autre de cette troupe joyeuse.
« Est vrai ce que tu crois, que ceux de cette vie, petits et grands, voient dans le miroir* où avant que tu penses ton penser se découvre :
►202 CANTO DECIMOQUINTO.
2* Ma perché il sacro amore, in che io veglio Con perpétua visita , é che tn' asseta Di dolce disiar, s'adempia meglio,
** La voce tua sicura, balda e fîeta Suoni la volonftà , suoni il dé&io , A che la mia risposta è già décréta.
2A r TtA volsi a Béatrice, e quetla udîo Pria chMo parlassi, ed arrisemi un èenrid Che fece crescer Y aie al voler mio ;
2* Poi cotninciai cosi : L'affetto è il seftrté. Corne la prima Egutflità v'apparâé, D' un peso per ciascun di voi sî fenno ;
*« Perotchè al Sol, che v'alltimô ed ârse Col caldo e con la luce, en si igaaflî, Che tutte simiglianze sono scai^e.
27 Ma voglia ed argomento ne' mottâli , Per la cagion ch' a voi è manifesta, Diversamente son pennuti in ali.
28 Ond'io , ché son mortal, mi sento in qiiestà Disagguaglianza, e perô non ringrazio
Se non col cuore alla patema festa.
2® Ben supplico io a te, vivo topazio, Che questa gioia preziosa ingemmi.
Perché mi facci del tuo nome sazio.
« Mais, afin que Famour sacré, d&hs lequel je veille en perpétuelle cotttemplation , et qui m'afltère d'un doux désir, àe rassasie mieui,
tQue tA voix hardie et joyeuse avec assurance exprime la volonté, exprime le désir, auquel ma réponse est déjà décrétée. »
Je me tournai ^ers Béatrice; et elle m'entendit avant que je pariasse, et me sourit un àigne, qui fit croître les ailes de tnon toUlôii^ ;
Puis je Commençai ainsi : — L'amour et le savoir, lorsque vous apparut la première égalité, d'un même poids en chacun de vous se firent.
Parce que dans le soleil qui vous illumina et vous embrasa de sa chaleur et de sa lumière, ils sont si égaux, qu'irtiparfaites sont toutes ressemblances.^
Mais le désir et \e sa\(At ont dans les mortels, par la cauâè èl vous manifeste, des diles diversement emplumées ïO:
D'où moi, qui suis mortel , je sens en moi cette inégalité, et pour cete né rends grâces qu'avec le cœur de l'accueil |)«»tërnel.
Je te supplie, vivante topaze, qui ornes ce précieux joyôtt *•, de me rassasier de tdn nom ^S
soi CANTO DECIMOQUINTO.
*^ O fronda mia , in che io compiacemmi Pure aspettando, io fui la tua radice : Cotai principio, rispondendo, femmi.
^ Poscia mi disse : Quel , da cui si dice Tua cognazione , e che cent' anni e piue Girato ha il monte in la prima cornice ,
*2 Mio figlio fu , e tuo bisavo fue : Ben si convien che la lunga fatica Tu gli raccorci con l' opère tue.
** Fiorenza, dentro dalla cerchia antica, Ond'ella toglie ancora e terza e nona, Si stava in pace , sobria e pudica.
** Non avea catenella , non corona , Non donne contigiate , non cintura Che fosse a veder più che la persona.
^5 Non faceva, nascendo, ancor paura La figlia al padre, che il tempo e la dote Non fuggian quinci e quindi la misura.
** Non avea case di famiglia vote ; Non v'era giunto ancor Sardanapalo A mostrar cio che in caméra si puote.
*^ Non era vinto ancora Montemalo
Dal vostro Uccellatoio, che, com'è vinto Nel monter su , cosl sarà nel calo.
t O mien rameau, en qui je me suis complu durant Tattente même, je fus ta racine : » ainsi, répondant, commença-t-il.
