Rachel, fille de Laban et épouse du patriarche Jacob
l'enfer, CBANT II. 9
« missements? ne vois-tu pas qu'il se débat contre la mort, « sur ce fleuve dont l'océan le plus agité ne se vante pas de « surpasser les orages. »
« A peine eus-je entendu ces paroles, que plus prompte qu'un « homme qui court à ses profits, ou qui fuit un malheur, « je quittai mon siège glorieux, pleine de confiance dans ta « pure éloquence qui t'honore toi et ceux qui la suivent pour » modèle, »
« Béatrix cessa de parler; et, me regardant avec des yeux baignés de larmes , elle semblait m'inviter à ne pas différer de partir. Je lui ai donc obéi. Je suis venu à toi comme elle a voulu , et je t'ai délivré de la louve qui te fermait le plus court chemin pour franchir la montagne. Mais maintenant réponds, pourquoi demeures-tu immobile? pourquoi ne chasses-tu pas de ton cœur cette ignoble crainte? pourquoi n'as-tu plus ni audace, ni courage, puisque trois femmes bénies « daignent s'occuper de toi dans le ciel , et que ma voix te promet le bonheur ? »
Tel que des fleurs abattues et fermées par le froid de la nuit se relèvent sur leur tige et s'entr'ouvrent aux premiers rayons du soleil qui les colore, tel je sentis renaître mes forces affaiblies 2. Une ardeur généreuse entra dans mon cœur, et je m'écriai : « Qu'elle fut charitable celle qui prit ma défense! Que tu fus bienfaisant, toi qui accourus à la première parole de ma protectrice ! Tu m'as rendu le désir de suivre ma haute entreprise. Marche, tous deux nous n'avons plus qu'une volonté; tu es mon guide, tu es mon seigneur, tu es mon maître. » Je me tus : Virgile s'avança, et je le suivis dans un chemin tortueux et sauvage.
i. Les trois femmes bénies sont Béa- grâce, l'élégance, la fraîcheur de celte trix , la divine Clémence et Lucie. comparaison. Dante ne sera pas tou-