On honorait la famille des Amidei
Buondelmonte des Buondelmonti avait promis de prendre une épouse dans la famille des Amidei; mais il manqua de parole , et il en choisit une dans la famille des Donati- Les Amidei , furieux d'une telle injure, assassinèrent Buondelmonte : ce crime fut la cause des premières divisions des Guelfes et des Gibelins. — O Buondelmonte! si Dieu t'avait précipité dans l'Ema , dans le (leuve qui se trouve sur le chemin de
Montebuono à Florence ( Montebuono est le nom d'un château qui appartenait aux Buondelmonti), beaucoup de Florentins qui gémissent dans l'exi seraient aujourd'hui pleins de joie!
Mais Florence devait donner une victime à cette pierre isolée qui est restée sur le r-ont-Vieux. Ce fut à côté de cctt'< pierre qu'on assassina Buondelmonte.
s. Les Florentins avaient sur leu'i étendard un lis.— Quand on gagnait uni bataille , il était d'usage de porter le étendards des ennemis à la renverse. - D'abord , les Florentins avaient , danl leurs armoiries, le lis blanc; mais enl suite les Guelfes portèrent d'argent a't lis de gueules (rouge). .
•Ji
CHANT XVIT.
Je ressemblais à celui qui pria Climène de lui confirmer ce qu'il avait entendu dire de sa haute origine ', et dont l'exemple a rendu les pères moins complaisants pour leurs fils. Je parus tel aux yeux de la sainte lumière 2 qui avait changé de place pour me parler, et à ceux de Béatrix. Cette dernière me dit : « Manifeste au dehors l'ardeur de ton désir-, qu'elle sorte bien empreinte de ton entendement intérieur, non pour nous apprendre ce que nous savons, mais pour t'accoutumer à montrer hardiment la soif que tu veux qu'on satisfasse. » Je parlai donc ainsi : « O chère tige de ma famille, toi qui de si haut, en envisageant le point devant lequel tous les temps sont présents, vois l'avenir (quoiqu'il soit renfermé en luimême), aussi facilement que l'esprit humain comprend qu'un triangle ne peut avoir deux angles obtus; pendant que j'étais dans la compagnie de Virgile, sur cette montagne où les âmes sont purgées de toutes leurs taches, et dans le royaume des morts, on m'a prédit des événements graves de ma vie future3; et, quoique je me sente tel qu'un têtragone* contre les coups de l'adversité, je désirerais connaître ceux que la fortune me prépare : la flèche prévue arrive plus lentement 5. »
I, Phaéton, qui dit à Climène :*« Est- \. Tétrapone , qui a quatre angles et
il vrai que je suis le fils d'Apollon?» quatre côtés; imitation d'une expres-
(Ovid., Mctam., liv. I, f. 20.) sion énergique d'Aristote. (Éthique, I.
2 De CacciaRuida. .;. Ovide avait dit :
;. Ces malheurs lui ont été prédits „ yml prœvisa ,„«•„„.< l(Vllcrr ula fll.
ans 1 Enfer, par Farinata rieirli TJberti, - . .,, n ..liant x vov. paç. 4i) ; dans le l'urn.,
par Conrad Malaspina , chant vieil Pétrarque a imite Ovide cl Punie :
(voy. pag. 2io); et par Oderisi da Gnb- » GftB piatja (MtCvedvta, atiai »>e 1
uio, l'urg. , chant xi (voy. paçr. 22c1. dunle »
432 LE TARADIS, CHANT XVIÎ.
Je confessai, ainsi que l'avait voulu Béatrix, tout mon désir, à cette lumière qui m'avait parlé d'abord. Sans employer les paroles ambiguës ' dont s'envisquaient les nations insensées, avant que l'Agneau de Dieu , qui efface nos péchés , se fût offert en sacrifice , l'esprit de mon père , contenu dans sa vive lumière, me répondit sur-le-champ en termes précis et pleins de tendresse : « Les événements futurs , qui sont étrangers à votre matière , sont connus de la première puissance. Il n'est cependant pas nécessaire qu'ils arrivent, plus qu'il n'est nécessaire qu'un vaisseau que vous voyez dans un courant, continue de voguer2. C'est de cette puissance que me vient la connaissance du sort qui t'est réservé, ainsi qu'un orgue porte aux oreilles une douce harmonie. Tu quitteras Florence, comme Hippolyte, persécuté par la perfidie de son impitoyable belle-mère, sortit d'Athènes3. On le veut, et l'on trame déjà l'intrigue, là où tous les jours on trafique du Christ 4. On attribuera tous les torts au parti le plus faible, suivant l'usage; mais la vengeance du ciel rendra un ' témoignage éclatant à la vérité. Tu seras obligé d'abandonner ce qui te sera le plus cher 5 : c'est la première flèche que lance l'arc de l'exil. Tu apprendras combien le pain étranger est
I. Il ne se sert pas de paroles arabi- vent arriver, n'emporte pas avec elle
gués semblables à celles des oracles du que ces choses doivent arriver néces-
paganisme. (Voyez le sc liv. de VÉnéid., sairetncnt.
