‹ La Divine comédie de Dante Alighiéri (volume 5)Chapitre 2 sur 64 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

«en guise de lanternes, il y a des passages du Paradis « où le Toscan , peu maître de lui-même, se croit forcé de « mettre dans la bouche de ses interlocuteurs les plus «saints, des attaques, des apostrophes foudroyantes. Ne « restez pas en chemin , puisque vous voilà prévenus à « temps ; sans doute Dante s'est laissé emporter un mo- « ment par un zèle trop rude , mais ce qu'il dit est bon « pour vous ; pourquoi refusez-vous une autre délectation « qui est là, à votre disposition? Vous avez payé le prix « convenu ; ce plaisir est à vous : il est un de vos droits : « feuilletez donc le reste, mais ne feuilletez pas vite, de peur « que ce que je vous annonce ne vous échappe : soyez as- « sures que vous trouverez de quoi satisfaire des goûts que «vos écrivains appellent sains, enivrants, et la nourri" « lure nécessaire aux grandes âmes. »

Dante obtiendra-t-il cette fois la juste victoire qu'il peut ambitionner? La cause enfin sera-t-elle tout à fait entendue? Dans les ouvrages des hommes prime-sautiers, des oppositions audacieuses n'impriment-elles pas à ces ouvrages un cachet d'originalité, (Timprévic, semblable aux scènes variées de la nature qui nulle part n'offre rien de semblable, de répété et de même allure? Dante a travaillé dans l'esprit qui guide le souverain maître. Le livre de ce Toscan merveilleux , véritable encyclopédie du temps, renferme jusqu'à des découvertes que d'autres personnages se sont attribuées depuis; sous ce rapport , Dante est un inventeur admirable ; puis tout ce qui était connu déjà est mentionné par lui avec sagacité , et ce n'est pas dans l'Enfer seul qu'il montre sa vaste érudition.

Son immense perception de tout ce que les savants anciens avaient accumulé de sentences hardies et de prin-

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