CANTO VENTESIMOTBRZO
• Ma poco fu tra uno ed altro quando , Del mio altender, dico , e del vedere Lo ciel venir più e più rischiarando.
7 E Béatrice disse : Ecco le schiere Del trionfo di Cristo , e tutto il frutto Ricolto del girar di queste spere.
' Pareami che M suo viso ardesse tutto ; E gli occhi avea di letizia si pieni , Che passar mi convien senza costrutto.
Quale ne' pleniliinii serenî
Trivia ride tra le ninfe eteme ,
Che dipingono il ciel per tutti i seni ,
*^ VidMo, sopra migliaia di luceme , Un Sol che tutte quante l'accendea , Coine fa il nostro le viste supeme ;
** E per la viva luce trasparea La lucente sustanzia tanto chiara »
Che il viso mio non la sostenea.
^2 0 Béatrice , dolce guida e cara !... Ella mi disse : Quel che ti sobranza È virtù , da cui nulla si ripara.
** Quivi è la sapienza e la possanza Ch'apri le strade tra il cielo e la terra , Onde fu gih si lunga disianza.
CHANT VlNGT-TItOISlÈME. 309
Mais peu lut d'intervalle entre l'un et l'autre temps, je dis entre Tattendi'e, et voir le ciel devenir de plus en plus brillant
Et Béatrice dit : t Voici Tarmée du Christ triomphant, et tout le fruit recueilli du mouvement de ces sphères *. t
Son visage me parut tout en feu, et d'allégresse ses yeux étaient si pleins, que je dois passer sans plus de discours \
Telle que, dans les pleines lunes sereines, Trivia * brille entre les Nymphes éternelles^ qui diaprent toutes les plages du ciel.
Je vis, au-dessus de milliers de lampes^, un Soleil qui les allumait toutes, comme le nôtre allume celles que nous voyons au-dessus de nous \
Et à travers la vive lumière apparaissait la splendide substance, si brillante que ma vue ne la sup portait point.
O Béatrice, doux et cher guide I Elle me dit : cCe <iui te vainc est une vertu à laquelle aucune ne re siste.
«Là est la sagesse et la puissance si longtemps déarées®, qui ouvrirent la route entre la terre et le ciel. »
340 CAKTO VKNTKSIMOTERZO.
** CoTn« fuoco di nubesi disserra • Per dilatarsi si che non vi cape , E fuor di sua natura in giù s'atterra;
^^ Cosl la mente mia tra quelle dape Fatla più grande , di se stessa uscio , E, che si fesse, rimembrar non sape,
♦« Apri gli occhi e riguarda quai son io : Ta haï vedute cose , che possente Se' fatto a sostener lo riso mio.
*^ Io era corne quoi che si risente Di vision obblita , e che s' ingegna Indamo di ridurlasi alla mente ,
^^ Quando io udi' questa profferta , d^na Di tai]to grado , che mai non si stingue Del libro che il preterito rassegna.
** Se mo sonasser tutte quelle lingue Che Polinnia con le suore fero Del latte lor dolcissimo più pingue ,
^^ Fer aiutarmî , al mîHesmo del vero Non si verria, cantando il satito riso , E quanto il santo aspetto facea mero.
'* E cosl , ftgnrando tl Paradiso , Convien saltare il sacrato pœma , Corne chi trova suo cammin reciso.
Comme le feu, pour se dilater, se dégage de la nue qui ne le peut contenir, et, contre sa nature, descend sur la terre;
Ainsi mon esprit, agrandi au milieu de ces méts^^, sortit de soi-même, et ce qu'il devînt, il ne sait le ramentevoir.
t Ouvre les yeux , et regarde quelle je suis : tu as vu des choses qui t'ont donné la force de soutenir mon éclat. >
J'étais comme celui en qui sont des traces d'une vision oubliée , et qui s'ingénie en vain pour la rappeler en sa mémoire,
Lorsque j'ouîs cette invitation, digne de tant de gratitude , que jamais elle ne s'effiacéra du livre où le passé se consigne**.
Si maintenant, pour m' aider, résoTjnaient toutes ces langues que Polymnîe avec ses sœurs nourrirent de leur doux lait ,
Au millième du vrai on tf arritferaît pas, en chantant le saint ris, rt combien lumineux il rendit le saint visage.
Ainsi, peignant 1^ Paradis, il convient que saute le religieux poëme, comme un homme qui trouve son chemin coupé.