vers 98 et suiv.) — S'envisquaient, c'est s. Tout le monde sait l'histoire
pour répondre de près au mot inves- d'Hippolyte et de Phèdre.
cava. 4. Trait de satire contre la cour ro-
s. Je suivrai ici le commentaire de raaine, qui protégeait les Guelfes.
Lombardl. Le poète s'adresse aux phi- s. Dans ce passage , six vers seule-
losophes qui prétendent que si Dieu ment renferment à la fois un mouve-
prévoit toutes les choses qui doivent ment de sensibilité qui est fait pour
arriver, son infaillibilité exige alors attendrir sur le sort d'un exilé, et une
que les choses prévues arrivent néces- grande vérité qui apprend que le pain
sairement. Afin de faire entendre son des étrangers est toujours amer; et
idée , Dante prend pour objet de com- que, nulle part, on ne retrouve la patrie
paraison un vaisseau, et dit : Comme la qu'on a perdue. Les compagnons d'exil
persuasion où est celui qui voit un de Dante firent de vaines tentatives
vaisseau se mouvoir, parce que ce vais- pour s'emparer de Florence; ils furent
seau est en effet mis en mouvement, toujours, entre eux, en si mauvaise in-
n'emporte avec elle aucune nécessité telligence, que jamais leurs efforts ne '
du mouvement réel de ce vaisseau , de réussirent. Pas plus que la faim , l'exil,
même la certitude infaillible avec la- souvent, ne sait donner de bons con-
quclle Dieu prévoit les choses qui doi- scils.
amer, et combien il est dur de monter et de descendre l'escalier d'autrui. Ce qui aggravera le plus ton tourment, ce sera la société perfide et désunie des compagnons avec lesquels tu tomberas dans ce gouffre : leur ingratitude, leur folie. leur impiété n'accuseront que toi; mais ce sont eux, plutôt que toi, qui auront à en rougir. Les procédés de leur bestialité prouveront qu'il sera honorable pour toi d'être ton parti à toi-même. Ton premier refuge sera la courtoisie de ce grand et noble Lombard ', qui porte pour armoiries le saint oiseau sur une échelle d'or. Ce sera là ta première demeure. Ses prévenances pour toi seront telles, qu'entre vous deux, pour la demande et la faveur, celle-ci, quoique généralement la seconde, arrivera la première. Dans sou palais, tu connaîtras celui qui, né sous l'influence de cette étoile guerrière, fera de si notables prodiges 2. Le monde ne les prévoit pas, parce que ce héros est encore jeune 3, et que ces sphères n'ont fait leur révolution que neuf fois autour de lui; maison verra
i. Ce grand et noble Lombard. Bo- Ciice. dans sa fie de Dante, a prétendu que ce grand et noble Lombard était Albert , père de Can Grande délia Scala- L'auteur du Commentaire attribué a Pietro, fils de Dante, et Landino, ont fort bien dit qu'il s'agissait ici de Barthélémy, fils aîné d'Albert. Vellutello, Daniello, Grangier, Volpi et Ven- ■ri, assurent, au contraire, que le poète a voulu indiquer Alboin, second lils du même Albert. L'auteur d'un ouvrage imprimé à Vérone, en 1786, intitulé Aneddoti, etc., veut que ce grand Lombard soit Can le Grand, dont Dante parlera plus bas. Lombardi combat cette dernière opinion avec avantage; il prouve que le premier prince dont le poète fait mention n'est pas le même que celui dont il dit ci-après : « Con lui vedrai , etc. . le sue magnifteenze , etc. Il est évidemment question . dans ce dernier passage, de Can le Grand, à qui Dante dédia la troisième partie de la Divine Comédie, c'est-à-dire, le Paradis, et à qui ce poète ne craignit pas de confier l'état de misère où il se trouvait. On lit ces mots dans l'épitre
dédicatoire adressée au prince par Dante : Crget enim me rei familiaris angustia ; « Car la disette de biens de faraiïle me tourmente. » Ainsi, le grand Lombard doit être un des princes qu'ont indiqués les commentateurs cidessus cités , et non pas Can le Grand , dont il sera parlé plus bas. — Ses prévenances pour toi seront telles , qu'entre vous, pour la demande et la faveur, celle-ci . quoique généralement la seconde et plus tardive, arrivera la première. C'est-à-dire, il est d'usage qu'une demande précède une faveur; mais, entre toi et le prince, ses libéralités précéderont tes demandes.