Puis il me dit : « Celui de qui ta race tire son nom 4, et qui, cent ans et plus, a tourné autour du mont, sur la première corniche *t
« Fut mon fils et ton bisaïeul : bien convient-il que par tes œuvres tu lui abrèges la longue fatigue.
t Florence, au dedans de Tantique enceinte d'où elle entend encore tierce et none *â»7 vivait en paix, sobre et pudique.
t Elle n'avait ni chaîne ni couronne^, ni femmes attifées, ni ceinture qui attirât les regards plus que la personne.
t La fille, en naissant, ne faisait point encore peur au père, le temps et la dot, en deçà et en delà, ne s'éloignant pas de la mesure *K
« On n'y voyait point de maisons vides de famille *i: n'était pas encore venu Sardanapale pour montrer ce qu'on peut faire dans une chambre *f.
« N'avait pas encore vaincu Montemalo, votre Hccellatoio, qui, comme il Ta vaincu à monter, le vaincra à descendre^.
CANTO DECIMOQUINTO.
^^ Bellincion Berti vid'io andar çnto Di cuoio e d' osso, e venir dallb specchio La donna sua senza il viso dipinto ;
*^ E vidi quel de' Nerli e quel de) VçiCphiç Esser contenti alla pelle scoverta»
E le sue donne al fuso ed al pem^cchio.
^^ O fortunate I e ciascuna era cert^i Délia sua sepoltura , ed ancor nulU Era per Francia nel letto déserta.
^^ L'una vegghiava a studio délia culla, E consolando usa va Tidioma Che pria li padri e le madri trastuUa ;
^2 T/altra trggnfjp ^\\a fnfinfl la ghj^nffa^ ^r; Favoleggiava con la sua famiglia De' Troiani, e di Fiesole, e di Roma.
^ Saria tenuta allor tal inaraviglia, Una Cianghella, un Lapo Salterello^ Quai or saria Cincinnato e Cornigjyia.
4^ A cosl riposato , a cosi bello Viver di cittadini, a cosl fida Cittadinanza , a cosl dolce ostello ,
^ Maria mi diè, chiamata in alte grii E nelFantico vostro Battisteo Insieme fui cristiano e Cacciaguic
CflANT QUINZIÈME. 207
«J'ai vu Bellincion Berti^* aller ceint de cuir et d'os^ et sa femme revenir du miroir sans (|ue son visage fût point ;
« Et j'ai vu les Nerli et les del Vecchio contents d'une simple peau^l, et leurs femmes du fuseau et de la quenouille.
«O fortunées! chacune d'elles était assurée de sa sépulture 2«^ et aucune encore n'était pour la France délaissée dans le lit ^7
« L'une veillait au soin du berceau, et consolait l'enfant en ce premier langage qui ravit les pères et les mères.
« L'autre, de la quenouille tirant la chevelure, discourait, avec sa famille, des Troyens et de Fiésole et de Rome.
«Autant à merveille eût été alors une Cianghella^, un Lapo Salterelloy, qu'aujourd'hui le seraient un Cincinnatus et une Cornélie.
« D'une si reposée, d'une si belle vie, entre citoyens, d'une communauté si sûre, d'une si douce demeure,
«Marie, appelée à grands cris^îÇ m'ouvrit l'entrée; et dans votre antique baptistère ensemble je fus chrétien et Cacciaguida 2^
208 CANTO DECIMOQ'tflMftO.
*« Moronlo fu mio frate Qd'jEiK666i' Mia donna venne a tne^âliéldf Pftdo, E quindi il soprannome Uio ti feo.
*7 Poi seguîtai lo imperador Currado , Ed ei mi cinse della sua milizia , Tanto per bene oprar gli venni in grado.
^ Dîetro gli andai incontro alla nequizia Di quella legge, il cui popolo usurpa , Per colpa del Pastor, vostra giustizia,
*® Quivi fu'io da quella gente turpa Disviluppato dal mondo fallace, 11 cui aroor moite anime deturpa,
E venni dal martirio a questa pace*
CHANT QllNZIÈMK. 209
« Moronto fut inon frère, et Elisée : ma Femme vint à moi du Val de Pô)!, et de là ton surnom.
