‹ La Divine Comédie de Dante AlighieriChapitre 13 sur 44 · XXVI · texte numérisé non relu

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chi, se trouvait parmi les chevaliers du premier rang, lorsqu'on leur intima l'ordre de ne pas sortir de leur ligne. Corso était podestat à Pistoie et s’était fait suivre par deux cents gens d’armes, l’élite des guelfes. Au moment de la rencontre, s'étant aperçu que les Arétins laissaient un de leurs flancs découvert, il s’élança comme une flèche, et à ceux qui le regardaient étonnés de tant d’audace, il jeta celte dédaigneuse réponse : « Si nous perdons, je veux mourir avec les miens au milieu des ennemis; si nous gagnons, qu'on vienne chercher ma tète à Pistoie 1 . »

Ces deux traits, dignes des plus beaux temps de Rome, expliquent le rôle que nous verrons bientôt jouer aux deux illustres voisins de liante.

La bataille de Campaldino se donna le H juin 1289. Ce fut une année féconde en événements tragiques. Le comte Ugolin de la Gherardesca, qui était parvenu à se faire proclamer seigneur de Pise, trahi par l’archevêque Roger des Ubaldini, avait été saisi par la populace ameutée, avec deux de ses fils et trois petits-fils. Les gibelins lui reprochaient d'avoir traité secrètement avecleurs ennemis. On enferma le malheureux comte et son innocente famille dans la tour des Gualandi, aux sept chemins. Après cinq mois d’angoisses, les clefs de la prison furent jetées dans l'Arno, et on laissa mourir de faim le père et les enfants3. Cela se passait le 12 mars. Le 4 septembre de la même année, le fils de Malatesta de Verrucchio, podestat et tvran de Riinini, appelé Jean le Boiteux, Gian Ciotto, ou Lanciotto, comme d’autres écrivent, donna à l'Italie le spectacle d’une terrible vengeance. Marié depuis douze ans avec la belle Francesea, tille de Guido de Polenta, Lanciotto n'avait jamais cessé d'épier les démarches, les regards, les moindres pensées de sa femme, avec la jalousie inquiète et soupçonneuse d'un homme qui a la conscience de sa difformité et de ses torts. On avait fait croire à la pauvre enfant qu'elle épouserait Paolo, le plus jeune frère de Lanciotto, et l'infortunée ne s’aperçut de cette infâme tromper. e que lorsqu’il n’était plus

1 Villani, p. 527,

3 Ibid., lit). VII, c. cxxvn.

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temps. L’intimité augmenta la passion queFrancesca avait courue pour son beau-frère, et les deux amants, surpris par le mari dans la même chambre, à Pesaro, furent tués d'un seul coup. On les enterra dans le même cercueil, et deux siècles après, ils furent trouvés presque intacts, revêtus de riches vêtements, comme s’ils avaient dormi doucement dans les bras l’un de l'autre» . C’est ainsi qu’à six mois d’intervalle, deux drames sanglants se dénouaient sous les yeux de Dante, et lui offraient le sujet des deux plus beaux épisodes de son poème.

Beatrix mourut le 7 juin 1290, et Dante resta plongé dans une douleur si sombre et si profonde, que ses amis craignirent pour sa raison. Enfin, ce violent désespoir fit place à une résignation douce et mélancolique. La lecture de quelques philosophes, tels que Boëce et Cicéron, les conversations des religieux, les études théologiques lui rendirent assez de force pour accepter l’eiistence comme un devoir.

On ne connaît pas la date précise du mariage de Dante avec Gemma Donati. Ce dut être, à en juger par les enfants qu’il avait déjà à l’époque de son exil, deux ou trois ans après la mort de Béatrix. Il n’eut pas beaucoup à se louer de sa femme; mais il 11e s’est jamais plaint d’elle, et n’en a jamais parlé dans ses livres. On ignore aussi quel degré de parenté exislait entre Gemma et le terrible Corso Donati, l’ennemi le plus acharné du poêle. Dante était du reste lié d'une tendra amitié avec le frère et la sœur de Corso. Les noms de Forèse et de Piccarda brillent comme deux joyaux dans deux chants du Purgatoire et du Paradis. Dante eut sept enfants : Pietro, Jacopo, Gabriele, Aligero, Eliseo, Bernardo et Beatrix, tendre souvenir de son premier et unique amour *. Sa famille, on dirait presque la dynastie du grand Alighicri, se fixa à Vérone, et s’y maintint pendant deux ou trois générations. Tous les descendants du poète qui-ont porté après lui son glorieux prénom l’ont fait suivre d’un chiffre, Dante 111, Dante IV; ces noms sont gravés avec un légitime orgueil comme des noms de roi, sur deux tombeaux dans l’église de San Fenno.à Vérone.