349 CANTO VENTESIMOTBRZO.
*2 Ma chi pensasse il ponderoso tema , E r oraero mortal che se ne carca , NoI biasmerebbe , se sot^esso treroa.
** Non è pareggio da picciola barca Quel che fendendo va l'ardita prora , Ne da nocchier cb' a se inedesmo parca.
** Perché la faccia roia si t'innamora , Che tu non ti rivolgi al bel giardino Che sotto i raggi di Cristo s' infiora ?
ï* Quivi è la rosa, in che il Verbo Divino Carne si fece ; quivi son li gigli , AI cui odor si prese il buon cammino.
*• Çosl Béatrice. Ed io, ch'a* suoi consigli Tutto era pronto, ancora mi rendei Alla battaglia de* deboli cigli.
^^ Corne a raggio di Sol , che puro mei Per fratta nube , già prato di fiori Vider coperti d' ombra gli occhi miei ;
^* Vid'io cosi più turbe di splendori Fulgurati di su da raggi ardenti , Senza veder principio di fulgori,
2* 0 benigna virtii che si gP imprenti , Su t'esaltasti per largirmi loco Agli occhi 11, che non eran possenli.
CUÀM VINGT-TROISIÈME. 313
Mais qui regarderait le poids du sujet, et Pépaule mortelle qui s'en charge, de trembler dessous ne la blâmerait pas.
Point n'est d'une petite barque la mer que va fendant la proue audacieuse, ni d'un nocher qui s'épargne soi-même.
« Pourquoi t'enanioure tant mon visage que tu ne te tournes point vers le beau jardin, qui fleurit sous les rayons de Christ?
« Là est la rose en qui le Verbe divin se fit chair; et là sont les lis à l'odeur desquels se discerne le bon chemin. »
Ainsi Béatrice : et moi, prompt à tous ses conseils , je ramenai au combat mes cils débiles^'.
Comme à un rayon de soleil traversant pur un nuage brisé, avaient vu jadis les fleurs d'une prairie, mes yeux couverts d'ombres ;
Ainsi vis-je des foules de splendeurs fulgurées d'en haut par des rayons ardents, sans voir la source de ces éclairs.
O bénigne vertu qui ainsi les empreins**, plus haut tu f élevas pour que je pusse user là de mes yeux qui manquaient de puissance.
3U CANTO VKNTESIMOTERZO.
^ Il nome del bel fior, chMo sempre invocô E mane e sera, tutto tni ristrinse L* animo ad avvisar lo maggior foco.
** E com'ambo le taci mi dîpîn»e Il quale e îl qttanto délia vîva Stella , Ghe lassù vince , come quaggiù vinse ,
^* Per entro il cielo scese una facella , Formata in cerchio a gutsa dî corona , E cinsela, e girossi intorno ad eîla.
» Qualunque melodra piû doice suona (j^uaggîù , e pîù a se r anima tira , Parrebbe nube che squarciata tuona ,
** Comparata al sonar di quella lifa , Onde si coronava îl bel inthro , Del quale il ciel più chiaro sMnzafi|ra.
^ lo sono amore angelico, che gifo L'alta lelizia che spira del ventre , Che fu albergo del nostro disîro ;
*• E girerommi , Donna del cîel , mentre Che seguirai tuo Figlîo, e farai dia Più la spera suprema, perché gli entre.
^ Cosi la circnlata melodia
Si sigillava, e tutti gli altri lumi Facean sonar lo nome di Maru.
CHANT VINGT-THOISIÈME. 3<r>
Le nom de la belle fleur *^, que toujours j'invoque et le matin et le soir, concentra toute mon âme dans la recherche du feu le plus grand.
Et lorsque mes deux yeux me révélèrent l'éclat et la grandeur de la vivante étoile, qui là -haut vainc comme ici-bas elle vainquît**.
Par dedans le ciel descendit une flamme en forme de cercle, telle qu'une couronne, qui la ceignit tournant autour d^elIe.
La plus douce mélodie qui résonne ici-bas et à soi le plus attire l'âme, paraîtrait une nuée que déchire le tonnerre.
Comparée au son de cette Lyre *^ dont se couronnait le beau Saphir, de qui s^azure le ciel le plus brillant.