« Puis je servis l'empçreur Conrad*^ et il me ceignit chevalier dans sa milice, tant par bien ouvrer lui fus-je à gré.
« A sa suite, j'allai combattre l'iniquité de cette loi, dont le peuple usurpe, par la faute du Pasteur^ votre juste droit *f
< Là , par cette gent impure je fus arraché du monde trompeur, dont l'amour souille tant d'àmes,
c Et du martyre je vins à cette paix. »
ni. ^- u
CANTO DECIMOSESTO
* O poca nostra nobiltA di sangue.
Se gloriar di te la gcnte fai Quaggiù, dove Taffetto nostro langue,
2 Mirabil oosa non mi sarà mai :
Chè là, dove appetilo non si torce, Dico noi cielo, io nie ne gloriai.
* Ben se' tu manto che tosto raccorcc, SI che se non s'appon di die in die, Lo tempo va dintorno con le force.
* Dal voi, che prima Roma sofferie.
In che la sua famiglia nien persevra, Ricominciaron le parole mie :
* Onde Béatrice, ch'era un poco scevra, Ridendo, parve quella che tossio
Al primo fallo scritto di Ginevra.
0 notre chétive noblesse de sang, que de toi Ton se glorifie ici -bas où languit notre amour.
Jamais ne me sera-ce chose merveilleuse, puisque là où point ne dévie le désir, je dis dans le ciel , je m'en glorifiai.
Bien es-tu un 'manteau qui se raccourcit vite, si de jour en jour on n'y ajoute, le temps autour promenant ses ciseaux.
Par « vous » dont Rome usa la première^ et dans lequel moins persévèrent ses habitants *, recommencèrent mes paroles :
D'où Béatrice, qui était un peu à l'écart, parut être celle qui toussa à la première faute écrite de Ginevra *•
m CANTO l)b:«:iMOSESTO.
• lo cominciai : Voi siete il padre mio, Voi mi date a parlar tutta baldezza , Voi mi levate si, ch'i' son piii ch'io.
Per tanti rivi s' empie d'allegrezza La mente mia , che di se fa letizia Perché pu6 sostener che non si spezza.
8 Ditcmi dunque, cara mia primizia.
Quai furo i vostri antichi , e quai fur gli anni Che si segnaro in vostra puerizia.
® Ditemi deirovîl di San Giovanni Quant' era allora , e chi eran le genti Tra esso degne di più aiti scanni.
*^ Come s'avviva allô spirar de' venti Carbone in fiamma , cosi vidi quella l^uce risplendere a' miei blandimentl,
** E come agli occhi miei si fe più bella, Cosl con voce più dolce e soave , Ma non con questa moderna favella ,
^2 Dissemi : Da quel dl che fu detto ave. Al parto in che mia madré, ch'è or santa , S'alleviô di me ond'era grave,
** AI suo Léon cinquecento cinquanta Fi tre fiate venne questo fuoco A rinfiammarsi sotto la sua pianta.
CHANT SKIZIKME. Î13
Je commençai : — Vous êtes mon père ; de parler vous me donnez toute hardiesse ; vous m*élevez audessus de moi-même :
Par tant de ruisseaux mon âme se remplit d'allégresse , qu'elle se réjouit de soi , de ce qu'elle peut la supporter sans se briser.
Dites- moi donc, ô ma tige chérie, quels furent vos ancêtres, et quelles années se comptaient dans votre enfance *?
Dites- moi ce qu'était alors la bergerie de saint Jean^, et qui en elle étaient les gens dignes des plus hauts sièges?
Gomme s'avive au souffle des vents le charbon dans la flamme, ainsi vis -je à mes caressantes paroles resplendir cette lumière.
Et comme à mes yeux elle se fit plus belle , ainsi d'une voix plus douce et plus suave , mais non dans ce moderne langage \
Elle me dit : c Du jour où il fut dit Ave ^ , à l'enfantement par lequel ma mère, maintenant sainte, s'allégea de moi, qu'alors elle portait,
• Cinq cent cinquante et trente fois ce feu vint à son Lion, pour se renflammer sous ses pieds ^.