1 Bktti, Memorie inédite per la storia l'esarese.

- Pelli, Alb. gcneal.

lxxviti INTRODUCTION.

Ce fut vers l’époque de son mariage que Dante entra aux affaires. Nous avons vu que le peuple, dans la révolution de 1282, avait exclu la noblesse des emplois civils, et remis le pouvoir aux mains des prieurs. Mais, comme il arrive toujours lorsqu'un gou- * vernement nouveau n’a pas eu le temps de jeter de bien profondes racines, les nobles, repoussés par le droit, dominaient par le fait. Retranchés derrière les tours de leurs châteaux forts, escortés par une garde formidable de serviteurs armés, lorsqu’ils se promenaient dans la ville en nombreuses et brillantes cavalcades, ils laissaient de grand cœur aux ouvriers sans travail, aux marchands sans crédit, la satisfaction illusoire d'élire des magistrats et de rendre des ordonnances. Ils bravaient celles-ci et méprisaient ceux-là, se vengeant sur le peuple par le dédain, par la dureté et par une foule de vexations que la loi n'atteignait pas. Aussi la réaction populaire fut-elle sanglante et terrible. Le tribun Giano délia Bella, sorti des rangs de l'aristocratie, se chargea de diriger cette explosion longtemps comprimée, et les oppresseurs devinrent victimes à leur tour.

Les principes de la constitution de 1293 furent consignés dans une espèce de charte appelée les Ordonnances de justice. On ajouta aux six prieurs qui géraient auparavant les affaires, un septième magistrat, chargé du pouvoir exécutif, et appelé gonfalonier de justice. On lui donna les armes du peuple, l’écu d’argent à la croix de gueules, et on mit à sa disposition mille hommes armés pour exécuter ses ordres. Les prieurs, auxquels on donnait aussi le titre de seigneurs, devaient être changes tous les deux mois, afin qu'ils n’eussent pas le temps de se créer des adhérents et d’abuser de leur influence au détriment de la république. Ils nommaient un podestat, fonctionnaire salarié, investi du pouvoir légal et jugeant en dernier ressort les affaires civiles et criminelles. Le podestat, 'comme son nom l’indique, était le représentant le plus redoutable du pouvoir national : les juges, les notaires, les hommes de loi, relevaient directement de lui. 11 appliquait les citoyens à la torture, condamnait à la confiscation, à la prison, à l’exil, avait droit dé vie et de mort. C’était une magistrature inviolable et suprême , une espèce de royauté tempo-

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rairc. Aussi voyons-nous presque tous les podestats, au moyen âge, ou s’emparer du pouvoir et devenir les tyrans des villes qu'ils gouvernaient, ou être écrasés par le peuple dans une émeute.

Les prieurs sortants, réunis à un nombre de délégués élus par la nation, nommaient leurs successeurs. Les séances du conseil se tenaient au palais communal ou dans les églises. Les prieurs avaient le droit d’accorder ou de retirer la parole, et déjà les avocats, ce fléau des assemblées législatives, embarrassaient la tribune pendant des demi-journées entières1. Dans les affaires d'un plus haut intérêt et dont les prieurs n’osaient assumer la responsabilité, on assemblait le conseil général des guelfes et les soixante-douze corporations des arts et métiers. C'était le suffrage universel dans sa plus large application. Les consuls recueillaient les voix de leurs collèges, et rendaient par écrit aux prieurs l’expression du vœu de la majorité.

L’esprit de représailles et de vengeance qui avait présidé à la révolution se glissa naturellement dans la rédaction des nouveaux statuts. Les nobles furent déclarés à jamais incapables d'être éligibles et électeurs; tout citoyen ayant un chevalier parmi ses ancêtres devait être regardé comme noble*. On proclama la loi barbare de la solidarité, qui rendait responsables tous les membres d’une famille de la faute d’un seul. L’exécution de ces Ordonnances de justice fut encore plus violente et plus inique que les lois elles-mêmes. Sous le plus léger prétexte, le peuple se portait en masse aux maisons de ceux qu’il appelait encore, par habitude, ses oppresseurs, et pillait, brûlait, tuait avec sa rage inintelligente et aveugle. Deux années n’étaient pas écoulées, que le tribun de la Bella avait déjà éprouvé les effets de l’instabilité populaire. Au moment où il essayait de faire entendre raison

1 Diso Compagnï, Cron.

* A Florence, on était déclaré noble ou magnat : pro homicidio, pro ■ veneno, pro furto, pro incestu. Ces étranges lettres de noblesse délivrées par le- peuple entraînaient la perte des droits civils. — Statut i Florentiæ. Friburgi, 1781. 3 vol. in- 4°, t. I. p. 4*29.