« Je suis l'amour angélique, qui vole autour de la haute joie qu'exhale le sein où habita notre désir *^;
t Et autour je volerai , Reine du ciel , tant que tu accompagneras ton Fils, et rendras phiB (fivine la sphère suprême en y eiïtrant, •
Ainsi se scellait la mélodie de ce cercle**, et toutes les autres lumières faisaient résonner le nom de Marie.
3<6 CANTO VENTESIMOTERZO.
^® Lo real manto di tutti i volumi
Del mondo , che più ferve e più s'avviva NelPalito di Dio e ne' costumi,
*® Avea sopra di noi Y interna riva Tanto distante , che la sua parvenza Là dov'i'era ancor non in'appariva,
*^ Perô non ebber gli occhi miei potenza Di seguitar la coronata fiamma, Che si levô appresso sua seraenza.
** E corne fantolin, che ver la raamraa Tende le braccia poi che il latte prese, Per Tanimo che infin di fuor s'infiamraa ;
^2 Ciascun di quei candori in su si stese Con la sua cima si , che Y alto affetto Ch'egli avieno a Maria mi fu palese.
^* Indi rhnaser 11 nel mio cospetto , Regina cœli cantando si dolce, Che mai da me non si parti il diletto.
^^ Oh quanta è Y uberta che si soffolce In queir arche ricchissime , che foro A seminar quaggiù buone bobolce !
*^ Quivi si vive e gode del tesoro Che s'acquisto piangendo neU'esilio Di Babilon , ove si lasciô Y oro.
CHANT VINGT-TKOISIÈME. 3l7
I^ royal manteau de toutes les roulantes sphères du monde*®, qui du souffle de Dieu et de ses largesses reçoit le plus de chaleur et de vie.
Avait au-dessUs de nous sa rive étemelle^® si distante, que là ou j'étais elle ne m'apparaissait pas encore.
Ainsi mes yeux n'eurent pas la puissance de suivre la flamme couronnée ^^ qui s'éleva près de son Fils.
Et comme un petit enrant qui, après avoir pris le lait, tend les bras vers sa mère, par l'amour dont la flamme s'étend jusqu'au dehors,
Chacune de ces pures lumières en haut tellement élança sa cime , que me fut manifeste leur profonde tendresse pour Marie.
Ensuite elles restèrent là devant moi, Regina cœli chantant si souèvement que de moi jamais ne se départit le plaisir.
Oh ! de quelle abondance sont remplies ces riches arches^î, qui si bien labourèrent et semèrent ici-bas!
Là jouit et vit du trésor qu'il s'acquit en pleurant dans l'exil de Babylone , où il laissa l'or ;
318 CANTO VENTKSIMOTBRZO.
** Quivi trionfa , softo l'alto Filio Di Dio e di Maria , di sua vittoria , E con Tantico e col nuovo concilie,
Colui che tien le chiavi di tal gloria.
CHANT VlN(iT. TROISIÈME. 310
lA^ sous le haut fils de Dieu et de Marie, triompiie de sa victoire, avec et la nouvelle et l'ancieune assemblée ^5,
Celui qui tient les clefs d*une telle gloire ^^
CANTO VENTESIMOQUARTO
O sodalizio eletto alla gran cena Del benedetto Agnello, il quai vi ciba Si , che la vostra voglia è sempre piena ;
Se per grazia di Dio questi preliba Di quel çhe cade dalla vostra mensa , Anzi che morte tempo gli prescriba ,
Ponete mente alla sua voglia immensa ,
E roratelo alquanto : voi bevete
Sempre del fonte onde vien quel ch'ei pensa.
Cosi Béatrice : e quelle anime liete Si fero spcre sopra fissi poli , Fiammando forte a guisa di comète.
* E come cerchi in tempra d' oriuoli Si giran si, che il primo, a chi pon mente, Quieto pare , e Y ultimo che voli ;
1 0 Confrérie élue à la grande cène de PAgneau béni, qui vous nourrit tellement que toujours votre désir est satisfait;
t Si, par la grâce de Dieu, celui-ci goûte de ce qui tombe de votre table, avant que la mort lui en ait marqué le temps,
« Regardez son désir immense , et répandez sur lui un peu de votre rosée : vous buvez sans cesse à la fontaine d*oû vient ce qu'il pense K »
Ainsi Réatrice : et ces âmes joyeuses firent de soi des sphères sur des pôles fixes ^, rayonnant fortement à la manière des comètes.
