XX INTRODUCTION
adolescence , parce qu'il avait perdu l'objet de son chaste amour; malheureux dans l'âge viril, parce qu'il avait taché de rendre des services à la patrie ; méconnu alors par ses concitoyens, condamné au feu, accusé injustement de baraterie; privé de ses écrits, persécuté pour les avoir composés; banni, errant, pauvre, peut-être mendiant, assurément forcé de monter l'escalier d'autrui et de tendre la main pour recevoir un pain amer; souvent seul , sans commerce avec les hommes ; attiré dans un illustre pays étranger par les récits que lui avait faits son maître Brunetto Latini, l'un des favoris de Louis IX; réduit à quitter ce pays, et presque à le maudire, nourrissant imprudemment de fausses espérances en faveur de la puissance impériale ; distrait par d'immenses travaux , jeté plus tard parmi les bouffons et jouet des cours , auprès de Cane délia Scala , Dante, quoique surpris par des moments de sensibilité, qui accablent le moral des hommes , ne s'est pas laissé avilir. Sa vie a été courageuse comme ses vers. Il ne s'est jamais écarté de la Foi : il n'a jamais, jusqu'au dernier moment, cessé d'aimer: il n'a pas cessé d'écrire pour sa donna inspiratrice, pour sa patrie, pour son Dieu.
Guido fit rendre à Dante les honneurs les plus magnifiques : les premiers seigneurs de la cour portèrent le corps sur leurs épaules dans une église des Franciscains. Tous les poètes de la Romagne , pour plaire à leur maître , composèrent des vers en l'honneur d'Alighiéri.
Jean de Virgile envoya une épitaphe devenue célèbre.
Bernard Bembo, père du fameux cardinal Bemlo, étant en 1483 préteur de Ravenne, pour la république de Venise, fit élever à Dante un mausolée. En i 692, le car-