844 CANTO DBCIMOSESTO.
*^ Gli antichi miei ed io nacquî nel loco Dove si trova pria fultimo sesto Da quel che corre il vostro annual giuoco.
** Basti de' miei maggiori udirne questo : Chi ei si furo, ed onde venner quivi, Più è tacer, che ragionare, onesto.
*® Tutti color cil' a quel tempo erari ivi Da poter arme, tra Marte e il Batista , Erano il quinto di quei che son vivi.
*7 Ma la cittadinanza , ch'è or mista Di Campi e di Certaido e di Figghine, Pura vedeasi nelTultimo artista.
*® O quanto fora meglio esser vicine Quelle genti ch'io dico, e al Galluzzo E a Trespiano aver vostro confine^
*^ Che averle dentro, e sostener lo puuso Del villan d'Aguglion, di quel da Signa, Che già per barattare ha rocchio agOtto!
^^ Se la gente, ch'al mondo più tràlignà, Non fosse stata a Cesare noverca, Ma, corne madré a suo figliuol, benigna,
^* Tal fatto è Fiorentino , e cambia e merca , Che si sarebbe volto a Simifonti , Là dove andava Tavolo alla cerca.
CHANT SEIZIÈME.' i45
«Mes anciens et moi nous naquîmes dans le lieu où premièrement trouve le dernier quartier celui qui court votre jeu annuel •.
• De mes ancêtres, il suffit d'ouïr ceci : ce qu'ils furent et d'où ils vinrent, plus honnête est-il de s'en taire que d'en discourir.
« Tous ceux qui en ce temps, propres à porter les armes, vivaient là entre Mars et Baptiste*^, étaient le cinquième de ceux aujourd'hui vivants.
t Mais la commune *^, maintenant mêlée de ceux de Campi et de Certaldo et de Figghine, se voyait pure alors dans le dernier artisan.
« Combien il serait mieux que marquassent vos confins Galluzzo et Trepiano*^^ ^t q^g voisins seulement fussent ceux dont je parle,
« Que de les avoir dedans, et de supporter la puanteur du vilain tf Aguglione ** et de celui de Signa *^ , qui pom Smubet a Tœil si perçant I
< Si la gent qui dans le monde le plus forligne^^, n'eût pas été marâtre à César, mais bénigne comme une mère à son fils,
« Tel a été fait Florentin , et change *® et trafique, qui serait retourné à Siroifonte ^^, où son aïeul allait mendiant.
246 CANTO DECIMOSBSTO.
2* Sariesi Montemurlo ancor de* Conti ; Sariensi i Cerchi nel pivier d'Acone, E forse in Yaldigrieve i Buondelmonti.
^* Sempre la confusion délie persone Principio fu del mal délia cittade , Corne del corpo il cibo che s'appone.
**iE cieco toro più avaccio cade f Che cieco agnello , e moite volte taglia Più e meglio una che le cinque spade.
** Se tu riguardi Luni ed Urbisaglia Corne son ite , e come se ne vanno Diretro ad esse Chiusi e Sinigaglia ,
*• Udir come le schiatte si disfanno , Non ti parrà nuova cosa ne forte, Poscia che le cittadi termine hanno.
*7 Le vostre cose tutte hanno lor morte SI come voi ; ma celasi in alcuna Che dura molto ; e le vite son corte.
*s E come il volger del ciel délia luna Cuopre ed iscuopre i liti senza posa , Cosl fa di Fiorenza la fortuna ;
2* Perché non dee parer mirabil cosa Ciô ch'io dirô degli aiti Fiorentini , Onde la fama nel tempo è nascosa.
« Montemurlo serait encore aux comtes ^^ ; seraient les Cerchi dans la Piève d'Agone **, et peut-être dans Valdigrieve^® les Buondelmonti.