Et comme, dans la structure des horloges, les roues tournent de telle sorte que la première , à qui la regarde paraît en repos, et la dernière, voler;
322 CANTO VENTESIMOQUARTO.
Cosl quelte carole , différentemente danzando, délia sua ricchezza Mi si facean stimar veloci e lente.
^ Di quella chMo notai di più bellezza Vid'io UBcire un fuoco si felice, Che nullo vi lasciô di più chiarezza ;
® E tre fiate intorno di Béatrice Si volse con un canto tanto divo , Che la mia fantasfa nol mi ridice ;
^ Perô salta la penna, e non to scrivo, , Ghë rimaginar nostro a cotai pieghe.
Non che il parlare» è troppo color vivo.
^^ 0 santa suora mia, che si ne preghe Devota , per io tuo ardente affetto Da quella bella spera mi disleghe :
** Poscia ferraato, il fuoco benedetto, Alla mia Donna dirizzô lo spiro , Che favellô cosl , com'io ho dette.
** Ed ella : 0 luce eterna del gran viro, A cui nostro .Signor lasciô le chiavi , Ch'ei porto ^"^(ïi questo gaudio miro,
** Tenta costui de' punti lievi e gravi , Corne ti piace, intorno délia Fede, Per la quai tu su per lo niai*e audavi.
Ainsi ces chœurs diversemrat dansant, selon leur amplitude, me faisaient les juger ou rapides ou lents K
De celui qui me semblait le plus beau, je vis sortir un feu si splendide, qu'il n'y en laissa aucun plus brillant.
Et trois fois autour de Béatrice il tourna avec un chant si divin , que ne me le redit point mon imagination :
Que la plume saute donc , et ne tente point de récrire^; pour de tels plis non -seulement le parler, mais notre imaginer n'ayant que des couleurs trop peu vives *.
1 0 ma sainte sœur, qui , par ton ardente affection ^, si dévotement me pries de me détacher de cette belle sphère 7 1... »
Après s'être arrêté, le feu béni vers ma Dame dirigea son sottfQe , parlant comme je viens de dh-e.
Et elle : « 0 lumière étemelle du grand homme ^, à qui Notre Seigneur laissa les clefs qu'ra bas il apporta de cette joie merveilleuse ^ I
« Éprouve celui-ci sur des points ou légers ou graves, selon qu'il te plaira, touchant la foi par laquelle tu marchais sur la mer.
ail CÀNTO VENT KSI MO'QtJÀRTO.
** S'egli ama bene, e bene spera, cirede, . ' Non t'è OGCuIto , perché il viso bai quivi,
Ov'ogni cosa dipinta si vede.
'^*'Mâ pérchè quésto regno hià fatlo civî Per la veracefede, agloriarla, .
Di lei parlare è buon ch'a lui arrivi.
"'■ ^ ^^ Si c5me i) baccellier s'arma , e nùft paria , Ifin che il maestro te qui^ion prôponè Per approvarla , non per terminarla ;
^ Cosl m' armava io d' ogni ragione , Mentre ch' eHa dicea , per «sser presto A tal querente e a tal professione.
^® Di, buon cristiano : îfatti manifesto : Fede che è? Ond'io levai la fronte In quella luce onde spirava questo. -
*^ Poi mi volsi a Béatrice, e queîla pronte Sembianze femmi, perché io spandessi L' acqua di fuor del mio interno fonte.
- / ^ La grazia che mi dà ch'io mi confeâsi, Comincia' io , dall' alto Primipilo , Faccia li mieS concetti esser espres^.
^* Ë séguitai : Comè il verace stilo Ne scrisse , padre , del tuo caro frate , Che mise Roma teco nel buon filo ,
CHANT VINGT-QUÀTRIËHR. 315
• S'il aime J)ien, et bien espère et croit, ne^ t'est point caché, ta vue pénétrant là qù se voit peinte toute chose.
t Mais puisque ce royaunae s'est fait des citoyens par la vraie Foi, il est bon que, pour la glorifier, tu viennes lui parler d'elle. »
Comme le bachelier, jusqu'i ce que le maître ait proposé la question, ne parle point, mds s* arme pour l'approuver non pour la terminer^® ;
Ainsi m' armai -je de toute raison** pour me préparer à un tel interrogateur et à une telle profession".
« Dis, bon Chrétien ; explique-toi : la Foi, qu'est-ce? » Sur quoi , je levai le front vers la lumière d'où ceci émanait.
