‹ La Divine comédie de Dante Alighiéri (volume 5)Chapitre 4 sur 64 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

Dante parlait ainsi à l'âge de vingt-six ans , au moment où la mort venait d'enlever la fille de Foulques Portinari.

Cependant les nobles et les popolani de Florence, confusément mêlés à deux factions appelées les Noirs et les Blancs (voyez Enfer, page 1 00, note 3), se déchiraient avec acharnement. Qui préférer? à quelles passions , puisqu'il faut vivre avec les passions , faut-il tendre la main? En définitive, l'orgueil, défaut dominant des uns, est un vice qui, préoccupé de lui-même, oubliait quelquefois de faire le mal; l'envie, ce vice inhérent aux autres , ne connaissait pas de relâche , et sans cesse voulait combattre pour vaincre et punir, et déplacer à son profit ces fatales richesses que les hommes savent plutôt arracher que défendre. Au total , si on ne sait pas ceux qu'il faut préférer, l'expérience que nous ont donnée notre âge et les affaires nous instruisent assez du sort des nobles et des popolani de tous les pays. On remporte plus souvent des victoires sur l'orgueil qui se garde mal, que sur l'envie qui ne dort jamais.

Dante voulut se placer au milieu de ces querelles pour les apaiser. Ce grand poëte, il faut l'avouer, ne fut pas un aussi grand politique. Il appartenait, par sa famille, au "parti guelfe protégé par les papes , il fut jeté , malgré lui, dans les rangs des gibelins soutenus par l'empereur.

Dante , envoyé à Rome comme ambassadeur, ne se trouva pas à Florence, quand les Guelfes y obtinrent un avantage, et il voulut modérer leur esprit de vengeance. Ceux-ci l'exilèrent et successivement le condamnèrent à être brûlé , s'il reparaissait sur le territoire de la république , et confisquèrent lâchement tous les biens de la famille Alighiéri. Il n'y eut plus de refuge pour Dante que

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