« Toujours la confusion des personnes fut le principe des maux de la cité , comme dans le corps Talimentqui se surajoute.
t Taureau aveugle plus vite tombe qu'aveugle agneau , et souvent tranche plus et mieux une épée que cinq.
« Si tu regardes Luni 2* et Urbisaglia 22 , comme elles s'en sont allées, et comme après elles s'en vont Chiusi 2* et Sinigaglia **,
« Ouïr comment les familles déclinent ne te paraîtra chose nouvelle ni étrange, puisque les cités ont un terme.
« Toutes vos choses ont leur mort conunc vous ; mais elle vous est voilée en quelques-unes qui durent longtemps, et vos vies sont courtes.
« Et comme le mouvement du ciel de la Lune couvre et découvre sans cesse les rivages ^s ^ ainsi de Floi^nce fait la fortune :
« Par quoi ne doit étonner ce que je dirai des grands Florentins dont la renommée se cache dans le temps.
Sacc^^^'^'^^écV.earto^'^^'
CHANT SEIZIEME. i49
«J'ai vu les Ughi el j'ai vu les Catellini, les Filippi, les Greci , les Ormanni et les Alberichi , citoyens illustres, déjà sur le déclin;
t Et j'ai vu aussi grands qu'anciens ceux de la Sannella et ceux de l'Arca, et les Soldanieri et les Ardinghi et les Bosticbi *^.
« Au-dessus de la porte maintenant chargée d'une nouvelle félonie ^7, si pesante que bientôt s'enfoncera la barque*®,
« Étaient les Ravignani, de qui est descendu le comte Guido, et quiconque ensuite a pris le nom du grand Bellincione ^^.
t Savaient ceux de la Pressa comment l'on doit gouverner, et dans sa maison Galigaïo avait déjà la garde et le pommeau dorés •®.
« Grande était déjà la colonne de vair**, grands les Sacchetti^ lesGiuochi, les Sifanti, et les Barucci, et les Galli, et ceux qui rougissent à cause du boisseau **.
« La souche ** d'où sortirent les Calfucci était déjà ^ande , et déjà sur les chaires curules étaient montés les Sizi et les Arrigucci :
«Oh! quels ai-je vus ceux qu'a abattus leur orgueil*^. Les boules d'or^^, par tous leurs hauts faits faisaient florir Florence !
«0 CANTO DECIMOSESTO.
*® Cosi facean li padri di coloro
Che, sempre che la voslra chiesa vaca, Si fanno grassi stando a consistoro.
** L'oltracotata schiatta , che s' indraca
Dietro a chi fugge, ed a chi mostra il dente Ovver la borsa, com'agnel si plaça ,
^^ Già venia su , ma di piccola gente , SI che non piacque ad Ubertin Donato Che il suocero il facesse lor parente.
** Già era '1 Caponsacco nel Mercato Disceso giù da Fiesole, e già era Buon cittadino Guida ed Infangato.
^2 lo dirô cosa incredibile e vera :
Nel picciol cerchio s'entrava per porta., Che si nomava da quei délia Peraé
^ Ciascun che délia bella insegna porta Del gran Barone, il cui nome e il cui pregio La festa di Tommaso riconforta ,
^* Da esso ebbe milizia e privilegio : Awegnachè col popol si rauni Oggi colui che la fascia col fregio.
*5 Già eran Gualterotti ed Importuni , Ed ancor saria Borgo piii quieto , Se di nuovi vicin fosser digiuni.
« Ainsi faisaient les pères de ceux qui , toutes les fois que votre Église vaque, assemblés s'engraissent*®.
« La race outrecuidante *7, qui se fait dragon à qui fuit, et, envers qui montre ou la dent ou la bourse, s'apaise comme un agneau ,
« S'élevait déjà , mais de petite gent , de sorte que point ne plut à Ubertino Donato que son beau-père le fit leur parent ^.
«Déjà, dans le marché, Caponsacco était descendu de Fiésole, et déjà distingués |)armi les citoyens étaient Guida ** et Infangato.