Puis je me tournai vers Béatrice, et elle me fit promptement signe de répandre au dehors l'eau de ma fontaine intérieure.
— Que la grftce, commençai- je, qui permet que je me confesse devant le grand Primipile *^, fasse que clairement j'exprime mes pensées.
Et je continuai : — Comme l'a écrit, Père, la plume véridique de ton cher frère**, qui avec toi mit Rome dans le bop sentier.
m CAICTO VBNTESlMOQUABTa
^^ Fede è suBtanzia di cose sperate , E argomento délie non parventi ; E questa pare a me sua quiditate.
^ Allora udii : Dirittamente senti , Se bene intendi perché la ripose Tra le sustanzie , e poi tra gli argomenti.
^ Ed io appresso : Le profonde cose , Che mi largiscon qui la lor parvenia , Agli occhi di la^ù son si nascose «
** Che Tesser loro v'è in sola credenza ; Sovra la quai si fonda Talta spene, E per6 di sustanzia prende intenza ;
>* E da questa credenza ci conviene Sillogizzar senza avère âltra vista ; Per6 intenza di argomento tiene.
^' Allora udii : Se quantunque s'acqirista Giù per dottrina fosse coid inteso ^ Non v'avria luogo ingegno di soflsta.
^ Gosi epirb da queir amore acceso ; Indi soggiunse : Assai bene è irascorm D'esta moneta già la lega e il peso;
^^ Ma dimmi se tu Thai nella tua borsa. Ed io : Si , r ho ^ lucida e si tonda , Che nel suo conio nulla mi s'inforsa.
CHANT VINOT-QUATRIËMB. 887
La Foi est la sabstance des choses espérées, et Targument de œlles qu*on ne voit point**, et ceci me semble sa quidâité **•
Alors j'oals: «Droitement tu penses, si tu entends bien pourquoi il ta met parmi les substances, et ensuite parmi les arguments. •
Et moi après : — Les choses profondes *7, qui à moi se découvrent ici, en bas*® aux yeux sont si cachées.
Qu'elles ont leur être dans la croyance seuii&, sur laquelle se fonde la haute e^^nce ; et ainsi de substance elle prend l'intention *^
Et d'après cette croyance, sans avoir d'autre vue*®, nous devons syllogiser**; et ainsi elle renferme l'intention d'argument
Alors j'ouïs : < Si tout ce qui en bas s'acquiert par enseignement, de cette sorte était entendu, banni serait l'ec^rit de sophisme. »
Ainsi parla cet ardent amour ; puis il ajouta : «D'un bon cours est de cette monnaie et Talliage et le poids ;
t Mais dis-moi si tn l'as dans ta bourse. » Et moi : — Oui, je l'ai si brillante et si ronde ^, que dans son coin rien ne m'est en doute.
328 CANTO VBNTBSiMOOUAâTO.
^0 Appresso uscl délia iuce profonda , Che 11 splendeva : Questa cara gioia , Sovra la quale ogni virtù si fonda ,
** Onde ti venne? Ed io : La larga ploia Dello Spirito Santo , ch' è diffusa In su le vecchie e in su le nuove cuoia ,
^2 È sillogismo , che la mi ha conchiusa Acutamente si , che in verso d*ella Ogni dimostrazion mi pare ottusa.
^^ Io udii poi : L'antfca e ta novella Proposizione che si ti conchiude.
Perché V hai tu per divina favella?
** Ed io : La prova che il ver mi dischiude Son ]' opère seguite , a che natura Non scaldô ferro mai , ne batte ancude.
** Risposto fummi : Dl, chi t'assicura Che queir opère fosser? Quel medesmo Che vuol provarsi , non altri , il ti giura.
*• Se il mondo si rivolse al cristianesmo , Diss' io , senza miracoli , quest' uno È tal , che gli altri non sono il centesmo ;
*^ Chè tu entrasti povero e digiuno In campo , a seminar la buona pianta , Che fu già vite, ed ora è fatta pruno.
CHANT VlNGTrQUATRlÈllB. 8t9 .
Ensuite , du fond de ta lumière qui là re^lendissait, sorti^^^ : <Ce précieux joyau sur lequel toute vertu se fonde,
t D'où Test- il venu? » Et moi : — L'abondante pluie de l'Esprit Saint, répandue sur les vieilles et les nouvelles Écritures**,
Est le syllogisme qui en moi Ta conclue*^ si nettement que, près d'elle, toute démonstration me paraitrait obtuse.