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à un groupe <le furieux qui sévissait par méprise contre un podestat innocent, il fut'chassé de la ville et mourut dansl'exil.

Cependant, les nobles avaient fini par trouver le moyen d'arriver au pouvoir. Par un de ces expédients qu’on emploie dans les gouvernements libres, pour éluder la lettre d'une loi trop sévère, ils se faisaient inscrire dans une des corporations des arts majeurs ou mineurs, cl se trouvaient ainsi portés au prieurat. Les plébéiens leur ouvraient leurs rangs non-seulement sans méfiance, mais avec une certaine fierté. Toutes les fois qu'un homme appartenant à la caste qu’ils regardaient comme l’ennemie de l'ordre public, venait spontanément se soumettre à la loi, la haine qu’ils éprouvaient contre ceux des nobles qui dédaignaient, par la crainte de déroger, le seul moyen de se rendre utiles au pays, leur semblait devenir plus légitime encore.

Dante trancha le nœud adroitement, et choisit l'art le plus noble, celui des médecins et des pharmaciens, qui était le sixième des arts majeurs. On lui coufia bientôt les missions les plus délicates. Un de scs biographes porte à quatorze le nombre des légations dont il fut chargé par la république, et dont il s'acquitta, la dernière exceptée, avec le plus grand bonheur1. D’après le témoignage du même biographe, qui s’accorde, du re$te, avec les autres faits de la vie du poète dont il n'est pas permis de douter, Dante fut envoyé successivement à Sienne, à Pérouse, à Venise, à Gènes, une fois près le marquis d'Este, une fois à la cour de France, deux fois à la cour de Naples, deux fois à celle de Hongrie, et quatre fois près du pape Boniface VIII. C’est qu'alors on n’avait pas encore proclamé l'incapacité absolue des hommes de lettres pour toute sorte d’affaires sérieuses. Pendant les plus beaux siècles dont la civilisation s’honore, les ambassadeurs s’appelaient Dante, Pétrarque, Boecacc, Machiavel... Il est vrai que la diplomatie moderne a tant d'autres mérites !

Le 15 juin 1500, Dante fut élu prieur avec Nolfo di tîuido, Neri del Giudice, Nello Doni, Dindo desDonati, et Ricco Falconetti. Le gonlalonier de justice s’appelait Faccio de Micciole, et le notaire

1 Filelfo, Vita di Dante

• INTRODUCTION. i.xxxi

ou secrétoire se nomniail Aldobraudiuo Uguccione de Campi 1 * * * * 6 . 11 va sans dire que tous ces vénérables bourgeois doivent à l’éclat du nom du collègue d’être sortis des cartons des archives où ils dormaient du sommeil éternel. Dante arrivait au pouvoir dans une de ces circonstances fatales qu’il n’est pas donné au génie de l'homme de conjurer. Les élections de juin avaient été encore plus tumultueuses que d’ordinaire ; Florence était déchirée par deux factions puissantes dont les chefs s’observaient avec une réciproque défiance, l’injure sur les lèvres, la haine au coeur, la main sur le poignard.

Pour comprendre quelle était l'importance de ces hommes dont les querelles privées mettaient en feu la moitié de l'Europe, il faut remonter aux temps homériques du républicanisme italien. 11 faut se représenter cette rivière de l'Arno, sur laquelle le poète a jeté une malédiction si énergique, roulant scs eaux silencieuses et plombées à travers la ville en émoi; ces rues étroites, tortueuses, encombrées par la foule ; ces maisons dessinant leur masse noire et crénelée à l’angle d'une place; ces églises dont les voûtes retentissaient de la voix des orateurs politiques ; dont les cloches, au lien d'inviter les fidèles à la prière, appelaient le peuple aux émeutes; ces marchands qui, le coude appuyé sur leurs comptoirs, refusaient l'intervention du pape qu'ils nourrissaient*, et payaient les rois qu’ils daignaient prendre à leur solde. Dans cette année si funeste à la paix de Florence et à l'avenir de son plus illustre citoyen, les partis étaient arrivés à un tel degré d’exaspération, qu’il n'était possible de les contenir qu’en employant » des mesures d'une extrême rigueur.

Le Cerchi et les Douati partageaient la ville en deux camps ennemis ; une collision était inévitable. Nous avons vu les deux chefs de ces nombreuses et puissantes familles rivaliser d’ambition et d’éclat à la bataille de Campaldino. Leur origine, leur

1 Maik.hiovne Stefasi, Délit, degli eruditiToscani.

* Civit.is florentin». . est niclior civitas hujus inunrti. Nonne qui nu-

triunt nos, et regunt et gubernant curiam nostram sunt Florentin!? —

Bahmm, Catalogué codicum latinorum bibliothecæ 1/iurentianæ. —

Florent. 1775, tome IV, col. 193.