«■ Can Iç Grand, troisième fils d'Albert de lu Scala, père de Barthélémy et d Alboin , et né sous l'influence de l'étoile de Mars, dans laquelle se trouvaient alors Cacciaguida , Béatrix et Dante.
s. Le héros était encore très-jeune :
il n'avait que neuf ans. Muratori assure que Can Je Grand naquit en 1391, et Dante e-.t censé écrire cette révélation en 1.-.00
des traces éclatantes de son mépris pour l'argent et les fatigues, avant que le Gascon trompe le grand Henri'. Ses magnificences 2 seront telles que ses ennemis mêmes ne pourront rester muets. Compte sur lui et sur ses services. De combien d'hommes il changera le sort ! Il élèvera les pauvres; il abaissera les riches. Tu conserveras dans ta mémoire l'empreinte de ses vertus; mais tu seras discret.... » L'esprit ajouta des détails difficiles à croire pour ceux même qui seront témoins de tant de gloire, et continua ainsi : « 0 mon fils, voilà les causes de ce qu'on t'a dit; voilà les embûches qu'un court intervalle de temps te cache encore. Tu ne dois pas cependant vouer de la haine à tes concitoyens, parce que tu vivras assez de temps pour voir la punition de leur perfidie3. » Lorsque l'âme sainte, en se taisant, se montra disposée à mettre la trame sur la toile que j'avais présentée ourdie, je lui répondis comme l'homme qui, en doutant, sollicite un conseil d'un autre homme qu'il respecte et qu'il aime : « Je vois bien, ô mon père, que le temps accourt vers moi, pour me porter un de ces coups qui sont d'autant plus douloureux, qu'on leur oppose moins de courage :»aussi dois-je m'armer de prévoyance , afin que si le séjour le plus cher m'est enlevé, je ne perde pas en même temps, par la liberté de mes vers, les asiles* que l'on pourrait m'offrir". Dans le
i. Avant que le pape Clément V, né en Gascogne , trompe le grand Henri VII, prince dont le poète parle toujours avec la plus haute admiration. Henri VIT, fils aîné de Henri, comte de Luxembourg, dont la branche de Montmorency - Luxembourg descend par les femmes , fut élu empereur en isos , et couronné en 1309, à quarante-six ans.
Cet empereur mourut le 25 août «13 , à cinquante et un ans. Un écrivain distingué parle ainsi de ce prince : «Henri emporta dans le tombeau les regrets de toute l'Allemagne, et même d'une portion de l'Italie ( du parti des Gibelins). Il avait su allier les vertus chrétiennes avec la prudence du plus habile politique, l'autorité d'un maître, et la valeur
d'un conquérant. Ses sujets l'aimaient comme un père. Son règne fut plus glorieux que celui des trois empereurs qui | l'avaient précédé- »
2. Ses magnificences seront telles, etc. Les magnificences de Can le Grand.
3. Dante ne vit pas la punition de la perfidie et de l'acharnement de ses en- 1 nemis : il se fait prédire ici un bon- .[ heur qu'il n'a pas éprouvé.
•j. Le poëte use ici d'une adresse oratoire qu'il est bon de remarquer. Il se fait recommander par Cacciaguida de ne rien déguiser de ce que la vision '| aura offert d'important. Le poêle a obéi scrupuleusement aux conseils de son trisaïeul.