J'ouïs ensuite: «L'ancienne et la nouvelle proposition*^ qui te conduit à cette conclusion, pourquoi la tiens-tu pour parole divine ? »
Et moi : — La preuve qui me découvre le vrai sont les œuvres *7 qui suivirent, pour lesquelles jamais la nature ne chauffa le fer, ni ne battit l'enclume.
Il me fut réponctu : « Dis, qui t'assure que ces œuvres furent? La parole même qu'il s'agit de prouver, elle seule te le jure*®».
— Si le monde, dis- je, vint au christianisme sans miracle, celui-ci est tel que les autres n'en ^nt pas le centième.
Que tu sois entré pauvre et à jeun dans le champ pour semer la bonne plante, qui fut vigne autrefois et maintenant est devenue ronce.
S30 CÂNTO VENTES IMOQUAETO.
^ Finito questo ^ Talta Gorte santa Risonô per le spere un Dio lodiamo , Nella metode che lassù si canta.
^ E quel Baron che M dK rano in ramo , Eaaminando, già tratto m*avea, Che ali' ultime fronde appressavaroo ,
^^ Ricomindè : La ^azia che donnea Con la tua mente , la bocca t^aperse Insino a qui , com' aprir si dovea ;
** SI ch*io approvo eiô che fuori emerse : Ma or conviene esprimer quel che crecH , E onde alla credenza tua s^offerse.
^ (j santo padre , o sphito, die vedî Ciô che credestî si , che tu vincesti Ter lo sepolcro più giovani piedi ,
^ CominciaMo, tu vuoi chMo manîfesti La forma qui del pronto creder mio , E anche la cagion di lui chiedesti.
' ** Ed io rispondo : Credo in uno Dio Solo ed eterno , che tutto i! ôiel move , Non moto , con amore e con disio ;
** E a^'tal creder non ho îo pur prove Fisice e metafisice , ma dalmi Anche la verità che quinci piove
CHANT VINGT-QUATRIËMB. 334
Cela fini, la haute cour sainte entonna, de sphère en sphère, un Louons Dieu^^ dans la mélodie qui làhaut ^ se chante.
Et ce baron ^, qui, ainsi de rameau en rameau m*examinani, m^avait déjà tiré jusqu'aux dernières feuilles,
Recommença: « La grâce qui courtise ton Ame, t'a fait jusqu'ici ouvrir la bouche comme tu devais rouvrir;
< De sorte que l'approuve ce que tu as produit au dehors; mais il convient maintenant d'exprimer ce que tu croîs, et ce qui détermina ta croyance. »
— O Père saint I ô esprit, qui vois ce que tu crus si fermement, qu'au sépulcre tu vainquis de plus jeunes
Gommençai-je, tu veux que je manifeste ici la forme de ma vive croyance, et tu en as aussi demandé la raison.
Je réponds : Je crois en Dieu unique et éternel , qui, non mû, meut tout le ciel par l'amour et le désir:
Et d'une telle foi je n'ai pas seulement des preuves physiques et métaphysiques, mais me la doime encore la vérité qui d'ici plut
33i CÀNTO VËNTESIMOQDAHTa
*• Per Moisè , per profeti , e per salmi , Per l' evangelio , e per voi che scrivestc , Poichë r ardente Spirto vi fece almi ;
*^ E credo in tre perâone eteme, e queste Credo una essenzia si una e si trina , Che soffera congiunto sunt et este.
*® Délia profonda condizion divina . ChMo tocco mo, la mente mi sigilla Più volte Tevangelica dottrina.
^* Quest'è il principio, quest'è la fa villa Che si dilata in fiamma poi vivace, E, cooie Stella in cielo, in me scintilla.
^ Come il signor ch'ascolta quel che piace, Da indi abbraccia il servo, gratulando Per la novella , tosto eh' ei si tace ,
** Cosl , benedicendomi cantando , Tre volte cinse me , si com' io tacqui , L'apostolico lume, al cui comando
Io avea detto ; si nel dir gli piacqui.
CHANT VlNGT-yrATRIÈME. 333
Par Moïse, par les prophètes et par les Psaumes; par r Évangile, et par vous qui écrivîtes après que Tardent Esprit vous eut faits saints.