INTRODUCTION

éducation, leur caractère, tout avait concouru à creuser un atome entre ces deux hommes, lies motifs privés de haine et de vengeance changèrent leur aversion naturelle en une guerre à mort.

Corso Donati appartenait à la plus ancienne noblesse de Florence. La nature semblait avoir pris plaisir à le douer de toutes les perfections qu’elle partage aux autres d'une main si avare. Brave, passionne, éloquent, il joignait à ces qualités uue beauté si rare, que parvenu à un âge avancé, on contemplait sa tète de vieillard avec une admiration mêlée de respect. L'éducation et l'exercice avaient encore développé ces avantages. Mais un orgueil démesuré, une ambition insatiable, ne tardèrent pas à jeter dans son cœur le germe de toutes les passions mauvaises. Guelfe par tradition, par calcul, par indépendance, il aspirait à se rendre maître absolu de sa ville, et ne cachait pas ses desseins. Son nom était respecté dans toute l'Italie; il entretenait des relations avec les personnages les plus éminents de son siècle. Sa protection était acquise à tous ceux qui, ayant commis quelque action coupable ou téméraire, venaient se placer sous sa sauvegarde. On criait sur ses pas : « Vive le baron 1 1 » sans qu'il daignât baisser la tète pour répondre à l’ovation de ses adulateurs ou aux murmures de ses ennemis. 11 n’y avait pas de crime dont on ne le crût capable, point d'assassinat ou d’empoisonnement qui ne lui fût imputé. Loin de se défendre de ces accusations, il semblait les chercher et s’en faire gloire comme d'une preuve de sa puissance et de son impunité.

On eût dit qu'il mettait une. certaine ostentation à braver toutes les lois divines et humaines. On l'accusait publiquement d’avoir empoisonné, à Trévisc, sa première femme, sœur de Vieri des Cerchi, son rival d'abord, son ennemi acharné dans la suite. Un chroniqueur raconte que Donati, de retour dans sa patrie, engagea son beau-frère à souper, et lui fit verser du vin, mais que celui-ci le repoussa d’une main tremblante. Corso, se • montrant plus étonné qu’offensé de ce refus, appela son sénéchal,

* Dix» Ç.osir , p. 498.

FKTROD.UCTION,

et lui ordonna sur-le-champ de faire l'essai du vin qu’il venait de servira son liùlc. Le sénéchal, sans hésiter, remplit un verre jusqu'aux bords et Id vida d'un Irait. Alors Vieri se levant, regarda fixement son beau-frère, et s'écria d'une voix sombre : « Ce n’est pas de ce vin que tu as fait boire à ma sœur *. » Ce fut là , dit-on, la source de leur sanglante inimitié.

Quelque temps après, Guido Cavalcanti, le même 'a qui Dante a dédié son admirable livre de la Vie nouvelle, partait pour un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Corso aposla des sicaires sur la route pour le faire poignarder, mais le noble poète échappa par miracle à ses assassins. La sœur même de Donati, craignant son despotisme, s'était réfugiée dans un couvent, et avait prononcé ses vœux. Corso escalada les murs de l’église, arracha la vierge du pied du crucifix, et la maria de force à Rosellino délia Rosa. Tous ces crimes étaient de nature à inspirer au peuple l'aversion et la crainte pour leur auteur, et on l’appelait, en tremblant, le Catilina de Florence *.

D’un autre côté, son antagoniste Vieri des Cerchi jouissait de la plus grande popularité. C’était un parvenu de la vallée de la Pièvc, d'un esprit borné et de' manières communes, mais rachetant ces défauts par un grand fonds de probité, et par un certain instinct de grandeur civique tout à fait digne d’un tribun. Il se trouvait à la tète d’une maison de banque des plus considérables non seulement d’Halie, mais de l’Europe entière. Admirablement beau, plus beau peut-être que Corso, il n’avait ni la séduction de la parole, ni l’élévation des sentiments, ni ce parfum aristocratique que donne une grande naissance. Mais comme la fortune des Donati était loin d’égaler leur noblesse, Vieri se vengeait de la supériorité de son adversaire en étalant, comme tous les parvenus, un faste insolent. II n’y avait pas de titres humiliants et ridicules dont Corso ne gratifiât ses ennemis; il les appelait sauvages, grossiers, paysans malappris ; à chaque mot que Vieri laissait échapper, il s’écriait gaiement : Ah ! ah ! l'âne de

1 Ferret. Yicent. lier. liai. t. IX, p. 974.

i Dixo Cojip. — Villam.

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