• Je dirai une chose incroyable et vraie : dans la petite enceinte on entrait par une porte qui tirait son nom de ù&m dé la Fera ^^.
« Tous ceux qui portent dans leur écusson la belle enseigne du grand Baron, dont la fête de Thomas renouvelle le nom et les louanges,
« Tinrent de lui la chevalerie et le privilège , bien qu'au peuple se soit réuni celui qui l'entoure d'une bande ^*.
t Déjà existaient les Gualterotti et les Importuni, et serait encore le Borgo ^^ plus tranquille , si ne fussent survenus de nouveaux voisins ^*.
2Î2 CANTO OECIMOSKSTO.
^^ La casa di che nacque il vostro fleto , Per lo giusto disdegno che v' ha morti , E posto fine al vostro viver lieto ,
^^ Era onorata essa e suoi consorti.
O Buondelmonte, quanto mal fuggisti Lejnozze sue per gli altrui confortil
^^ Molti sarebber lieti , che son tristi. Se Dio t' avesse conceduto ad Ema La prima volta ch* a città venisti,
^^ Ma conveniasi a quella pietra scema Che guarda il ponte , che Fiorenza fesse Vittima nella sua pace postrema.
^0 Con queste genti, e con altre con esse, Vid'io Fiorenza in si fatto riposo , Che non avea cagione onde piangesse.
^* Con queste genti vid'io glorioso, E giusto il popol suo tanto, che il giglio Non era ad asta mai posto a ritroso ,
Ne per division fatto vermiglio.
CHANT SMZIÈME. 2?3
« 1^ maison d'où naquirent vos pleurs, par la juste colère qui tant de vous a conduit à la mort , et a mis fin h votre vivre joyeux,
t Était honorée , elle et son parentage ^^. 0 Buondelmonte, qu'à mal tu as fui ses noces par T instigation d'autrui ^^ f
t Beaucoup seraient joyeux qui sont tristes , si à Eraa *^ Dieu t'avait donné ^' la première fois que tu vins à la ville :
« Mais h cette pierre mutilée qui garde le pont^^, Florence au terme de sa paix devait une victime.
t Avec ces gens et avec d'autres encore, j'ai vu Florence dans un tel repos, qu'elle n'avait point de sujet de pleurer** :
u Avee ces gens, j'ai vu le peuple si juste et si glorieux, que jamais h la hampe le lis n'était placé à rebours ^,h^
tNi par la division fait vermeil. » i'ù
CANTO DECIMOSETTIMO
* Quai venne a Climenè per accertarsi Di ciô ch'aveva incontro a se udito, Quei ch'ancor fa li padri a' figli scarsi;
* Taie era io , e taie era sentito
£ da Béatrice, e dalla santa lampa Che pria per me avea mutato sito.
^ Perché mia Donna : Manda fuor la vampa Del tuo disio, mi disse, si ch'eli'esca Segnata benedeir interna stampa;
Non perché nostra conoscenza cresca Per tuo parlare , ma perché t' ausi A dir la sete , si che l'uom ti mesca.
0 cara pianta mia (che si t'insusi, Che, corne veggion le terrene menti Non capere in triangolo due ottusi.
Tel que vint à Glimènes^ pour s'éclaircir de ce qu'il avait entendu contre soi^^ celui qui encore rend les pères peu faciles aux prières de leurs fils^;
Tel étais-je , et tel paraissais-je à Béatrice et à la sainte lampe qui auparavant avait pour moi changé de place K
Ce pourquoi ma Dame : c Exhale au dehors « me dit-elle, Tardente vapeur de ton désir, de manière qu'en sortant elle offire bien Timage de Tinteme empreinte;
«Non que notre connaissance croisse par ton parler, mais aûn que t'enhardissant à dire ta soif, on te v^se à boire, t
— O chère tige mienne, qui tellement t'élèves, que, comme voient les esprits terrestres qu'un triangle ne peut contenir deux angles obtus ,