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dinal Corsi, étant légat, fit attacher au mur une autre inscription.
La première édition du poëme de Dante parut dans les Etats de l'Église, à Fuligno , le quatrième mois de l'année 1472; elle est intitulée : La Commedia di Dante Alighieri di Fiorenza.
On a imprimé, en 1512, à Venise, la vingt-quatrième édition intitulée : Opère del divino poeta Dante.
Bernard Stagnino publia en 1516 la vingt-neuvième édition sous ce titre : La Divina Commedia , avec le commentaire de Landino , revu par Pierre da Figino. Voilà le titre de Divine Comédie publiquement établi. Aucune nation , aucun auteur, aucun critique n'a réclamé jusqu'à nos jours, et il est certain que personne n'osera plus attaquer cette juste possession de plus de trois siècles. Dante en cela est pur de tout orgueil. Il n'a appelé son poëme que la Commedia, c'est-à-dire, poëme dans un style mixte.
Un de nos plus célèbres poètes d'aujourd'hui, M. Victor Hugo , accuse Dante d'avoir lui-même appelé sa Comédie, divine. M. Victor Hugo s'est trompé.
La cinquante-quatrième édition est due à l'académie de la Crusca et elle a été imprimée à Florence en 1595, sous le titre de Divina Commedia di Dante Alighieri, nobile Fiorentino. C'est un ouvrage qui mérite la reconnaissance de tous les hommes de lettres, et digne de l'immortelle académie qui l'a composé.
La cinquante-cinquième fut imprimée à Venise, en 1596. On en envoya des exemplaires en Espagne, où on les laissa circuler pendant dix-huit ans; mais en 1614, X Index espurgatorio , imprimé à Madrid, ordonna qu'à l'avenir, lors de chaque réimpression que l'on ferait dans
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les provinces espagnoles , on supprimerait au chant xi de Y Enfer les vers 8 et 9 où il est question du pape Anastase. Il y avait lieu plutôt à critiquer ce passage qu'à le supprimer. (Voyez la note que nous avons mise, page 44.)
'L'Index espagnol ordonna encore que l'on supprimât les sept derniers vers du neuvième chant du Paradis. Ces vers écrits après la mort de Henri VII, dans le moment peut-être où le Gibelin éprouvait le plus de dépit, ces vers où il est dit que les pensées du Pape et des cardinaux ( de Clément V et des cardinaux ses partisans) ne vont plus à Nazareth, ne méritaient pas tant de colère. Rome n'a jamais exigé que ces vers fussent supprimés. Du reste, pour être juste avec les personnes qui , de leur côté , n'ont pas toujours été justes, n'oublions pas que dans une édition plus récente du même Index (en avril 17-17), il n'est fait aucune mention de cette mutilation du texte de Dante.
En 1829, les Toscans ont élevé à Dante un tombeau honoraire, trois fois décrété en vain par leurs ancêtres. La réparation morale faite à Dante est donc complète.
On cboisit pour exécuter ce monument, dit M. Misai* vicci ( Vila di Dante) , M. Etienne Ricci, sculpteur de renom. Le grand-duc Léopold II , appréciateur du vrai mérite, ce prince si éminemment éclairé, et le défenseur empressé de tous les intérêts de la Toscane , approuva le choix : on grava des modèles. Le comte Léopardi anima les souscripteurs par des chants d'enthousiasme.
Etienne Ricci se pénétra de son sujet et voulut que son travail se composât de l'urne funéraire, en arrière de laquelle Dante serait assis, tandis que, plus bas, figureraient deux statues allégoriques.
Ainsi , sur une large base s'élève cette urne à contours