Et je crois en trois Personnes étemelles, et je les crois uté ësçénce si une et si trine, qù*à la jfbis elle admet sunt et est **.
De la profonde nature divine que maintenant je touche, plusieurs fois empreint mon esprit Tévangélique doctrine**.
Ceci** est lé principe, ceci est Tétincellé qui ensuite se dilate en une vive flamme, et, comme une étoile dans le ciel, en moi scintille.
Comme le maître qui écoute ce qui plaît, sitôt qu'il se tait embrasse son serviteur, lui rendant grâces de la bonne nouvelle.
Ainsi, chantant et me bénissant, trois fois më ceignit Tapostolique lumière, au commandement de laquelle
J'avais parlé; tant mon dire lui plût.
CANTO VENTESfMOQUINTO
^ Se mai continga cbe il poema Bacro , Al quale ha poato mano e cieio e terra» SI che m* ha fatto per più anni macro t
< Vinca la crudeltà, che fuor mi aerra Del bello ovile, ovMo dormii agneUo Nimico a' lupi, che gli danno gueira;
^ CoD altra voce ornai , con altro vello ftitornerô poeta, ed in sul fonte Del mio battesmo prenderô il cappello ;
^ Perocchè nella Fede, che fa conte L'anime a Dio, qui v' entra' io, e poi Pietro per lei si mi girô la fronte,
5 Indi si raosse un lurae verso noi Di quella schiera, ond'uscl la primizia Che lasciA Cristo de' vicarj suoi.
S'il advient jamais que le ptëme sacné , auquel a mis la main et le ciel et ta terre, et qui m'a, durant plusieurs amiées, amaigri^
Ydnque la cruauté qui me retient hors du beau bercail où je dormis agneau ^^ ennemi des loups qui lui font la guerre :
Avec une autre voix alors, avec une autre toison < poète je retournerai, et sur les fonts de mon baptême, je prendrai la couronne^ ;
Parce que dans la foi qui rend les âmes connues de Dieu^, là j'entrai, et qu' ensuite par elle Pierre ceignit mon fronts
Lors vers nous se mut une lumière de cette troupe , d'où était sof0 oelui que Christ laissa le premier de ses vicaires.
336 CANTO VKNTESIMOQUINTO.
^ E la mia Donna piena di letizia Mi disse: Mira, mira, ecco il Barone, Per cui laggiù si visita Galizia.
SI corne quando il Colombo si pone
Presso al compagnb, l^uno alraltro pânde»
Girando e mormorando, Taffezione;
® Cosl vid'io l'un dall'altro grande Principe glorioso essere accolto , Laudando il cibo che iassù si prande.
^ Ma poi che il gràtiilar si fu assolto , Tacito coram me ciascun s'affisse , Ignito si, che vinceva il mio volto.
^® Ridendo allora Béatrice disse :
Inclita vita, per cui la larghezza Délia nostra basilica si scrisse ,
^* Fa risonar la Speme in questa altezza : Tu sai che tante volte la figuri, Quante Gesù a' tre fe più chiarezza.
** Leva la testa, e fa che f assecuri; Chè ciô che vien quassù del mortal mondo, Convien ch'a nostri raggi si maturi.
^* Questo conforte dèl fuoco secôndô
Mi venue ; ond'io levai gli occhi a' monti, Che grincurvaron pria col troppo pondo.
Et ma Dame , pleine de joie , me dit : • Regarde , regarde, voilà le baron pour qui en bas on visite la Galice. »
Comme, lorsqu'une colombe se pose près de sa compagne, l'une et l'autre, tournant et murmurant, montre son affection.
Ainsi vis-je s'accueillir l'un l'autre ces grands et glorieux Princes, en louant l'aliment dont on se nourrit là -haut».
Et quand fut fini le congratuler, en silence, coram me'^ chacun d'eux se fixa, si enflammé qu'il m' éblouissait.
Rayonnant alors, Béatrice dit : « Illustre vie^, par qui fut célébrée l'abondance de notre basilique *,
« Fais en ces hauteurs résonner l'espérance; tu sais que tu la figures autant de fois que Jésus aux trois se manifesta plus clairement*^:
— « Lève la tête avec assurance ; car ce qui vient ici-haut du monde mortel, doit se mûrir à nos rayons. »
Du second feu ** me vint ce confort; et je levai les yeux sur les monts dont le poids les avait abaissés d'abord ^2^