monde, où tout est amertume sans fin , sur la montagne du sommet de laquelle les yeux de Béatrix m'ont enlevé, ensuite dans le ciel, de lumière en lumière ', j'ai appris des choses qui seront acres pour un grand nombre, si j'ose les redire; mais au contraire, si je suis un ami timide de la vérité, je crains de ne plus vivre parmi ceux pour qui le temps actuel sera l'ancien temps 2. » La lueur où étincelait mon trésor, brilla d'un plus vif éclat, semblable a un miroir d'or exposé au soleil; elle répondit: «Les consciences qui auront des fautes à se reprocher, ou qui rougiront de celles de leurs amis, trouveront tes paroles âpres et désagréables; néanmoins , sans rien altérer, manifeste ta vision tout entière , et laisse se gratter celui qui a la démangeaison3. Si tes révélations ne flattent pas le goût dans le premier moment, elles laisseront une substance fortifiante chez celui qui n'aura pas craint de s'en alimenter. Tes cris seront ces ouragans qui frappent les plus hautes montagnes, et tu ne retireras pas une faible gloire de ton courage. Dans ces sphères, sur le Mont, et dans la vallée de douleur, tu n'as vu que des âmes qui dans le monde furent célèbres , parce que l'esprit de celui qui écoute, néglige, comme peu instructifs, les exemples qui tombent sur des hommes d'une condition vulgaire, et n'ajoute point foi a des arguments qu'on ne tire pas du sort de quelques malheureux illustres. »
i. Dans l'Enfer, sur la montagne du commune; mais il y a dans le texte :
Purgatoire, d'où Bealrix l'a enlevé; en- «E lasciaperyrattardov'è la rogna.» suite dans le ciel, de planète en pla- Il faut quelquefois se résoudre à ren-
néte. contrer de tels vers , souvent même au
2. Expressions très -originales. 11 milieu d'un très-beau morceau. Toute
crainl de ne pas vivre dans la posté- la fin du chant est, d'ailleurs, d'un
nté. O noble orgueil des grands génies ! style noble, concis, et sagement philosc-
comme il leur sied bien de dire : Exegi phique. Peut-on exprimer de plus beaux
moiiumentu/n œreperennius. sentiments en vers plus adaptés au
s. On trouvera cette phrase bien sujet, et plus vigoureux?
CHANT XVIII
L'esprit de mon aïeul s'était livré en silence à ses réflexions. Je m'abandonnais également aux miennes, en pensant à ce que ces prédictions avaient de doux et d'amer. Mais cette femme qui me conduisait à Dieu , me dit alors : « Change de pensée, souviens-toi que je m'approche de celui qui met fin à toutes les peines '. » Je me retournai vers la voix aimante de ma consolatrice, et j'abandonne la tâche d'exprimer tout ce que je vis d'amour dans ses yeux sacrés; non que je me défie de mes paroles, mais parce que ma mémoire, sans un puissant secours , ne peut revenir sur elle-même. Je puis dire seulement que Béalrix, en devinant ainsi mon sentiment, m'affranchit de tout autre désir, parce que le plaisir éternel qui étincelait sur son beau visage, me renvoyait la lumière de Dieu. Bientôt me ramenant à elle par l'éclat d'un sourire, elle me dit : « Tourne-toi encore et écoute : apprends que le paradis n'est pas seulement dans mes yeux2.» De même qu'ici-bas, on découvre dans l'expression de nos traits, l'amour que nous inspire la personne qui s'est emparée de notre âme, de même je vis dans les étincelles de la sainte lueur vers qui je me tournai, un désir de parler encore.
Elle m'adressa ces paroles : « Dans cette cinquième division de l'arbre 3, qui vit de sa cime, qui porte toujours des
«. Dieu. des esprits bienheureux qui, avant qu'ils
2. Langage mystique qui se rappro- vinssent au ciel , avaient sur la terre
che peut-être trop de celui de la galan- une immense renommée , etc. II va
terie mondaine, mais on doit y être être question, plus bas, de Rinoard ,
accoutumé. du duc Godefroy, de Robert Guiscard.
s. Dans cette Sphère (la planète de Je ue serais pas étonne que ces seuls
Mars) , cinquième division du Paradis , vers de Dante :
qui vil de sa cime , de Dieu. — Sont « Spiriti son beati che giù, prima
LE PiRADIS, CHANT XVIII. 437
Vuits et ne perd jamais de feuilles, sont des esprits bienîeureuxqui, avant qu'ils vinssent au ciel, avaient sur la erre une immense renommée, et dont l'éloge pourrait être e sujet de grands poëmes. Remarque, à une des extrémités le la croix, celui que je vais te nommer; il te paraîtra ce feu éger qui sillonne la nue. « En effet, je vis briller cette lunière qui s'agita , avant qu'on m'eût dit que c'était Josué ', :t son action précéda les paroles qui le nommèrent. Au nom lu grand Maehnbée, je vis une autre lueur se tourner sur ellenême : la joie était comme le fouet qui imprime les mouvenents de rotation à la toupie. On me montra Charlemagne et loland; ma vue les suivait avec attention, comme l'oeil du basseur se fixe sur le faucon qu'il a lancé. J'aperçus ensuite ur cette croix, Guillaume, Rinoard, le duc Godefrov, Rolert Guiscard : enfin , l'âme qui m'avait entretenu, s'étant nêlée parmi les autres, me montra quel artiste elle était larmi les chanteurs du ciel.
Te me tournai à droite pour lire mon devoir dans les paoles ou dans les gestes de Béatrix : ses yeux étaient si beaux t si brillants que leur éclat surpassait celui des autres splenleurs, et même l'éclat de son dernier sourire. L'homme,
'he venissero al ciel , fur di gran et non pas d'Oringa ou dOrvcnga.
voce, comme dit Vellutello , ni d'Ouvergne,
» clï ogni Musa ne sarebbe opima, » comme [dit Venturi , et comme Lom-
bardi parait le croire. — Rinoard , ne-
usscnt donné an Tasse l'idée d'entre- veu de Téborghe , femme de Thibaut
rendre sa Jérusalem délivrée. On l'Esclavon , qui fut enlevée par Guil-
erra encore, plus bas, que le Tasse laume , seigneur d'Orange (Venturi et
vait lu la Divine Comédie avec assez. Lombardi font à tort Rinoard parent de
'attention, et que, dans son poëme, H Guillaume). — Le duc Godefroy, dur
a copiée plusieurs fois."1 de Lorraine et comte de Boulogne, qui
i. Successeur de Moïse et chef du conquit Jérusalem et en devint roi.
euple juif; à sa suite, les Israélites Robert Guiscard, duc de Normandie,
assèrent le Jourdain pour aller faire qui s'empara de la Sicile, et chassa 1rs
es conquêtes dans la terre promise- — Sarrasins de la Pouille. Il eut pour fils
udas Machabée, fils de Matathias, qui, Roger, père de Constance. (Voyez Pa-
idé de ses quatre fils, remporta de mé- radis, chant in, page S6S. ) — L'âme
lorables victoires sur les capitaines qui m'avait entretenu. Cacciaguida ,
'Anliochus, roi de Macédoine. trisaïeul de Dante.— L'arc de la circon-
Iharlemagne , empereur d'Occidenv férence s'est augmenté. Le poète avait
loland , neveu de Charlemagne , fils du été transporté dans une circonférence
omtede Narbonne, seigneur d'Orange, plus étendue et plus élevée.
poussé par le désir de bien faire, et faisant mieux de jour en jour, s'aperçoit que sa vertu a pris de l'accroissement; de même je compris , parce que ce miracle était encore plus étincelant, qu'à la suite d'un mouvement circulaire qui m'avait emporté avec le ciel, l'arc de la circonférence s'était augmenté. Le visage d'une femme qui a un teint éblouissant, après avoir été un moment animé par la pudeur, revient à sa blancbeur naturelle; mes yeux virent tout à coup le même effet, en considérant Béatrix, quand je passai avec elle dans la candeur tempérée de la sixième étoile qui m'avait reçu ! . J'observai que dans celte spbère dédiée à Jupiter, les étincelles d'amour qui l'habitaient, représentaient les lettres de notre alphabet. Comme les oiseaux partis du bord des rivières pour aller à la pâture, semblent se réjouir, et forment des lignes ou rondes ou allongées , de même ces saintes créatures chantaient en voltigeant, et formaient tantôt unD, tantôt un I , tantôt une L. D'abord elles chantaient ensemble et se mettaient en mouvement; quand ensuite elles avaient ■formé un de ces signes, elles s'arrêtaient en silence.
O toi, à qui obéit Pégase 2, toi qui glorifies les esprits, qui leur donnes l'immortalité, ainsi qu'aux villes et aux royaumes, viens m'inspirer, et fais-moi célébrer dignement ces saintes lumières ! que ta puissance se manifeste dans ce peu de vers! Elles tracèrent cinq fois sept lettres en voyelles et en consonnes. DILIGITE JUSTITIAM furent le premier verbe et le premier nom. Les derniers furent ces mots : QUI JUDICATIS TERRAM 3 ; puis elles restèrent disposées en M,
i. La planète de Jupiter, qui est le sixième ciel. Les splendeurs des bienheureux représentaient des lettres de l'alphabet, par la manière dont elles se groupaient ensemble , comme les lueurs qui habitaient la planète de Mars avaient représenté une croix aux yeux de Dante, par la manière dont elles s'étaient groupées. — Les oiseaux partis du bord des rivières , les grues ou les oies sauvages.